Les bagages/Baggage

Ce billet est le cinquième et dernier billet de la série sur les procédures communes aux échanges de premier cycle et aux cycles supérieurs à l’étranger. Veuillez m’excuser pour le délai entre le quatrième billet et celui-ci.

  1. Le visa étudiant
  2. Le budget
  3. Le logement
  4. Le billet d’avion
  5. Les bagages

Le paquetage est un moment craint de tout un chacun, en échange comme aux cycles supérieurs. Pour les vêtements, vous devriez emporter des vêtements pour une semaine, peut-être un peu plus si votre voyage contient à la fois une période hivernale et une période estivale (comme moi à Minnesota). Voici la liste d’items à emporter qui sont indépendants de l’objectif du voyage et de la destination:

  • Des vêtements adaptés à la destination
  • Les documents de voyage
  • Les items de toilette qui sont réutilisables
  • Un guide touristique
  • Un ordinateur portable
  • Des cahiers de notes
  • 100$US en monnaie locale (veuillez attendre d’avoir accès aux banques locales pour en retirer davantage à moins d’aller en Grèce, auquel cas il vaut mieux retirer autant que possible avant votre départ)
  • Un sac à dos
  • Des horloges (réveille-matin, montre)
  • Des ustensiles réutilisables

Une liste d’items à emporter qui est dépendante de la destination:

  • Des tampons (et autres serviettes hygiéniques; pour les dames)
  • Du papier de toilette
  • De la crème solaire
  • Des adaptateurs et convertisseurs pour vos appareils électriques rechargeables

Votre argent de poche, vos documents de voyage doivent être conservés dans vos bagages de cabine au cas où les bagages sont perdus. Et finalement, c’est plus facile d’excuser des gens qui amènent trop de bagages lorsqu’on parle de programmes gradués, et en particulier au PhD, où vous n’avez aucune garantie que vous rentrerez à la maison à la sortie.

Dans un échange de premier cycle on a souvent l’impression que tout un chacun amène trop de bagages mais, si vous partez en échange au premier cycle, essayez de faire que le tout puisse rentrer dans deux valises comportant un maximum de 157 cm linéaires (largeur + longueur + hauteur) et, si possible, une seule valise. Et surtout n’emportez pas de produits domestiques dans vos bagages!


 

This post is the fifth and final post on the series about common procedures to undergraduate study abroad and graduate school abroad. Please excuse me for the delay between the fourth post and this one.

  1. Student visa
  2. Budget
  3. Housing
  4. Airfare
  5. Baggage

Packing is a moment feared by many who undertake study abroad in any shape or form. For clothing, you should bring clothing for about a week, perhaps a little more if your destination has a wide range of weather conditions during your stay (like Minnesota). Here is the list of items to pack that are independent of the travel objective and the destination:

  • Clothing appropriate for your destination
  • Travel documents
  • Toiletry items that are reusable
  • A city guidebook
  • A laptop computer
  • Notebooks
  • $US100 in local money (please wait until you have access to local banks to withdraw more unless you go to Greece, in which case you are better off withdrawing as much as you can prior to departure)
  • A backpack
  • Clocks (alarm clock, watch)
  • Reusable utensils

Here is a list of destination-dependent items:

  • Tampons (and other feminine products)
  • Toilet paper
  • Sunscreen
  • Adapters and converters for your rechargeable appliances

Your cash and your travel documents should be stored in your carry-on baggage in the event your baggage is lost. And, finally, it’s easier to excuse people who carry too much baggage when one talks about graduate programs, and in particular for a PhD, where you have no guarantee whatsoever that you will return home at its conclusion.

In an undergraduate study abroad, we often have the impression that a whole lot of people bring too much baggage but, if you go on an undergraduate study abroad, try to make it so that everything will fit in two suitcases (and, if possible, just one) that complies with this restriction: a maximum of 157 linear cm (length + width + height). And finally, don’t pack household products in your baggage!

 

Des réputations régionales/Regional reputations

Vous vous êtes sûrement rendus compte que, dans bien des cas, pour peu que les débouchés dans votre domaine existent un peu partout (et en particulier en droit) on vous conseille d’aller à l’université où vous désirez travailler. De même dans les sciences fondamentales lorsqu’on parle de recherche en industrie, d’autant plus que vous étudiez localement. Car on se doute bien que la plupart des universités n’ont de réputation que dans une région du pays où elle est située. Et, de plus, l’acadème est une toute autre bête où la notion de régionalisme est souvent beaucoup moins importante.

Vous pensez que cela ne s’applique que dans le contexte du pays où elles sont situées? Prenez NYU dans le contexte de la physique par exemple. NYU a une réputation très moyenne au Québec; pour un étudiant québécois, fréquenter NYU serait le signe comme quoi l’étudiant a des problèmes sérieux avec ce qui se fait au Canada de manière générale (et idem avec Minnesota, Maryland et Washington) alors que, pour un étudiant coréen, NYU comporte un prestige physique presque équivalent à Michigan ou UPenn.

Un autre exemple auquel j’avais récemment touché: l’université de Washington. L’université de Washington a beau avoir 89 étudiants gradués canadiens, si on veut comparer des pommes avec des pommes, Minnesota aurait alors 92 étudiants gradués canadiens (Minnesota fait la distinction entre les programmes dits “professionnels” et les autres alors que Washington ne la fait pas) leur répartition provinciale ne sera probablement pas la même. Dans le cas de Washington, si on devait présumer que la matriculation d’étudiants gradués était indépendante de l’origine provinciale des étudiants, on pourrait s’attendre à avoir 9-13 étudiants de Colombie-Britannique, 19 fois sur 20. Or, il est possible qu’il y en ait 30, voire 40 qui soient originaires de Colombie-Britannique; n’importe quel nombre au-dessus de 40 (voire 45) prouverait hors de tout doute que la Colombie-Britannique est la région principale de laquelle Washington recrute des étudiants gradués en tout genre au Canada.

Ainsi en Colombie-Britannique, Washington aurait une meilleure réputation globale (et selon toute vraisemblance, physique également) que Minnesota, ce qui n’est pas le cas au Québec. Au Québec c’est souvent bien connu que, au-delà de l’élite, peu leur importe pour peu que l’université soit dûment accréditée et de qualité, à quelques détails près, qui deviennent cependant plus importants à mesure que le degré de spécialisation est plus grand. Si mon propre ex-voisin de bureau prétendait que Minnesota jouissait d’un plus grand prestige physique au Québec que Maryland ou Washington, ou même Carnegie Mellon, dans le meilleur des cas, ce serait des différences peu significatives ou liées à ma propre spécialité. Et pourtant ce même prestige physique est très similaire à ce qui se fait dans les quatre départements doctoraux de physique du Québec…


 

Surely you realized that, in many cases, as long as job opportunities in your field exist almost irrespective of geography (and in law in particular) you’re advised to go to university where you want to work. Likewise in fundamental sciences when one talks about research jobs in industry even more so if you study locally. Because one that most universities only enjoy some reputation in a region of the country in which it is located. And, on top of that, academia is another very different beast where regionalism is often much less important.

You think it only applies in the context of the countries where these universities are located? Take NYU in the context of physics for example. NYU has a very average reputation in Quebec; for a Quebecer student, attending NYU would be the sign that the student has serious issues with what is done in Canada in general (and idem with Minnesota, Maryland and Washington) whereas, for a Korean student, NYU enjoy a physical prestige almost equivalent to Michigan or UPenn.

Another example I recently covered: the University of Washington. The University of Washington may well have 89 Canadian graduate students, if you want to perform an apples-to-apples comparison, Minnesota would then have 92 Canadian graduate students (Minnesota makes a distinction between “professional” students and the others, while Washington doesn’t) their provincial breakdown would probably not be the same. In Washington’s case, if one had to assume that the matriculation of graduate students was independent of their provincial origins, one would expect to enroll 9-13 students from British Columbia, at the 95% confidence level. Yet, it is possible that there would be 30, even 40, that were originally from British Columbia; any number above 40 (45 even) would prove beyond any reasonable doubt that British Columbia is the primary region from which Washington recruits graduate students of all types in Canada.

Thus in British Columbia, Washington would enjoy a greater global reputation (and, in all likelihood, physical also) than Minnesota, which is not the case in Quebec. In Quebec, it’s often well-known that, beyond the elite schools, university reputation plays little importance as long as the university is duly accredited and has decent quality, up to some details, which become increasingly important as the degree of specialization increases, however. If my own former office neighbor claimed that Minnesota had a greater physical prestige in Quebec than Maryland or Washington, or even Carnegie Mellon, in the best-case scenario, it would be very insignificant differences or specific to my specialty. And yet, that physical prestige is very similar to what the four doctoral physics departments in Quebec enjoy…

 

2+2 cas(es)

Bien que la physique n’ait pas été aussi affectée par la politique scientifique civile fédérale canadienne que les sciences de la Terre ou l’écologie, il y a tout de même eu des cas de gens ayant quitté le Canada pour des cycles supérieurs afin de protester face à la politique scientifique civile. Il y a deux cas confirmés de physiciens dont leurs lieux d’origine et leurs destinations sont connues plus deux cas hautement suspects mais dont leurs lieux d’origine et leurs destinations sont néanmoins connues.

Cas confirmés:

  • Montréal -> Minnesota (moi)
  • Acadia -> Virginie

Cas hautement suspects:

  • Toronto -> UC Riverside
  • UBC -> Washington

Par contre, pour être honnête, le dernier cas avait deux griefs pour le prix d’un. Il y a deux types de cas avec des degrés de suspicion moindres: des étudiants très doués qui visent le sommet de l’échelle de prestige physique, ainsi que des étudiants pour qui le tourisme ou l’immersion culturelle est importante. Et ce, même si la physique n’est pas une discipline où l’immersion culturelle est une obligation d’efficacité en recherche. Paradoxalement, même si un étudiant au sommet de l’échelle de prestige physique peut plus facilement cacher toute motivation politique qu’il/elle pourrait avoir, cet étudiant peut faire plus d’impact.

Parce que les coupures à l’échelle pan-européenne sont beaucoup plus sévères que ce qui se fait au Canada ou aux États-Unis (où les coupures les plus sévères ont déjà été effectuées et toute coupure subséquente affectera des sujets précis) il faudrait vraiment accorder une place importante au tourisme et/ou à l’immersion culturelle ou encore avoir bon espoir de terminer un projet doctoral en 3-4 ans pour aller en Europe à cette fin. Car la majorité des maîtrises européennes offrent un financement nettement insuffisant (554.40 euros/mois pour 4 à 6 mois en France pour 2015-2016) voire pas de salaire du tout. Et, de plus, les maîtrises européennes (excepté peut-être les maîtrises russes) mettent plus l’accent sur les cours que la recherche.

De l’aveu même d’un autre étudiant qui a envisagé faire des cycles supérieurs en Europe (cet étudiant est maintenant à Vienne): la plupart des villes états-uniennes ne sont pas nécessairement très attrayantes. Néanmoins, je me demande bien si ça ne viserait pas un public restreint. Je ne peux toutefois pas exclure qu’un étudiant canadien ait décidé d’entreprendre des études supérieures en Europe avec la protestation politique comme motivation majeure, voire principale. Peut-être que mon modèle est inexact mais voici à quoi s’attendre à partir de mon modèle:

  • La majorité des protestataires de la politique scientifique civile canadienne vont utiliser un doctorat comme support de protestation
  • Lesdits protestataires ont souvent une chance bien réelle de réussite aux cycles supérieurs et ne présentent pas de risques au-delà des risques habituels reliés à la prise d’étudiants gradués; de plus les protestataires sont souvent juste en bas de la tranche donnant droit aux PGS-D et autres bourses provinciales équivalentes (B2 du FRQNT, Alberta Innovates, etc.)
  • D’une part, les universités états-uniennes les plus susceptibles de prendre de tels protestataires sont dans les deux tranches de prestige disciplinaire immédiatement inférieures à la tranche la plus élevée (en physique, Minnesota et Washington sont dans une tranche plus élevée que Virginie et UC Riverside; Notre Dame est dans cette tranche aussi)
  • D’autre part, plusieurs organismes subventionnaires européens sont chiches envers les étudiants de maîtrise

Si vous avez d’autres cas à signaler, en physique ou dans d’autres sciences sous la juridiction du CNRC ou du CRSNG, d’étudiants ayant quitté le Canada pour des cycles supérieurs en tant que mesure de protestation à l’endroit de la politique scientifique civile, n’hésitez pas à m’en faire part! Bien que je ne requiers pas l’identité des étudiants visés, je demande tout de même ces trois renseignements pour chaque signalement:

  1. La discipline de l’étudiant
  2. L’institution d’origine de l’étudiant
  3. La destination de l’étudiant

Although physics has noet been as affected by the federal civilian science policy than earth sciences or ecology, there are still cases of physicists having left Canada for graduate study as a protest move against civilian scientific policy. There are two confirmed cases of physicists whose institutions of origin and destinations are known plus two more highly suspect cases but whose institutions of origin and destinations are nonetheless known.

Confirmed cases:

  • Montreal -> Minnesota (me)
  • Acadia -> Virginia

Highly suspect cases:

  • Toronto -> UC Riverside
  • UBC -> Washington

However, to be honest, the last case had two griefs for the cost of one. There are two types of cases with lesser degrees of suspicion: high-achieving students that aim for the top of the physical prestige ladder, as well as students for whom tourism or cultural immersion is important. That, even though physics is not a discipline where cultural immersion is crucial for research efficiency.  Paradoxically, even if a student at the top of the physical prestige ladder can more easily hide any political motivation that s/he might have, that student can make a greater impact.

Because cuts on a pan-European scale are far more severe than what is done in Canada or the United States (where the most severe cuts have already been made and any subsequent cut will affect specific topics) one really has to grant a lot of importance to tourism or to cultural immersion or have good hope of completing a doctoral project in 3-4 years to go to Europe to this end. Because the majority of European masters offer grossly insufficient funding (554.40 euros/month for 4 to 6 months in France for 2015-2016) or even no salary at all. And, in addition, European masters (except maybe Russian masters) tend to put more emphasis on coursework than research.

From the admission of a student that contemplated graduate study in Europe (that particular student is now in Vienna): most American cities are not necessarily very attractive. Nevertheless, I am wondering whether this is not targeted at a restricted audience. I cannot rule out that a Canadian student may have decided to undertake graduate study in Europe with political protest as a major motivation, even primary motivation, though. Perhaps my model is inexact but this is what one should expect out of it:

  • The majority of Canadian civilian science policy protesters will use a doctorate as a supporting medium for protesting
  • Said protesters often have a real chance of success in graduate study and do not present any additional risks beyond the standard risks associated with the hiring of graduate students; plus the protesters are often just below the level that gives rise to PGS-D grants and other equivalent provincial grants (FRQNT B2, Alberta Innovates, etc.)
  • On the one hand, American universities susceptible to admit such protesters are in the two levels of field-specific prestige immediately below the highest level (in physics, Minnesota and Washington are on a higher prestige level than Virginia and UC Riverside; Notre Dame is in that tier as well)
  • On the other hand, many European funding agencies are rather miserly with masters students

If you have other cases to report, in physics or in other sciences under the jurisdicrtion of NRC or NSERC, of students having left Canada for graduate study as a protesting measure against civilian scientific policy, don’t hesitate to report them to me! Although I do not require the identity of the students so affected, I nevertheless ask for these three pieces of information for each reported case:

  1. The discipline of the student
  2. The student’s institution of origin
  3. The student’s destination

La fin du faux vortex avec gravité/The end of the false vortices with gravity

J’avais pris la décision d’arrêter ma contribution au faux vortex avec gravité parce que j’avais estimé que ce qui restait du projet était trop long pour le temps qu’il me restait avant mon départ. Et pourtant ça m’avait paru être une bonne idée, de pouvoir ainsi faire d’une pierre deux coups: d’une part ça m’aurait occupé en laboratoire pendant quelques semaines, le temps que mon mémoire soit traité. D’autre part, ça aurait permis de terminer ce que mon superviseur a commencé.

Néanmoins, sans gravité, la conclusion est telle que les vortex stables n’existent plus dans le modèle abélien de Higgs d’ordre six en 2+1 dimensions dès qu’on dépasse un point de dissociation. (arXiV: 1308.3501)


I made the decision to terminate my contribution to the false vortices with gravity because I estimated that what remained of the project was too long for the time left prior to my departure. And yet it struck me as a good idea at the time, to be thus able to kill two birds with one stone: on the one hand it would have kept me busy in the lab for a couple of weeks, while my masters thesis is being processed. On the other hand, it would have allowed to complete what my supervisor began.

Nevertheless, without gravity, the conclusion is that stable vortices do not exist in the order-six Abelian Higgs model in 2+1 dimensions when the dissociation point is reached. (arXiV: 1308.3501)

La Colombie-Britannique et l’université de Washington/British Columbia and the University of Washington

Après la récente annonce par la Banque du Canada de baisser le taux directeur d’un autre quart de point, à 0.5%, je commence à craindre que la bulle immobilière ne se gonfle encore, avec #DontHave1Million . Quand Vancouver est la deuxième ville la plus chère au monde pour l’immobilier résidentiel, devant des villes longtemps considérées comme peu abordables (Londres, Paris, New York, Tokyo, Los Angeles, San Francisco et Moscou dans une moindre mesure) ça devient encore plus tentant pour les étudiants à UBC/Simon Fraser (je ne sais pas pour UVic) d’aller quitter la province, voire le pays, pour un doctorat, surtout pour un activiste.

Néanmoins, sans accord de réciprocité avec la Colombie-Britannique, l’université de Washington n’aura jamais de succès au Canada à un autre niveau que le PhD. Et même au niveau du PhD, Washington a eu, et a encore, une réputation très régionale au Canada (Colombie-Britannique surtout) du moins pour autant que la physique soit concernée. Mais pour quelqu’un qui veut en avoir pour son argent, Washington-Seattle n’est pas la meilleure option dans sa tranche de prestige physique. (En informatique, ce serait une autre histoire parce que le prestige informatique de Washington est plus élevé que son prestige physique) Prenons Minnesota à titre de comparaison; si on est un amateur de physique nucléaire, je conseillerais Duke à la place mais ma connaissance des conditions salariales et de vie à Duke est beaucoup plus limitée.

  • Salaire: 24 440$/an (Minnesota)/23 472$/an (Washington; 12 mois à 1 956$/mois)
  • Coût de la vie: ~20-25% plus cher à Seattle
  • Météo: plus chaude à Seattle
  • Seattle est plus politiquement polarisée

Par contre, comme Washington est dans une situation unique où il peut capitaliser dans un marché physique canadien clé, Washington attend de voir si Minnesota peut avoir du succès au CUPC avant de se lancer dans un kiosque pour des éditions futures, mais on pourrait dire la même chose de Royal Holloway, Durham, et, à la limite, University College London du côté britannique, qui sont toutes dans la même tranche de prestige physique que Minnesota, Duke et Washington.

Seulement, même si les universités de Colombie-Britannique constituent un bassin limitrophe de qualité, avec des caractéristiques physiques similaires à ce qui peut se faire ailleurs au pays, le département de physique à Washington doit se poser les mêmes questions que Minnesota à ce sujet, surtout si Harper était réélu. Car on sait très bien à quel point les départements de physique d’un océan à l’autre ont des dents envers le gouvernement fédéral actuel.


After the recent announcement by the Bank of Canada to lower the key interest rate by another quarter-percent, to 0.5%, I begin to fear that the real estate bubble keeps inflating. When Vancouver is the second most expensive city in the world for residential real estate, ahead of cities long considered as being unaffordable (London, Paris, New York, Tokyo, Los Angeles, San Francisco and Moscow to a lesser extent) it becomes all the more tempting for students at UBC/Simon Fraser (I don’t know about UVic) to leave the province, the country even, for a doctorate, especially for an activist.

Nevertheless, without a reciprocity agreement with British Columbia, the University of Washington will never have success at a level other than the PhD. And even at the PhD level, Washington enjoyed, and still enjoy, a very regional reputation in Canada (in British Columbia especially) at least as far as physics is concerned. But for someone who wants to have their money’s worth, Washington-Seattle is not the best option in its physical prestige bracket. (In computer science, that would be another story because the computational prestige of Washington is higher than its physical prestige) Take Minnesota as a comparison basis; if one is a nuclear physics buff, I would recommend Duke instead but my knowledge of living and salary conditions at Duke is much more limited.

  • Salary: $24,440/year (Minnesota)/$23,472/year (Washington; 12 months @ $1,956/month)
  • Cost of living: ~20-25% higher in Seattle
  • Weather: hotter in Seattle
  • Seattle is more politically polarized

However, as Washington is in an unique position where it can capitalize on a key Canadian physical market, Washington is waiting to see whether Minnesota can successfully do recruiting at CUPC before going on about getting a booth at future editions, but one could say the same of Royal Holloway, Durham, and possibly University College London on the British side, which are all in the same physical prestige bracket as Minnesota, Duke and Washington.

However, even if British Columbia universities constitute a quality border market, with similar physical characteristics to what can be done elsewhere in the country, the physics department at Washington must be asking the same questions as Minnesota on this topic, especially if Harper is reelected. Because we know very well to what extent physics departments coast-to-coast have axes to grind against the current federal government.

Dix pièges à éviter aux études à l’étranger/Ten pitfalls to avoid in study abroad

Je vous le préviens tout de suite, certains pièges sont moins pertinents aux cycles supérieurs, mais c’est surtout une fonction de “pourquoi on va à l’étranger” qui diffère selon le type d’expérience éducative qu’on vit. Dans un échange de premier cycle, l’objectif principal demeure évidemment de vivre et d’apprendre la langue et la culture de la destination. Aux cycles supérieurs, on est davantage là pour des raisons académiques, bien que certaines disciplines, pour la plupart dans les humanités et les sciences humaines, exigent de l’immersion culturelle de la part de l’étudiant en sus d’avoir une bonne connaissance de la discipline pour être efficace en recherche; la physique n’en est pas une, pas plus que les autres sciences pures et dures.

Or, la littérature des pièges à éviter en échange est centrée sur l’échange de premier cycle. Il est fort possible qu’un piège donné soit différent aux cycles supérieurs. Voici ma liste de pièges (avec les pièges communs aux deux d’abord!)

1. Ne pas établir de budget. Et ça peut être d’autant plus tentant que de magasiner en échange que vous allez étudier dans une des grandes capitales de la mode (Tokyo, Milan, Paris, Londres, New York). Vous ne voulez pas être endettés jusqu’au cou pour cet échange ou ce diplôme gradué obtenu à l’étranger! Ou rater une opportunité unique à cause de votre mauvaise planification financière.

2. Ne rien connaître de la destination. Même si l’immersion culturelle n’est pas importante à la réussite du voyage (je sais d’entrée de jeu que, pour moi, l’immersion culturelle est de moindre importance dans le contexte d’un PhD de physique, par rapport à l’aspect académique) ne pas connaître la loi de la place, ne pas connaître la géographie, les gens, la langue locale, même de niveau élémentaire, est inexcusable.

3. Ne rien noter du voyage d’études. Il vaut mieux noter toutes les étapes importantes du voyage, bien que, parfois, aux cycles supérieurs, certaines notes vont être remplies de notes d’études plutôt que de notes de voyage, des nuits blanches, des bars, des événements culturels. Vous pouvez bloguer (comme je le fais ici), mais vous pouvez également utiliser des notes papier.

4. Ne pas rencontrer de nouvelles personnes. Une bonne portion de la fébrilité vient du potentiel de rencontres très élevé en échange. Certaines personnes, surtout celles qui ne maîtrisent pas la langue locale, ont tendance à se tourner vers les gens de leur pays d’origine ou qui parlent leur langue maternelle.

5. Ne pas explorer votre ville d’études. Bien que ça soit très tentant de voyager (peut-être même à l’excès) pour quelques jours, une fin de semaine par exemple, hors de la ville d’études, il ne faut pas oublier la ville d’études elle-même. Même si votre emploi futur devait être un poste où la mobilité internationale est un atout majeur, auquel cas vous aurez à vous relocaliser régulièrement, ce n’est pas à tous les jours où vous pouvez vivre dans une nouvelle ville. Certains étudiants ont regretté de ne pas tenter d’en connaître davantage sur la ville d’études.

6. Abuser du party. Pour beaucoup d’étudiants qui vivent chez leurs parents ou dont leurs institutions d’origine sont dans des villes dénuées de vie de nuit, et encore plus quand les notes en échange ne comptent pas, il peut être très tentant de passer la nuit dans un bar sur une base régulière, surtout dans une ville comme Dublin, Rome, Prague ou Amsterdam.

7. Négliger vos études. Cela peut être encore plus tentant de négliger l’aspect académique d’un échange si vous savez déjà en partant que les notes qui en découlent sont sans importance sur le relevé de notes de votre institution d’origine. Et, bien que, dans la plupart des cas, vous regarderez votre expérience d’études à l’étranger d’abord et avant tout pour l’aspect humain, touristique ou culturel de l’opération dans le futur, plus que pour véritablement l’aspect académique, la différence entre un voyage touristique et un voyage d’études tient à l’étude.

8. Rester branché trop longtemps aux réseaux sociaux. Sauf dans de rares exceptions (ici compris comme étant des projets de recherche relatifs aux réseaux sociaux) il peut être très tentant de rester branché sur les réseaux sociaux afin de pouvoir mettre tout le monde au courant des faits et gestes de votre voyage d’études, et ainsi limiter votre capacité à apprécier le voyage.

9. Éviter l’immersion culturelle. Je la mets dans cet ordre-là parce que ça dépend beaucoup du format de voyage et de la discipline. Dans un échange de premier cycle, ou si on étudie au niveau gradué dans une discipline où l’immersion culturelle est importante pour être efficace en recherche, alors faites un effort pour communiquer dans la langue locale, faites un effort pour manger la nourriture locale, ainsi que les événements locaux. Par contre, pour qu’une immersion significative puisse avoir lieu de sorte qu’on en revienne transformé, il faut, en général, passer au moins trois mois.

Comme je l’avais dit précédemment, c’est un piège qui n’en est pas un si on étudie au niveau doctoral mais pas dans une de ces disciplines où l’immersion culturelle est importante. En fait j’aurais probablement accepté d’aller à UT-Austin, à Duke ou encore à WUSTL à condition de demeurer le plus possible à l’intérieur de la bulle. Parfois il faut accepter un compromis sur l’aspect culturel du voyage quand on sait déjà en partant que la culture de la destination (par un voyage passé bien souvent) n’est pas très attrayante, si la combinaison superviseur-projet est tout simplement bien supérieure à d’autres options plus attrayantes d’un point de vue non-académique (hormis l’aspect financier), auquel cas il vaut mieux rester dans la bulle.

10. Arriver sur place avec des attentes irréalistes. Je le mets ici parce que, bien que ça soit un piège courant dans tous les formats, le piège signifie des choses différentes selon qu’on part en échange au premier cycle ou on entreprend des études supérieures à l’étranger. Dans le premier cas, vous ne devez pas vous attendre à avoir la même compétence linguistique qu’un étudiant local après une session à l’étranger si vous partiez avec une connaissance minimaliste de la langue au début du périple. Vous devez également attendre à déployer un effort considérable pour arriver à vos objectifs linguistiques et culturels.

Aux cycles supérieurs, vous pouvez davantage prendre votre temps pour apprendre une langue et une culture, et ce, peu importe si votre discipline requiert de l’immersion culturelle pour être fonctionnel ou non. C’est vrai à moins que votre programme gradué ne dure qu’un an. Ici les attentes irréalistes sont d’un tout autre ordre: vous ne devez pas vous attendre à ce que la mobilité internationale seule fasse une différence importante pour votre employabilité à la sortie. Ou, pour les activistes, de croire qu’individuellement la différence soit significative; des changements de cette sorte arrivent par effort concerté de masse.


I warn you immediately, some of these pitfalls are less pertinent in graduate school, but it’s mostly a function of “why one studies abroad” which differs from the type of educational experience one lives abroad. In an undergraduate study abroad, the primary objective remains, obviously, to live and to learn the culture of the destination. People primarily undertake graduate study for academic reasons, although some disciplines, most of which are in the humanities and the social sciences, demand cultural immersion on the student’s part on top of possessing a strong command of the discipline to be effective in research; physics is not one such discipline, no more than other hard and pure sciences.

Yet, the literature on the pitfalls to avoid in study abroad is centered on the undergraduate study abroad. It is highly likely that a given pitfall is different in graduate school. Here is my list of traps (with the traps common to both first!)

1. Failing to plan a budget. And it can be all the more tempting to shop (and indulge) on a study abroad that you go study in one of the great capitals of fashion (Tokyo, Milan, Paris, London, New York City). You don’t want to be deep in debt for that study abroad or that graduate degree obtained abroad! Or miss an unique opportunity because of your poor financial planning.

2. Not knowing anything about your destination. Even if cultural immersion was not important to the success of the trip (I know from the get-go that, for me, cultural immersion is of lesser importance in the context of a physics PhD, compared to the academic aspect) not knowing the local regulations, not knowing the geography, the people, the local language, even on an elementary level, is inexcusable.

3. Failing to take notes during your voyage. You are better off taking notes on all the important steps of the voyage, although, sometimes, in graduate school, some notes will be filled with class notes rather than with travel notes, sleepless nights, bars, cultural events. You may blog (as I am doing here), but you may also use hardcopy notes.

4. Not meeting new people. A good portion of the excitement comes from the very high potential of meeting new people in an exchange. Some people, especially those who do not master the local language, tend to turn towards people from their home country or who speak their native language.

5. Not exploring your study city. Although it is very tempting to travel (even to excess) for a couple of days, a weekend for instance, away from the study city, one must not forget the study city itself. Even if your future job was to be a job where international mobility was a major asset, in which case you will have to relocate regularly, it’s not every day that you can live in a new city. Some students have regretted not to have attempted to learn more about the study city.

6. Overdoing party. For a lot of students that lived with their parents or whose origin  institutions are in cities devoid of nightlife, and even more so when study abroad grades do not count, it can be very tempting to spend all night in a bar on a regular basis, especially in a city like Dublin, Rome, Prague or Amsterdam.

7. Neglecting your studies. It can be even more tempting to neglect the academic aspect of a study abroad if you already know from the onset that the grades that result from study abroad are meaningless on the transcript of your origin institution. And, although, in most cases, you will look back on your study abroad experience first and foremost in human, language and cultural terms, more than for any actual academic aspect, the difference between a tourist voyage and a study voyage is the academics.

8. Staying wired on social media for too long. Except for rare exceptions (here understood as being research projects relative to social media) it can be very tempting to stay wired on social media so that you can update everyone at home about what happened on your travel, and hence limit your ability to enjoy the trip.

9. Avoid cultural immersion. I am putting this in this order because it depends a lot on the travel format and the discipline. In an undergraduate study abroad, or if one studies at the graduate level in one of those discplines where cultural immersion is important to be an effective researcher, then make an effort to communicate in the local language, as well as the local events. However, for a significant immersion to take place so that the student comes back from it transformed, in general, one needs to spend at least three months.

As I’ve said earlier, it’s a trap that isn’t one if one studies at the doctoral level but not in one of those disciplines where cultural immersion is important. In fact I would probably have accepted to go to UT-Austin, Duke or at WUSTL, on the proviso that I remain inside the bubble as much as possible. Sometimes one needs to make a compromise on the culture of the destination (by a past travel usually) is unattractive, if the supervisor-project combination is simply far superior to other options that are non-academically more attractive (other than the money aspect), in which case you’d be better off staying inside the bubble.

10. Arriving with unrealistic expectations. I put that here because, although it is a common trap in all formats, the trap signifies different things depending on whether one studies abroad as an undergraduate or one attends graduate school abroad. In the first case, you must not expect to have the same language competency than a local student after one semester abroad if you left with a minimalistic knowledge at the beginning of the voyage. You must also expect to make considerable effort to achieve your linguistic and cultural objectives.

In graduate school, one can better afford to take their time to learn a language and a culture, regardless of whether your discipline requires cultural immersion to be functional or not. It’s true unless your graduate program only lasts one year. Here the unrealistic expectations are quite different: you should not expect international mobility alone to make a significant difference on your employability at the exit. Or, for activists, to believe that, individually, the difference you make is significant; changes of that variety are made by a concerted effort of many people.

Dépôt initial/Initial submission

Un événement heureux s’est produit aujourd’hui: le dépôt initial, qui a été repoussé de trop nombreuses fois, s’est enfin réalisé aujourd’hui! Le titre: Désintégration du faux vide médié par des kinks en 1+1 dimensions.

Quand le travail qui en découle a fait l’objet d’un article dans Physical Review D, et que l’étudiant ait remporté un prix divisionnel dans un concours de posters d’une conférence de physique, la tentation du superviseur de retarder le dépôt initial pour avoir le mémoire parfait peut être grande. Seulement, il fallait bien que je trace la ligne à quelque part! Maintenant je peux dire, c’est fait et je peux passer à autre chose, comme du faux vortex avec gravité, sur lequel je vais brièvement travailler.


 

An happy event happened today: the initial submission, which was delayed way too many times, finally happened today! The title (in French): Désintégration du faux vide médié par des kinks en 1+1 dimensions.

When the work that lead to the thesis was published in Physical Review D, and that the student won a divisional poster prize in a physics conference, the temptation of the supervisor to delay the initial submission to get the perfect thesis can be great. Only, I had to trace the line somewhere! Now I can say, it’s done and I can move on to another project, like false vortices with gravity, on which I will briefly work.

 

Le rendement doctoral/Doctoral yield

Vous avez peut-être remarqué que certains programmes gradués moins prestigieux (dans le contexte d’une discipline donnée) ont des rendements plus élevés que d’autres programmes avec un prestige disciplinaire plus élevé. Ici le rendement est défini par le pourcentage auquel les étudiants admis vont effectivement fréquenter.

Et finalement j’ai été induit en erreur en ce qui a trait à NYU. NYU n’a pas autant de misère que j’avais initialement estimé; NYU parvient malgré tout à demeurer à peu près au même niveau que ses pairs. En fait les rendements les plus élevés n’appartiennent pas aux universités les plus prestigieuses parce qu’il y a plusieurs étudiants admis dans les départements les plus cotés qui sont des étudiants ego-boost, qui auront parfois tendance à s’essayer même s’ils voulaient fréquenter une autre université à la place.

Voici, à titre indicatif, des rendements doctoraux pour quelques départements en ordre décroissant de prestige physique. Sauf indication contraire, les chiffres sont datés de 2014:

  • MIT: 83 admis, 46 fréquentent (55.4%)
  • Chicago: 90 admis, 26 fréquentent (28.9%)
  • UCLA: 140 admis, 47 fréquentent (33.6%)
  • Northwestern: 41 admis, 12 fréquentent (29.3%)
  • Rochester: 55 admis, 7 fréquentent (12.7%)
  • Case Western: 51 admis, 11 fréquentent (21.5%)
  • Georgia State: 25 admis, 15 fréquentent (60%)
  • Montana State: 14 admis, 9 fréquentent (64.3%)

Il doit y avoir une raison pourquoi les départements de physique moins cotés semblent être plus susceptibles de souffrir du syndrome de Tufts, et je crois que cela est relié aux bourses internes; ils doivent avoir une taille précise de la cohorte entrante afin de conserver tout l’argent qui leur est alloué pour des bourses internes ou des budgets de TP très rigides (mais je me serais attendu à ce que, au cas où il y a des excès, qu’on accorde des RA payés à même les fonds de recherche de leurs superviseurs aux étudiants ayant déjà trouvé un superviseur).


 

You may have realized that some of the less-prestigious graduate programs (in the context of a given discipline) have higher yields than other programs with greater in-field prestige. Here yield is defined as the percentage of admitted students that will actually attend.

And finally, I made a big mistake as far as NYU is concerned. NYU doesn’t have as much trouble recruiting as I initially thought; NYU still nevertheless arrives to a similar yield level to their peer programs. In fact, the highest yields do not belong to the most prestigious universities  because there are several students admitted to the highest-ranked programs that are ego-boost students, that will tend to apply even if they end up attending another school in the end.

Here are, for informational purposes, a few doctoral yields for a couple of selected departments in descending order of physical prestige. Unless otherwise stated, the numbers are dated 2014:

  • MIT: 83 admitted, 46 attend (55.4%)
  • Chicago: 90 admitted, 26 attend (28.9%)
  • UCLA: 140 admitted, 47 attend (33.6%)
  • Northwestern: 41 admitted, 12 attend (29.3%)
  • Rochester: 55 admitted, 7 attend (12.7%)
  • Case Western: 51 admitted, 11 attend (21.5%)
  • Georgia State: 25 admitted, 15 attend (60%)
  • Montana State: 14 admitted, 9 attend (64.3%)

There has to be some explanation as to why lower-ranked departments seem to be more susceptible to suffer from Tufts Syndrome, and I think it’s a question of internal funding; they need to have a precise class size in order to keep all the internal fellowship money or highly rigid TA budgets (but I would have expected that, in the event of over-enrollment, that RAs are awarded from the research grants of their supervisors to students who already found a supervisor).

Précautions doctorales/Doctoral precautions

Je comprends que les divers personnages impliqués dans la recherche scientifique civile déplorent des coupures dans toutes les directions, et que, dans les humanités, les sciences humaines et, dans une moindre mesure, en mathématiques pures, les étudiants gradués semblent être embauchés (ou admis, dépendant de la vision qu’on adopte) pour donner des séances de TP plus que pour réellement développer du talent scientifique. Ce qui peut donner l’impression à tout un chacun que les programmes gradués sont des pyramides de Ponzi. D’où l’impression de crise, mais il y a bien d’autres choses à faire avant de diminuer l’entrée d’étudiants gradués!

Bien qu’un accroissement du financement scientifique civil soit souhaitable à bien des égards, il faut faire attention à la capacité du marché du travail à absorber le flux d’étudiants gradués entrants et sortants, tout en sachant bien que c’est difficile de déterminer la véritable demande pour du personnel hautement qualifié dans certaines disciplines. Oh, c’est sûr, certaines disciplines, comme la physique, ont des débouchés diversifiés mais ce n’est pas toujours évident pour les employeurs de savoir ce qu’on peut réellement faire avec ça. Bien qu’on ne pourra jamais totalement se départir de la dépendance aux étudiants gradués en recherche, il faut diminuer cette dépendance pour que l’argent soit utilisé à bon escient à l’avenir.

Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas bon d’augmenter (ou même de diminuer) la cadence de production de personnel hautement qualifié tant et aussi longtemps qu’on n’a pas fait un effort de bonne foi pour bien informer les étudiants actuels des possibilités d’emploi à la sortie, surtout extérieures à l’acadème, ce qui est, encore de nos jours, tristement inadéquat. Si une diminution est nécessaire, une approche graduelle est nécessaire même si la solution du problème risque d’être plus longue. Pour commencer, seulement 1 détenteur de PhD sur 6 deviendra professeur d’université. Et ça, c’est dans les sciences physiques fondamentales; dans les humanités, les chiffres sont un peu mieux (si on peut appeler ~35% un peu mieux par rapport à 1/6) mais les débouchés y sont plus limités hors de l’acadème.

Pour ma part, en sus de tout ce qui a trait à l’orientation, je crois que le salaire postdoctoral doit être augmenté, de sorte que les stages postdoctoraux seront plus difficiles d’accès. Dans les sciences fondamentales, le grand cauchemar est le “postdoc perpétuel”, i.e. une personne qui passe une trop longue période de temps à faire des stages postdoctoraux. Par contre, je ne suis pas encore prêt à me ranger dans le camp de ceux qui préfèrent décourager de manière active les gens de poursuivre des programmes gradués, du moins pas dans les sciences physiques. Et ce, même si des professions ont eu à aller jusqu’au découragement actif pour redresser la situation. Veuillez m’excuser pour mon manque de familiarité avec l’histoire des marchés du travail européens, mais l’exemple le mieux connu est le droit en pratique common law (États-Unis surtout, mais l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni l’ont aussi fait dans une moindre mesure).

Ainsi, pour ceux qui contemplent d’appliquer à des programmes PhD, faites bien attention aux options de carrière qui sont ouvertes à vous dans votre discipline ainsi qu’à vos propres objectifs de carrière. Vous devez être conscient que vous n’enseignerez probablement pas à l’université et peut-être qu’il y a plusieurs voies pour votre carrière choisie; il est possible qu’une autre formation soit plus avisée pour vous et que, à long terme, ça soit une meilleure décision que le PhD. Même si le PhD est un programme qui vient avec un salaire, la durée moyenne d’un PhD est souvent plus longue que l’alternative, surtout en Amérique du Nord.


 

I understand that the numerous actors involved in civilian scientific research lament about cuts in all directions, and that, in humanities, social sciences and, to a lesser extent, pure mathematics, graduate students seem to be hired (or admitted, depending on the vision) to provide teaching assistants than to actually develop scientific talent. Which can give the impression to so many that graduate programs are Ponzi schemes. Hence the impression of crisis, but there are many things to do before restricting the inflow of graduate students!

Although an increase in civilian scientific funding is desirable in many respects, one has to pay attention to the job market’s ability to absorb the inflow and output of graduate students, while knowing that it is difficult to ascertain the real demand for highly qualified personnel in certain disciplines. Oh, of course, some disciplines, like physics, lead to diversified job opportunities post-graduation but it’s not always obvious for employers what one can actually do with it. Even if it is impossible to totally break free from the dependence on graduate students for research, that dependence must be diminished if the money is to be properly used in the future.

Until evidence to the contrary arrives, I do not think it is worthwhile to increase (or even decrease) the production rate of highly qualified personnel as long as a proper effort to inform current students of alternate job paths after graduation, especially outside academia, which is, even today, woefully inadequate. If a decrease is necessary, a gradual approach is necessary even though resolution may take longer. First, only 1 PhD holder in 6 will become a university professor. And that’s basic, physical sciences; in humanities, the numbers are a little better (if one can call ~35% a little better compared to 1/6) but non-academic job opportunities for humanities are more limited.

As for me, on top of career advising, I think postdoctoral salary must be increased, so that postdocs are harder to get. In fundamental sciences, the great nightmare is the “perpetual postdoc”, i.e. a person that spends too long doing postdocs. However, I am not yet ready to side with people who prefer to actively discourage people to pursue graduate studies, at least not in the physical sciences. And that, even if professions had to go so far as resorting to active discouragement to right the ship. Please excuse me for my lack of familiarity with European job markets history, but the best-known example is common law practice (United States especially but Australia, Canada and United Kingdom did so to a lesser extent).

So, for those who contemplate applying to PhD programs, pay close attention to career options that are available in your discipline as well as to your own career objectives. You must be conscious that you will probably not teach in a university and perhaps there are several paths to your chosen career; it is possible that another education is better advised for you and that, in the long run, it ends up being a better decision than a PhD. Even if the PhD is a program that comes with a salary, the average length of a PhD is often longer than the alternative, especially in North America.

Autopsie d’une cotutelle inopérante/Autopsy of a non-functional dual degree

Ayant appris à Theory Canada l’existence d’une cotutelle passée entre l’Université du Manitoba et l’Université du Minnesota au niveau doctoral en physique, je m’étais demandé ce qu’il y avait dans cette cotutelle qui ne fonctionnait pas. Quand Minnesota disait qu’ils avaient du succès dans une seule région, la vérité est que, n’eut été de cette cotutelle, Minnesota aurait eu de la misère à obtenir une quantité non-nulle de demandes canadiennes, même venant des Prairies.

Le problème principal de cette cotutelle est qu’elle requérait des étudiants d’être admis aux deux institutions; bien des étudiants, la plupart provenant des Prairies, ayant appliqué à travers cette cotutelle ne semblaient être compétitifs que pour Manitoba (après tout, Manitoba est loin d’être aussi connu à l’international que Minnesota) sans nécessairement être de niveau pour Minnesota. Ou même que certains étaient candidats à la cotutelle étaient rejetés par omission d’items (le plus souvent les deux GRE)… voici les données connues pour les étudiants passés admis à Minnesota:

  • GRE verbal: 68e centile (écart-type: 24)
  • GRE quantitatif: 88e centile (écart-type: 8)
  • GRE écriture: 48e centile (écart-type: 28)
  • GRE de physique: 68e centile (écart-type: 22)

Bien que Carnegie Mellon ait des intérêts de recherche différents, c’est un proche comparable pour le recrutement d’étudiants gradués en physique; il n’y a aucune raison de croire que les notes requises soient très différentes pour Minnesota que pour Carnegie Mellon. Malgré l’approximation que je fais, on peut s’attendre à ce que la distribution des notes soit plus ou moins comme suit: moyenne de 3.69 (écart-type: 0.29) et peu d’admis en bas de 3.3.

On peut facilement s’imaginer qu’il y aurait eu des étudiants qui auraient été prenables sous les conditions de la cotutelle qui avait omis de passer les GRE, ou qu’il y a des étudiants entre 3.3 et 3.5 qui avaient connu des maîtrises très moyennes et qui avaient passé ces examens malgré tout. Ou encore que le superviseur à Manitoba n’avait pas d’argent pour les prendre mais Minnesota l’avait. Mais au bout du compte, dans les cas où il y avait des étudiants admis aux deux, beaucoup d’étudiants trouvaient que l’administration de la cotutelle était lourde avant même que la cotutelle ne commence.

Et c’était un véritable piège à étudiants canadiens; bien qu’il y ait 43% d’étudiants non-états-uniens à Minnesota (2015), et que ce pourcentage soit resté entre 40 à 50% pendant de nombreuses années, pas un seul étudiant non-canadien s’est essayé avec la cotutelle. Les étudiants états-uniens et chinois tendent à voir le diplôme résultant de la cotutelle comme ayant le prestige disciplinaire (ou même sous-disciplinaire) du moins élevé des constituants. Alors au cas où ils sont pris aux deux, tel qu’exigé par la cotutelle, ils vont invariablement fréquenter Minnesota si c’étaient leurs deux seuls choix (mais d’ordinaire les candidats à la cotutelle ont d’autres options).

Si Minnesota obtint en moyenne 2-3 demandes des Prairies avec ça, c’est à se demander si Northwestern recevait réellement des demandes canadiennes avec une quelconque régularité, et, le cas échéant, est-ce que c’est concentré dans une région particulière. Par contre, il ne fait aucun doute que Washington arrive à une situation similaire sans cotutelle (l’Alberta et la Colombie-Britannique semblent être des sources naturelles pour recruter au Canada pour Washington, mais réussissent-ils à attirer qui que ce soit de ces deux endroits même à ça?). Et pourtant, comme je l’avais évoqué il y a trois mois de cela, Minnesota, Northwestern et Washington avaient un prestige physique similaire.

Est-ce que cette cotutelle était réellement viable, si les deux départements de physique avaient agi de manière différente? Si oui, qu’est-ce qui aurait pu être changé? Dans le cas contraire, je crois qu’il s’agit là des problèmes intrinsèquement liés à toute cotutelle.


 

Having learned at Theory Canada the existence of a past joint degree program between the University of Manitoba and the University of Minnesota at the doctoral level in physics, I wondered what was there in that joint degree program that didn’t work. When Minnesota claimed that they had success in a single region, the truth is, if not for that joint degree, Minnesota had trouble getting a nonzero number of Canadian applications, even from the Prairies.

The primary problem of that joint degree was that it required students to be admitted by both institutions; many students, most of which came from the Prairies, that applied for this joint degree only seemed to be competitive at Manitoba (after all, Manitoba is far from being as notorious internationally as Minnesota) without necessarily being good enough for Minnesota. Or that some joint degree applicants were rejected by item omission (most often, both GREs)… here are the known data for past admits at Minnesota:

  • Verbal GRE: 68th percentile (standard deviation: 24)
  • Quantitative GRE: 88th percentile (standard deviation: 8)
  • Analytical Writing GRE: 48th percentile (standard deviation: 28)
  • Physics GRE: 68th percentile (standard deviation: 22)

Although Carnegie Mellon has different research thrusts, it’s a close comparable for graduate student recruiting; there is no reason to believe that the grades required are very different for Minnesota than for Carnegie Mellon. Despite the approximation that I make, one can expect that the GPA distribution to be more or less like this: average of 3.69 (standard deviation: 0.29) and very few admits below 3.3.

One can easily imagine that there were students that could have been hireable under the joint degree conditions that omitted to take the GREs, or that there were students between 3.3 and 3.5 that had average or lackluster masters and that took these tests nonetheless. Or that the supervisor at Manitoba did not have the funds to hire them but Minnesota did. But, in the end, in the cases where students were admitted to both, a lot of students found the administration of the joint degree was heavy before their program even starts.

And it was a real Canadian student trap; although there are 43% of the physics PhD student body at Minnesota that came from outside the US (2015), and that percentage remained between 40 to 50% for many years, not a single non-Canadian student applied for the joint degree. American and Chinese students tend to see the degree earned through a joint degree as having the in-field (or in-subfield even) prestige of the lesser of the constituents. If they are admitted to both, they will invariably attend Minnesota if it were their only two choices (but usually joint-degree applicants will have other options).

If Minnesota averaged 2-3 applications from the Prairies with this, one wonders whether Northwestern actually received Canadian applications with any measure of regularity, and, if so was the case, if these applications primarily came from a particular region. However, there is no doubt that Washington is in a similar situation without a joint-degree program (Alberta and British Columbia seem to be natural sourves for Washington, but do they successfully attract anyone from these two areas even then?). And yet, as I evoked three months ago, Minnesota, Northwestern and Washington had similar physical prestige.

Could that joint degree program actually would have been viable, had both physics departments acted differently? If yes, what could have been changed? If not, then it would likely have been the standard problems of running joint-degree PhD programs.