Cycles supérieurs: pas un échappatoire/Graduate school: not an escape mechanism

Malgré que je sois deux semaines en retard (par rapport à la date limite commune fixée par le CGS, le 15 avril), si vous avez l’impression de ne pas savoir quoi faire de votre vie après un baccalauréat, vous n’êtes probablement pas seul. Sinon ceci servirait de signal d’alarme à quelqu’un à qui il lui reste encore du temps au premier cycle. Peut-être que ce qui suit est, en réalité, une répétition d’autres sites Web, auquel cas, je m’en excuse et il y aurait beaucoup de noms à citer.

Peut-être que j’ai tort mais personnellement je crois que seule une minorité va réellement entreprendre un programme de cycles supérieurs comme échappatoire face à soit le monde extérieur, soit leurs problèmes personnels, mais la proportion d’étudiants gradués qui sont là comme échappatoire est assez dépendante de la discipline et du cycle (selon que le domaine exige un grade particulier de cycles supérieurs pour exercer une profession donnée ou non). Ainsi quelqu’un qui désire changer de carrière et qui sait que cette nouvelle carrière visée requiert un diplôme de cycles supérieurs pour y arriver (et pas juste parce qu’il déteste, ou a perdu, son poste actuel) ne serait probablement pas là à titre d’échappatoire.

En physique (du moins dans les cas canadiens et européens) on peut facilement s’imaginer que, si les perspectives d’emploi ne sont guère très bonnes avec un baccalauréat seulement, la maîtrise permet d’ouvrir plus de portes, et que la proportion qui se servirait d’un doctorat comme échappatoire est plus élevée que la proportion qui se servirait d’une maîtrise à cette fin. Néanmoins, voici des cas courants de gens pour qui les cycles supérieurs sont un échappatoire, mais la dernière peut être une raison légitime pour changer de carrière, surtout si le manque de satisfaction est causé par le travail à effectuer (et non pas par les collègues de travail, l’employeur ou le lieu de travail) ou la réorientation se fait à partir d’une profession en voie de disparition:

  • Une personne qui ne sait pas quoi faire de sa vie
  • Une personne qui a peur du monde extérieur
  • Une personne qui a d’autres problèmes de vie (famille, amour, pour ne nommer que ceux-là)
  • Une personne qui a de la difficulté à se trouver du travail (même s’il sait avec clarté quoi faire; or il est entièrement possible que ses propres difficultés soient liées au degré de saturation de marché à son niveau de formation ou que l’emploi désiré exige un diplôme qu’il ne détient pas)
  • Une personne qui est insatisfaite au travail (cf. Jeanne Dargan dans Carnets de Thèse) ou qui a été mis à pied (dans une restructuration ou une faillite corporative, par exemple)

Je comprends que certains puissent inconsciemment se servir d’un programme gradué comme d’un échappatoire, et que ça puisse, en partie du moins, être une motivation cachée, et ce, peu importe le niveau de nécessité du programme gradué dans le plan de carrière de l’étudiant. (Avertissement: il est fort possible que mon désir de mettre de la distance entre mes parents et moi soit un facteur qui ait joué dans ma décision d’aller à Minnesota même si, ultimement, la goutte qui a fait déborder le vase était d’origine fédérale, en passant par un superviseur de maîtrise qui semble vendre ses étudiants prometteurs pris à l’interne au plus offrant) Il faut d’abord et avant tout un plan de carrière clair et net avant de se décider à fréquenter un programme gradué. Si on n’a pas fait ses devoirs quant aux débouchés à la sortie du programme désiré, voici une synthèse de la littérature de ce qui arrive si on entre aux cycles supérieurs pour les mauvaises raisons:

  • On ne saura pas nécessairement plus quoi faire à la sortie
  • On n’aura pas nécessairement apaisé nos peurs face au monde extérieur
  • On n’aura pas nécessairement réglé nos problèmes de vie
  • On aura encore à se chercher un emploi à la sortie
  • L’emploi occupé par la suite ne sera pas nécessairement plus satisfaisant que l’ancien

Une dernière chose: certains postes exigent désormais des diplômes gradués qui, anciennement, n’en exigeait pas, ou dont les tâches à effectuer ne font que peu, voire aucun, usage des compléments d’habiletés des cycles supérieurs. Mais l’inflation des titres de compétence est une autre histoire pour un autre jour. La morale de l’histoire: n’utilisez pas un programme gradué comme un échappatoire, et encore moins un programme gradué non-salarié.


Despite the fact that I am two weeks late (with respect to the common CGS deadline, April 15), if you have the impression not to know what to do after your undergraduate days are over, you are probably not alone. Otherwise this may serve as a wake-up call to someone still in undergrad. Perhaps what follows is actually a repeat of other websites, in which case, I apologize and there would be a lot of names to quote.

Perhaps I am wrong but personally I believe only a minority would actually attend a graduate program as an escape mechanism from the outside world or their personal problems, but the proportion of graduate students that are there as an escape mechanism is rather dependent on the discipline and the cycle (depending on whether a field demands a particular advanced degree to practice a given profession or not). Thus someone that is a career-switcher and that nows that this new career being sought requires a graduate degree to achieve (and not just because he hated, or lost, his current job) would probably not be there as an escape mechanism.

In physics (at least in the Canadian and European cases) one can easily imagine that, if the job prospects aren’t that great with a bachelors alone, the masters opens more doors, and the proportion using a doctorate as an escape mechanism is higher than the proportion using a masters to this end. Nevertheless, here are common cases of people for whom graduate school is an escape mechanism, but the last one can be a legitimate reason to switch careers, especially if the lack of satisfaction is caused by the tasks being done at work (and not due to coworkers, the employer or the workplace) or the reorientation is made from a disappearing profession:

  • Someone that doesn’t know what to do in life
  • Someone that is afraid of the outside world
  • Someone that have other issues (family, romance, to name a few)
  • Someone that has difficulty finding work (even if one knows clearly what they want to do; however it is entirely possible that one’s own difficulties are due to a glutted job market at their level of education or that the desired job requires a degree that one does not possess)
  • Someone that is unsatisfied at work (cf. Jeanne Dargan in Carnets de Thèse) or that was laid off (in a corporate restructuring or a bankruptcy, for example)

I understand that some may unconsciously be using a graduate program as an escape mechanism and that it could be, in part at least, a hidden motive, regardless of how clear the need for a graduate degree is in a graduate student’s career plan. (Disclaimer: it is highly possible that my desire to put some distance between my parents and me may have been a factor that played in my decision to go to Minnesota even though, ultimately, the last straw came from the federal government, not to mention a masters supervisor who tries to “auction off” promising students taken on internally) One must, first and foremost, make a clear career plan before committing to attend graduate school. If one didn’t do his homework with respect to the job prospects coming out of the desired program, here is a summary of the literature of what happens when one goes to graduate school for the wrong reasons:

  • One will not necessarily know what do to any better at graduation
  • One will not necessarily have dealt with their fears concerning the outside world
  • One will not necessarily have sorted out their life issues
  • One will still have to search for jobs at graduation
  • The job held after graduate school will not necessarily be more satisfying than the pre-grad school one

One last thing: certain jobs now demands graduate degrees that formerly did not require one, or whose job tasks makes little, or even no use, of graduate school-level skills. But credential creep is another story for another day. The bottom line: do not use graduate school as an escape mechanism, much less an unfunded graduate program.

Perdu et perdu

Étant donné les circonstances selon lesquelles j’ai eu à abandonner mon doctorat, je ne m’avoue pas vaincu et je ne considère pas qu’il s’agisse là d’un échec. Comme Minnesota prend réellement l’aspect humain de la fréquentation au sérieux, et ce, aux trois cycles, ils n’hésiteront pas à retirer un TP à une personne s’ils estiment que la personne à qui on leur retire le TP risquerait de nuire à l’auxiliaire d’enseignement surtout si la personne est inapte à donner un TP d’un point de vue médical.

Avec le deuxième article qui va sortir dans le Journal of Mathematical Physics sous peu, je suis plus perdu que jamais, et mon choix de carrière est la source de chicanes de famille. Cet article (Tunneling decay of false domain walls: silence of the lambs) semble me faire croire que j’ai encore un sentiment d’incomplétude face à ce désir d’aller au bout de ma passion physique, que je devrais recommencer un doctorat ailleurs (Notre Dame ou pas, reste encore à voir).

Mes parents, étant des immigrants de première génération n’ayant pas terminé un diplôme de secondaire, ont une vision quelque peu différente de l’éducation que moi, quoique mon père semble davantage comprendre comment un doctorat s’inscrit dans mes désirs et motivations que ma mère. Ma mère préfère, surtout en cette saison des impôts, me pousse à aller vers la comptabilité. Or, ce qui sera à la mode en comptabilité à moyen et à long terme, c’est l’audit, non la fiscalité de particuliers. Qui plus est, un surplus de comptables se pointe à l’horizon à moyen et à long terme, en partie pour des raisons technologiques.

Sachant que la vie de comptable professionnel débute, selon moi, à l’obtention du titre CPA, je devrai recommencer un baccalauréat à partir de zéro et, en plus, faire le DESS, il y aura quatre ans d’université dans le jeu en sus des deux années de stage supervisé qui sont requis pour pouvoir passer l’épreuve finale unifiée, dont la réussite est exigée pour l’obtention du titre, pour un total de six ans. Ce n’est pas un 3.7-3.8 en physique qui va m’arrêter auquel cas je peux déposer une seule demande pour faire de la comptabilité et ce serait la fin de l’histoire en ce qui a trait à l’admission au baccalauréat en sciences comptables.

Ceci étant dit, je crois qu’un surplus de docteurs [en mathématiques et en sciences physiques] sera plus facile à écouler à l’échelle d’une société qu’un surplus de comptables, ne serait-ce que parce que la taille d’un tel surplus ne pourra jamais dépasser la taille d’un surplus de docteurs. Ainsi, je préférerais, sachant que je serais au même stade de ma carrière après six ans avec ces deux premières options, terminer un doctorat.

Il reste l’option numéro 3: tenter de trouver du travail en industrie. En physique il faut compter environ un mois par tranche de 10 000$ de salaire annuel désiré pour faire de la recherche d’emploi. Or, en industrie, quand on sait en quoi on est une valeur ajoutée pour une industrie, on n’hésitera pas à négocier un salaire avec une cible de 60-70 000$. (Électron Libre, avril 2016) Ainsi il faut compter de 5 à 7 mois, peut-être plus si on est un théoricien, pour se trouver du travail. Il va sans dire que, plus les postes auxquels on est qualifiés sont spécialisés et plus longue sera la recherche d’emploi. En ce qui me concerne il ne s’agit aucunement d’une manque de connaissance de mes qualifications et compétences (et de leurs limites), ni même qu’est-ce que ces qualifications/compétences m’apportent ou comment je peux mettre telle ou telle compétence sur la table pour effectuer un travail donné.

Sachant cela, si je veux travailler en industrie, je crois que j’aimerais travailler dans un milieu de R&D, ou encore en génie, pour peu que le titre de l’Ordre des ingénieurs ne soit pas exigé dans le dernier cas. Je laisse le monde de la finance à d’autres. Peut-être que le problème est que je ne sais pas vraiment où chercher les bonnes personnes à avoir comme contacts. Si quelqu’un a des pistes à cette fin, ce serait bien apprécié.