Des excuses/Apologies

Bonjour. Je tiens à m’excuser pour tout commentaire inapproprié qui aurait pu apparaître sur un billet quelconque de mon blogue, mais ces commentaires sont dus à un état de santé mentale plus ou moins latent depuis des années, dont les derniers billets relatent leur explosion. Veuillez m’excuser pour tout inconvénient causé par ces commentaires.


 

Hello. I wish to apologize for any inappropriate comment that may have appeared on any past post on this blog, but these comments are due to a more-or-less latent mental health condition for years, whence the last posts tell of its explosion. Please apologize for any inconvenience caused by these comments.

Du TP à une bourse/From TA to fellowship

Maintenant que la haute direction du programme est au courant de mes problèmes de santé mentale, ils m’ont offert de terminer la session avec une bourse qui couvrirait le salaire jusqu’au 31 décembre; ainsi je ne corrigerai plus les devoirs de thermodynamique! La principale affaire qu’ils avaient apprécié de ma part était la correction rapide des devoirs, plus rapide que la majorité. Cependant la priorité pour moi, autant maintenant qu’une fois parti, est de guérir cette santé mentale du mieux que je peux. Ainsi j’ai 4 000$ de salaire résiduel converti en bourse interne.

Le nouveau correcteur est alors un postdoc dont son budget de recherche s’est tari. J’aurais aimé dire aux étudiants qu’ils ne doivent pas s’attendre à ce que le nouveau correcteur soit aussi rapide que je l’ai été. Alors je vais tenter de parler de santé mentale dans la mesure du possible (ce qui est fort limité).


 

Now that the administrators of the physics department are aware of my mental health problems, they offered me to finish the semester with a fellowship that would cover the salary until December 31; thus I will no longer grade the thermodynamics homework! The primary thing that they have appreciated from my part was the prompt grading, faster than most. However, the priority for me, both now and after departure, is to cure my mental health to the best I can. Thus I have $4,000 of residual salary converted into a fellowship.

The new grader is a postdoc whose research funds are running out. I would have liked to tell the students not to expect the new grader to be as prompt as I was. Thus I will try to talk about mental health to the extent that it is possible (which is very limited).

Le point de brisure, 2e partie/The breaking point, part 2

Je commence à suspecter de l’anxiété maladive; par contre, ni moi, ni les profs sont des professionnels de la santé, et les profs aussi suspectaient quelque chose dans le genre. Je sais bien que c’est déjà assez dur d’être un doctorant sans avoir de problèmes de santé mentale, alors quand j’estime que ma santé mentale m’empêche de réussir comme je le voudrais, ou comme les professeurs croient que j’en serais capable, je vois d’ici une condition nécessaire pour reconstruire ma motivation: remettre ma santé mentale en état.

Supposons que du temps loin du programme gradué me permette réellement de reconstruire ma motivation telle que je l’avais escompté, en sus de ma santé mentale. Est-ce que prendre un congé de maladie, sous la forme d’une session de GRAD999, est une bonne idée en ce qui me concerne? La réponse courte: non. La raison: même si je réussissais à réparer ma santé mentale et à exceller au retour (autant dans ces cours lâchés que dans le 2e cours de relativité générale), il est fort probable que la fenêtre que j’avais identifiée au début de la session se referme, auquel cas pas de cosmo des particules pour moi ici, surtout que le côté “analyse de données” de la cosmo des particules observationnelle touche davantage à la matière sombre et au rayonnement fossile.

Pour ceux qui, parmi vous, ont lâché un programme PhD en raison de problèmes de santé mentale (mais la plupart de ce qui suit s’applique également pour d’autres genres de problèmes personnels) et qui veulent malgré tout se réessayer après avoir réglé les problèmes personnels, j’ai quelques suggestions pour vous:

  • Si ce sont des problèmes personnels qui vous poussent à temporairement laisser vos études de côté et à abandonner un programme PhD mais que la motivation demeure après la résolution, vous pouvez juste dire “des problèmes personnels se sont produits”
  • Par contre, si votre superviseur est mort, a changé d’employeur ou a pris sa retraite (ou, plus courant dans les humanités que dans les sciences, votre département a été fermé), vous pouvez mentionner les circonstances

 

I begin to suspect pathological anxiety; however, neither me, nor the professors are healthcare professionals, and the professors also suspected similar mental health conditions. I know it’s already hard enough to be a PhD student without mental health conditions, then when I know my mental health will prevent me to succeed as I want to, or as my professors believe I would be able to, I see from there a necessary condition to rebuild my motivation: nurse my mental health back to form.

Suppose that time away from graduate school would actually allow to rebuild my motivation on top of my mental health. Would taking a medical leave, under the guise of a GRAD999, be a good idea as far as I’m concerned? The short answer: no. The reason: even if I mended my mental health and to excel upon return (both in the dropped classes and in the second general relativity course) it is more likely than not that the window I identified at the onset would close, in which case no particle cosmology for me here, especially the “data analysis” side of observational particle cosmology done here relate to dark matter and to the CMB.

For those who, among you, gave up on a PhD program due to mental health problems (but most of what follows also apply to other kinds of personal problems) and that want to try again after sorting out the personal issues, I have a few suggestions for you:

  • If personal problems were what led you to temporarily stop your studies and to give up on a PhD program but the motivation remains after the resolution, you may just state that “personal issues happened”
  • However, if your supervisor died, changed employers or retired (or, more common in humanities than in sciences, your department closed), you may mention the circumstances

Le point de brisure/The breaking point

Mesdames et messieurs, mon rêve de cosmologie des particules a viré au cauchemar. Je sais que j’en ai déçu plusieurs parmi vous mais mon unique session au doctorat m’a placé dans un état lamentable de santé mentale. Il va sans dire que même des gens brillants dans un domaine quelconque sont vulnérables aux problèmes de santé mentale. La cosmologie des particules, ce sujet que j’aimais tant au départ, est devenue, en une demi-session, un cauchemar, le symbole d’un rêve brisé. Pour cette raison, je suis prêt à lâcher le programme et je ne me sentirai pas coupable de le faire.

Supposons que j’aie rendu visite au coordonateur gradué après la réception de notes pas si belles que ça aux deux intras et que la psychothérapie ne peut pas venir assez vite… je suis sur le bord de décrocher à cause d’une relation malsaine avec mon sujet de recherche. Ou comment ma quête d’un domaine de recherche particulier (la cosmologie des particules théorique) est devenue obsessive malgré que je sois tout de même de taille pour un programme doctoral. Mais il y a de nouveaux faits au dossier, et certainement des facteurs qui ont aggravé le problème:
  • Quand on compare les devoirs aux intras, je faisais beaucoup mieux sur les devoirs dans les deux cours que j’ai lâché, et je sens que les devoirs sont un meilleur reflet de ce que je peux faire et des conditions sous lesquelles la matière est utilisée après que le cours soit terminé. Pour cette raison ce n’est pas une indication d’un quelconque manque de préparation intellectuelle ou de capacité académique
  • Bien que les superviseurs qui font de la recherche telle que je la désire ont une ouverture chacune, ils portent une attention particulière aux notes dans les cours gradués, surtout celles avec du contenu physique substantiel (les superviseurs de recherche ne sont pas choisis avant qu’une année se soit passée dans le programme)
  • J’étais assez près du sommet de la liste de matriculants pour avoir eu une chance d’obtenir la bourse interne et je sentais qu’il y avait beaucoup d’attentes placées en moi, presque autant qu’en le véritable gagnant de la physique
Et, d’un bon côté, je sais que rien de tout ceci n’a causé mes problèmes de santé mentale:
  • Le cours résiduel avec de la matière substantielle en physique, mécanique quantique avancée (cours gradué de 2e année)
  • Suivre des cours dans une autre langue (l’anglais n’était pas ma langue première en tant que bachelier; cependant la langue aurait empêché des étudiants de réussir à la fois dans les devoirs et les examens)
  • Ma charge de TP (corriger des devoirs de thermodynamique)
  • Je ne suis pas du tout un procrastinateur
  • La vie loin de la maison (bien que certaines personnes le font en tant que bacheliers, mon premier goût de la vie loin de la maison se passe en tant que doctorant)
  • Le traitement humain des étudiants gradués. Je n’ai pas du tout été maltraité; ils reconnaissent que les problèmes de santé mentale sont bien réels mais ils ne jettent pas le blâme sur les étudiants
Et finalement, quelques solutions pour diminuer le niveau de stress dans les programmes doctoraux:
  • Se débarrasser des pré-docs (le département de physique à l’Université de Chicago s’est départi de ses pré-docs, depuis 2014, pour des raisons de santé mentale)
  • Faire des cours notés sur une base réussite-échec. Je ne suis définitivement PAS quelqu’un qui considèrerait les cours gradués comme une épreuve du feu (où les cours sont inutilement difficiles ou font autrement frustrer les étudiants de manière inutile et délibérée), puisque cette méthode datée de donner des cours gradués va faire que les étudiants s’épuisent plus rapidement. De plus la motivation est un ingrédient de l’apprentissage qui est souvent oublié – il y a une limite à la quantité de blocage que les étudiants peuvent supporter avant d’en être frustré et, de là, l’atteinte de leurs seuils de douleur
  • Même si la solution ci-haut ne peut pas être mise en oeuvre, les cours ne devraient pas être conçus pour ôter la motivation des étudiants et mettre moins l’emphase sur les examens vs. les devoirs; la perte de motivation peut probablement détruire tous les gains d’habileté dus à tout gain en difficulté

 

Ladies and gentlemen, my dream of particle cosmology has turned into a nightmare. I know I have disappointed several people, but my sole semester in a PhD program placed me into an horrible mental health condition. It goes without saying that even brilliant people in some field are vulnerable to mental health problems. Particle cosmology, that research topic I loved so much at the beginning, became, within half a semester of starting, a nightmare, the symbol of a broken dream. For this reason, I am ready to drop out of the program and I will not feel guilty about doing it.
Let’s say that I made a visit to the graduate coordinator after the receipt of not-so-hot midterm grades and that therapy can’t come soon enough… I am about to drop out because of an unhealthy relationship with my prospective research topic. Or how my quest for a particular research area (theoretical particle cosmology) turned downright obsessive despite that I otherwise was suitable for a PhD program. But there are new facts in the case, and certainly factors that aggravated the problem:
  • When comparing the homework to the midterms, I was doing much better work on the homework in both courses I dropped, and I feel the homework is a better reflection of what I can do and the real-world conditions under which the material is used after the course is over. For this reason it is not an indictment of any lack of intellectual preparation or ability to do the work
  • While the research advisors doing research on the topics I want to do research in do have one opening apiece, they do weigh the grades in grad-level coursework heavily, especially those with substantive physics content (research advisors are not chosen until at least one year into the program)
  • I was somehow close enough to the top of the matriculants to actually have stood a chance at a university-wide fellowship and felt that I had a lot of expectations placed on me, almost as much as the actual physics winner
And, on the bright side, there are factors that I know did not cause any of the mental health problems:
  • The remaining course with any real substantive physics content, advanced quantum mechanics (2nd-year graduate course)
  • Doing said coursework in another language (English was not my first language as an undergraduate; however language would have prevented students from doing well on both homework and tests)
  • My TA position (grading sophomore-level thermodynamics)
  • My work ethic (I am far from a procrastinator either)
  • Life away from home (whereas some people do so as undergraduates, my first taste of life away from home came as a doctoral student)
  • The humane treatment of grad students. I haven’t been mistreated in any shape or form; they acknowledge that mental health issues are real but did not place the blame on the students themselves
And finally, a few solutions to help alleviate mental health issues in PhD programs:
  • Phase out qualifying exams (the University of Chicago physics department phased out qualifying exams, starting in 2014, due to mental health concerns)
  • Make the coursework graded as actual pass-fail. I am most definitely NOT one that would want to consider PhD coursework as a trial by fire (where the coursework is unnecessarily hard or otherwise deliberately and needlessly frustrates students), since that outdated way of running doctoral coursework would cause students to burn out faster. Plus motivation is an important ingredient of learning that is often overlooked – there is only so much struggling students can take before reaching frustration and, from there, their pain thresholds
  • Even if the above solution cannot be implemented, coursework should not be designed to take the motivation out of the students and should not emphasize tests as much as homework; loss of motivation would probably outweigh any extra gain of skills due to any extra difficulty