Les dépenses de Springfield/Springfield’s expenditures

Maintenant qu’on sait que le budget de Springfield est de ~35 M$, on est en droit de se demander combien d’argent allait réellement dans les poches de Quimby. On sait que Joe Quimby était corrompu et incompétent dans les premières saisons (ou devrais-je dire années en poste, si on suppose qu’il avait commencé son premier mandat en même temps que la première saison). Et, même s’il était tout aussi corrompu aujourd’hui, au moins il est un peu plus compétent. En ce qui a trait aux Simpson, moins Quimby apparaît et plus il est compétent.

Mais jamais Springfield n’a été déficitaire alors faisons l’hypothèse que, malgré les détournements de fonds, Springfield a toujours équilibré son budget et qu’il n’y ait aucune dette municipale. Commençons par les secteurs de dépense connus:

  • Le service de police: 600k$ (un poste de police, cinq agents de police, les frais d’entretien du poste, de deux autos-patrouilles et de l’équipement des agents)
  • Le service des déchets: 4.6M$ (Trash of the Titans); un tel budget indique cependant que la ville assume en partie les coûts de transport et de manutention des déchets nucléaires
  • Le réseau scolaire: 2 écoles primaires, chacune couvrant les années “K-8”, 1 école magnétique qui couvre toute la gamme de la scolarité entre la maternelle et le secondaire et 1 école secondaire
  • Le service de pompiers: une ville pourvue d’une centrale nucléaire est une ville qui a besoin d’avoir un service de pompiers qui soit au moins en partie professionnel; or ledit service de pompiers dispose de quatre camions (Crook and Ladder)
  • Les travaux publics (voirie, aqueduc, égouts); c’est là que Quimby s’est le plus amélioré pendant les années 2000; 3M$ permet de doubler le budget des travaux publics alors 3M$ est le budget de base
  • L’administration municipale: Quimby, le conseil municipal (même si sa composition n’est pas connue) et l’hôtel de ville viennent tous avec des coûts

Quelques précisions à apporter:

  • Le traitement des eaux usées: les poissons à trois yeux sont davantage un problème de la centrale que de la ville en tant que telle; c’est l’unique poste où Quimby n’a jamais démontré d’incompétence majeure qui ne pouvait être attribuée à autrui – environ 2M$
  • La ville n’encourt aucune dépense culturelle au-delà de celles engagées par l’église et les quatre écoles de la ville

Les dépenses résiduelles (estimées):

  • Si on suppose dans un premier temps que, avec 4 camions, on peut avoir environ 50 pompiers professionnels, en sus des dix volontaires mentionnés canoniquement, le budget du service de pompiers est environ de 4.8M$
  • Bien que l’appareil municipal ne soit pas connu avec autant de précision que les services, on peut placer l’administration municipale à environ 500k$
  • Avec les 4 établissements scolaires, et environ ~1000 étudiants desservis, on peut s’attendre à 9.5M$

Conclusion: Quimby dispose tout de même de 10M$ par année de marge de manoeuvre pour détourner ou pour effectuer des projets pour sa ville.


 

Now that we know that Springfield’s budget is about ~$35M, one can wonder how much money actually went to Quimby’s pockets. We know Joe Quimby was corrupt and incompetent in the first seasons (or should I say years in office, if we suppose his first term started with the first season). And, even though he may still be as corrupt today, at least he is more competent. As far as the Simpsons are concerned, the less Quimby appeared and the more competent he was.

But never Springfield was in the red and so assume that, despite the embezzlement of funds, Springfield always balanced its budget and incurred no debt. Starting with the known expenditure sectors:

  • Police force: $600k (a police station, five police officers, the upkeep of the station, two squad cars and the officers’ equipment)
  • Sanitation: $4.6M (Trash of the Titans); such a budget indicates however that the city assumes part of the costs of shipping and handling of nuclear waste
  • The town’s schools: 2 elementary schools, both of which covering the “K-8” years, 1 magnet school that covers the whole range between kindergarten and high school and 1 high school
  • Fire department: a town built around a nuclear power plant is a town that needs to have a fire department that is at least partially professional; said fire department has four fire engines (Crook and Ladder)
  • Public works (aqueducts, roads, sewers); this is where Quimby has improved the most in the 200s; $3M allows to double the public works budget thus $3M is the base budget
  • Municipal administration: Quimby, the city council (even though its composition is not known) and the town hall all come with costs

Some supplemental comments:

  • Wastewater treatment: the three-eyed fish are more an indictment of the nuclear power plant than of the town itself; it is the only area where Quimby never showed any major incompetence that couldn’t be attributed to another source – about $2M
  • The town incurs no cultural expenditures beyond those made by the church and the town’s four schools

The residual expenses (estimated):

  • If we first suppose that, with four fire engines, we can have fifty professional firefighters, on top of the ten canonically mentioned volunteers, the fire department’s budget is about $4.8M
  • Although the municipal administration is not known with the same amount of precision as are the services, one can estimate the costs of municipal administration to about $500k
  • With the four schools being operated, and about ~1000 students served, one can expect the schools to cost $9.5M

Conclusion: Quimby still has $10M a year as financial maneuvering room to either embezzle or to make projects for his town.

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Les revenus de Springfield/Springfield’s revenues

Si la centrale nucléaire comporte 715 employés (Burns inclus) la centrale du billet précédent comporte une seule unité à eau bouillante. En raison de l’incompétence du corps de police de Springfield, il ne faut pas compter sur les amendes pour le budget de la ville. Cela signifie que les taxes municipales comptent pour beaucoup dans cette ville, ou devrais-je dire la quasi-totalité des revenus. Maintenant, que faut-il prendre pour acquis dans le parc immobilier de cette ville, au-delà de la centrale nucléaire?

Il est évident que la centrale nucléaire impose des limites à ce que la ville peut contenir. Selon toute vraisemblance, la centrale occupe la majorité de l’assiette fiscale de la ville. Dans les Simpson, la ville ne facture généralement aucun frais supplémentaire au-delà de la facture de taxes municipales. Ainsi le point d’ancrage de l’assiette fiscale, la centrale nucléaire, pèse pour 3G$ dans le rôle d’évaluation foncière.

Passons maintenant aux taux d’imposition. Supposons que Springfield possède trois taux d’imposition: un taux résidentiel, un taux commercial et un taux industriel (ce dernier étant exclusif à la centrale nucléaire). Habituellement, le taux industriel est trois à quatre fois plus élevé que le taux résidentiel et le taux commercial est entre les deux. Voici des taux d’imposition hypothétiques qui tiennent compte de la réalité d’une centrale nucléaire:

  • Résidentiel: 0.30$/100$ de valeur foncière
  • Commercial: 0.70$/100$ de valeur foncière
  • Industriel: 1.00$/100$ de valeur foncière

Alors la centrale nucléaire engendre 30M$ de revenus annuellement pour Springfield. Deux questions résiduelles demeurent: quelles sont les valeurs des parcs résidentiel et commercial? Supposons que Springfield compte ~15 000 habitants, avec environ 55-60 000$ de valeur foncière résidentielle moyenne par habitant; le parc immobilier résidentiel vaut ~850-900M$. Une estimation du parc commercial peut se chiffrer à environ 200 M$, alors le parc immobilier commercial ne contribue pas autant.

Conclusion: la centrale nucléaire contribue 30 M$ sur 35 M$ (si on ajoute 1 M$ de sources extérieures aux taxes foncières) au budget municipal. On peut facilement s’imaginer que Burns soit soumis à un plan spécial qui le force à étaler ses paiements de taxes municipales en un grand nombre de versements, qu’il ne peut pas se permettre de rater. Et que la centrale nucléaire permet à tout un chacun de jouir de taux de taxes municipales parmi les plus bas en Amérique du Nord.

P.S.: Quimby a ainsi accès à beaucoup d’argent qu’il peut détourner, même en tenant compte des multiples dépenses à engager et en payant le budget scolaire à même les taxes municipales.


 

If the nuclear power plant employs 715 staff (Burns included) the nuclear power plant of the last post contains a single boiling water reactor. Due to the incompetence of Springfield’s police, one should not count on fines for the municipal budget. Which means that property taxes count for a lot in this town, or should I say virtually all revenues. Now, what must we take for granted in the real estate of the town, beyond the nuclear power plant?

It is obvious that the nuclear power plant imposes limits on what the town can contain. In any realistic case, the power plant takes up the majority of the town’s tax base. In the Simpsons, the town generally does not bill any extra fees beyond the property tax bill. Thus the anchor point of the tax base, the nuclear power plant, is assessed at $3B for property tax purposes.

Now, for the tax rates. Suppose that Springfield possesses three tax rates: a residential tax rate, a commercial tax rate and an industrial tax rate (the latter being exclusive to the nuclear power plant). Usually the industrial rate is three to four times higher than the residential rate and the commercial rate lies between the two. Here are hypothetical tax rates that take into account the reality of a nuclear power plant:

  • Residential: $0.30/$100 assessed value
  • Commercial: $0.70/$100 assessed value
  • Industrial: $1.00/$100 assessed value

Therefore the nuclear power plant generates $30M in yearly revenues for Springfield. Two residual questions remain: what are the values of the residential and commercial properties? Suppose that Springfield has ~15,000 inhabitants, with about $55-60,000 average assessed residential value per inhabitant; the residential properties are worth $850-900M combined. An estimate of the commercial properties can amount to $200M, so the commercial properties do not contribute as much.

Conclusion: the nuclear power plant alone contributes $30M out of the $35M (if one adds $1M in non-taxation revenues) to the town’s budget. One can easily imagine that Burns is subject to a special plan that forces him to spread his property tax payments over a large number of installments, that he cannot afford to miss. And the nuclear power plant allows Springfield’s residents to enjoy some of the lowest property tax rates in North America.

P.S.: Quimby can then have a large pool of money that he can embezzle, even while taking into account the multiple expenditures his town has to make and paying the schools from the property taxes themselves.

SNPP (Simpsons)

Pour les amateurs des Simpson: soit une petite ville construite autour d’une centrale nucléaire à eau bouillante (dont ses finances publiques feront l’objet d’un billet ultérieur. Indice: Burns ne pouvait pas se permettre de rater un seul paiement de taxes municipales). Je ne vous apprends rien de nouveau ici. Commençons par dire pourquoi je prétends que la centrale nucléaire en est une à eau bouillante: l’épisode de la 3e saison Burns Verkaufen der Kraftwerk révèle que les Allemands ont beau imposer des méthodes de travail qui ne laissent pas de place à Homer, leur court séjour à Springfield a causé des dégâts parce que leur expertise est à eau pressurisée.

Les versions ne s’entendent pas sur la valeur des dégâts causés par ceux-ci mais toutes les versions connues sont en dollars de 1991; leur conversion en dollars de 2015 sera faites en parenthèses, gracieuseté du Inflation Clock. Pour la valeur des dégâts, les versions originale et québécoise seront retenues afin de refléter l’incertitude dans tout ce qui a trait à la série.

  • Coûts de réparation estimés (janvier 1991): 56-57M$ (101-103M$ en 2015)
  • Coûts de réparation estimés (décembre 1991): 100-120M$ (181-217M$ en 2015)
  • Dégâts causés par les Allemands: 44-63M$ (80-114M$ en 2015)

Burns a fini par engager ces dépenses de manière progressive de sorte que les véritables dépenses aient excédé même le montant le plus élevé des estimations faites en 1991. Mais où est allé l’argent?

  • Réparation des déficiences dans le traitement du combustible usé (fuites dans la plomberie surtout)
  • Réparation des tours de refroidissement
  • La formation continue de Homer
  • Construction de sorties de secours

En termes de génie nucléaire ces travaux sont relativement mineurs; les travaux sur le combustible usé pouvaient être faits lors du ravitaillement, qui habituellement nécessite la fermeture du réacteur. Conclusion: même si les Simpson sont d’un réalisme très inconstant d’un sujet à l’autre, au sujet de l’exploitation d’une centrale nucléaire, ils sont plus près de la réalité qu’on ne le pense.


 

For Simpsons fans: let Springfield be a town built around a nuclear power plant with a boiling-water reactor (whose public finances will be part of a future post. Hint: Burns couldn’t afford to miss a single property tax payment). There is nothing new here. We’ll begin by saying why I claim that the nuclear power plant is a boiling-water one: the third season episode Burns Verkaufen der Kraftwerk reveals that the Germans may have imposed work methods that leave no room to Homer, their short stay in Springfield caused damage because their expertise is with pressurized-water reactors.

The versions do not get along on the value of the damage but all known versions are in 1991 dollars; their conversion in 2015 dollars will be made in brackets, courtesy of the Inflation Clock. For the value of the damage, the original and Quebec versions are retained so as to reflect a range rather than a single figure (as should be done with cartoons).

  • Estimated repair costs (January 1991): $56-57M ($101-103M in 2015)
  • Estimated repair costs (December 1991): $100-120M ($181-217M in 2015)
  • Damage caused by the Germans: $44-63M ($80-114M in 2015)

Burns ended up doing those repairs in a gradual way so that the actual expenditures have exceeded even the highest estimate made in 1991. But where did the money go?

  • Repairs in the spent fuel deficiencies (plumbing leaks especially)
  • Repairs on the cooling towers
  • Homer’s engineering training
  • Construction of emergency exits

In terms of nuclear engineering these works are relatively minor; the work on the spent fuel could be made during refueling, which usually requires shutting down the reactor. Conclusion: even though the Simpsons are hit-or-miss on the realism, with respect to the operation of a nuclear power plant, they are closer to the truth than at first glance.