La promesse libérale/Liberal promise

Même si on se souvient davantage des promesses électorales non-tenues que des promesses tenues, la vérité est que la majorité des promesses sont tenues, mais que les promesses qui ne le sont pas sont souvent des promesses de grande envergure. Et que jamais la politique scientifique civile ne faisait l’objet d’autant d’attention électorale de toute l’histoire canadienne. Néanmoins, je crois que cette promesse libérale est tenable alors j’espère que ce sera la fin de crimes contre le savoir de calibre à défrayer des manchettes internationales. Les libéraux ont ainsi promis la fin du musèlement, ainsi que la création d’un poste de directeur scientifique.

Par contre, les libéraux n’ayant rien promis sur le financement, cette victoire est une victoire qui promet mais dont la portée concrète demeure difficile à cerner. Et je vais l’avouer, les quatre exilés doctoraux n’ont de crédit qu’en tant que petit morceau dans un ensemble plus large. Au fait, je ne suis même plus sûr que le dernier qui a abouti à l’Université de Washington à partir d’un département de physique en Colombie-Britannique détient la citoyenneté canadienne, comme suspecté précédemment.


 

Even though we remember more about the unkept electoral promises than those who are kept, the truth is that the majority of the promises are kept, but the promises that aren’t, are often high-profile. And never had science policy garnered this much electoral attention in Canadian history. Nevertheless, I believe this liberal electoral promise is tenable, hence I hope it is the end of crimes against knowledge that are international headlines-caliber. Liberals have thus promised the end of scientific muzzling and the creation of a chief science officer position.

However, since the Liberals promised nothing about funding, this victory looks promising but its concrete implications are hard to determine. To be fair, the four doctoral exiles only have credit as a small component of a much larger ensemble. In fact, I am not even sure anymore that the last guy that ended up at the University of Washington from a BC-based physics department even have Canadian citizenship, as previously suspected.

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Harperman

Bien entendu, ça me désole de voir quelqu’un comme Tony Turner être suspendu au travail pour son art. Et pourtant Tony Turner ne pouvait être identifié en tant que scientifique fédéral [canadien] lorsqu’il se produisait. Juste un symptôme supplémentaire face à la politique scientifique civile; le contenu pouvait être reconstitué à partir de coupures de presse selon une des choristes ayant participé au tournage de cette vidéo. Par contre, je crois que cela aurait pu arriver même s’il n’était pas un scientifique fédéral, tant et aussi longtemps qu’il était à l’emploi du fédéral.

Je ne suis pas un hypocrite et je vais être honnête là-dessus, ça n’engageait que lui et pas son employeur. Néanmoins, je déteste comment ce gouvernement semble encourager les projets scientifiques de grande envergure au détriment de projets à plus petite échelle et pourtant, les projets à petite échelle peuvent également avoir des bénéfices pour tout un chacun. Alors je suis derrière lui jusqu’à la fin de la présente campagne fédérale canadienne.


 

 

Of course, it desolates me to see someone like Tony Turner get suspended at work for his art. And yet Tony Turner couldn’t be identified as a [Canadian] federal scientist when he shot the video. Just yet another supplemental symptom towards Canadian civilian scientific policy; the content could be reconstituted from press releases according to one of the choristers that shot the video. However, that could have happened even if Mr. Turner was not a federal scientist, but was working elsewhere in the federal civil service.

I am not an hypocrite and I will be honest about it, it only engaged him personally and not his employer. Nevertheless, I hate how this government seems to encourage large-scale scientific projects at the expense of smaller-time projects, despite smaller-time projects still being beneficial to a lot of people. Therefore, I’m backing him all the way until the current Canadian federal electoral campaign ends.

Harperman (video)

Une question pour les activistes/A question for activists

La politique scientifique civile a défrayé les manchettes dans les mois précédant la campagne électorale fédérale canadienne. La raison pour laquelle je fréquente l’Université du Minnesota (avec la cosmologie des particules comme support) est une tentative de protestation face à la politique scientifique civile. J’ai “voté avec mes pieds” avec quelques autres et une quantité inconnue dans les autres sciences; il convient de se demander s’il y a une relation quelconque entre la destination d’un intervenant et l’impact que l’intervenant peut avoir lorsqu’une telle opération est effectuée.

Voici la question du jour: Lequel de ces trois intervenants est le plus susceptible d’avoir un impact sur le public? Ici le prestige dans la discipline de l’intervenant doit donc être pris en compte.

  1. Un étudiant parmi les meilleurs et les plus brillants qui fréquente le programme doctoral le plus prestigieux possible (e.g. un physicien qui irait à Caltech)
  2. Un étudiant qui fréquente un programme doctoral étranger du même niveau que les programmes doctoraux du pays d’orgine (ici on suppose que l’étudiant ne serait pas coincé dans une pyramide de Ponzi doctorale, ni à la maison, ni à l’étranger; les 2+2 cas connus en physique au Canada sont tous de cette catégorie, à moins que UVA et/ou UC Riverside soient des pyramides de Ponzi physiques de niveau RA, auquel cas ils entrent dans la catégorie la plus basse)
  3. Un étudiant qui fréquente un programme doctoral étranger qui est une pyramide de Ponzi de niveau RA (ou TP si c’est un étudiant dans une discipline avec peu d’argent et de chargés de cours) alors qu’il aurait accès à des programmes doctoraux qui ne sont pas des pyramides de Ponzi à la maison

Chacune des trois réponses peuvent se défendre. Voici des réactions possibles, peut-être même prototypiques, du public face à chaque type d’intervenants:

  1. “On est en train de perdre les meilleurs et les plus brillants”
  2. “Si on n’est même pas capable de retenir des gens qui seraient clairement capables de réussir à la maison, il y a anguille sous roche”
  3. “Il doit y avoir des problèmes graves ici s’il est prêt à aller dans un programme gradué étranger aussi minable”

En général, les gens qui sont sensibles à l’impact de la politique scientifique civile tendent à être plus au fait que le prestige disciplinaire n’est pas la même chose que le prestige global d’une université.


Civilian science policy made headlines in the months preceding the Canadian federal election campaign. The reason why I attend the University of Minnesota (with particle cosmology as a supporting device) is to attempt to protest against civilian science policy. I “voted with my feet” with a few others and an unknown number in other sciences; one may ask if there is any relationship whatsoever between the destination of a protester and the impact that the protester may have when one such operation is carried out.

Here’s today’s question: Which one among these three protesters is most likely to make an impact on the public? Here the prestige in the protester’s discipline must be taken into account.

  1. A student among the best and the brightest that attends the most prestigious doctoral program she could (e.g. a physicist that goes to Caltech)
  2. A student who attends a foreign doctoral program at the same level as doctoral programs at home (here we suppose that the student would not fall prey to a doctoral Ponzi scheme, at home or abroad; the 2+2 known cases in Canada for physics all fall into this category, unless UC Riverside and/or UVA are physical, RA-level Ponzi schemes, in which case they fall into the lowest category)
  3. A student that would attend a foreign doctoral program that is a RA-level Ponzi scheme (or TA if it is a student in a discipline with little money and little adjuncts) while they would access programs that are not Ponzi schemes at home

Each of the three answers can be argued and defended. Here are possible reactions, perhaps even prototypical, of the public towards each type of protesters:

  1. “We are losing the best and the brightest”
  2. “If we are not even able to retain students that clearly could succeed at home, there is a problem”
  3. “There has to be grave problems here if one is ready to attend such an awful foreign graduate program”

In general, people who are sensitive to the impact of civilian science policy tend to be aware that the disciplinary prestige is not the same as the university-wide prestige.

2+2 cas(es)

Bien que la physique n’ait pas été aussi affectée par la politique scientifique civile fédérale canadienne que les sciences de la Terre ou l’écologie, il y a tout de même eu des cas de gens ayant quitté le Canada pour des cycles supérieurs afin de protester face à la politique scientifique civile. Il y a deux cas confirmés de physiciens dont leurs lieux d’origine et leurs destinations sont connues plus deux cas hautement suspects mais dont leurs lieux d’origine et leurs destinations sont néanmoins connues.

Cas confirmés:

  • Montréal -> Minnesota (moi)
  • Acadia -> Virginie

Cas hautement suspects:

  • Toronto -> UC Riverside
  • UBC -> Washington

Par contre, pour être honnête, le dernier cas avait deux griefs pour le prix d’un. Il y a deux types de cas avec des degrés de suspicion moindres: des étudiants très doués qui visent le sommet de l’échelle de prestige physique, ainsi que des étudiants pour qui le tourisme ou l’immersion culturelle est importante. Et ce, même si la physique n’est pas une discipline où l’immersion culturelle est une obligation d’efficacité en recherche. Paradoxalement, même si un étudiant au sommet de l’échelle de prestige physique peut plus facilement cacher toute motivation politique qu’il/elle pourrait avoir, cet étudiant peut faire plus d’impact.

Parce que les coupures à l’échelle pan-européenne sont beaucoup plus sévères que ce qui se fait au Canada ou aux États-Unis (où les coupures les plus sévères ont déjà été effectuées et toute coupure subséquente affectera des sujets précis) il faudrait vraiment accorder une place importante au tourisme et/ou à l’immersion culturelle ou encore avoir bon espoir de terminer un projet doctoral en 3-4 ans pour aller en Europe à cette fin. Car la majorité des maîtrises européennes offrent un financement nettement insuffisant (554.40 euros/mois pour 4 à 6 mois en France pour 2015-2016) voire pas de salaire du tout. Et, de plus, les maîtrises européennes (excepté peut-être les maîtrises russes) mettent plus l’accent sur les cours que la recherche.

De l’aveu même d’un autre étudiant qui a envisagé faire des cycles supérieurs en Europe (cet étudiant est maintenant à Vienne): la plupart des villes états-uniennes ne sont pas nécessairement très attrayantes. Néanmoins, je me demande bien si ça ne viserait pas un public restreint. Je ne peux toutefois pas exclure qu’un étudiant canadien ait décidé d’entreprendre des études supérieures en Europe avec la protestation politique comme motivation majeure, voire principale. Peut-être que mon modèle est inexact mais voici à quoi s’attendre à partir de mon modèle:

  • La majorité des protestataires de la politique scientifique civile canadienne vont utiliser un doctorat comme support de protestation
  • Lesdits protestataires ont souvent une chance bien réelle de réussite aux cycles supérieurs et ne présentent pas de risques au-delà des risques habituels reliés à la prise d’étudiants gradués; de plus les protestataires sont souvent juste en bas de la tranche donnant droit aux PGS-D et autres bourses provinciales équivalentes (B2 du FRQNT, Alberta Innovates, etc.)
  • D’une part, les universités états-uniennes les plus susceptibles de prendre de tels protestataires sont dans les deux tranches de prestige disciplinaire immédiatement inférieures à la tranche la plus élevée (en physique, Minnesota et Washington sont dans une tranche plus élevée que Virginie et UC Riverside; Notre Dame est dans cette tranche aussi)
  • D’autre part, plusieurs organismes subventionnaires européens sont chiches envers les étudiants de maîtrise

Si vous avez d’autres cas à signaler, en physique ou dans d’autres sciences sous la juridiction du CNRC ou du CRSNG, d’étudiants ayant quitté le Canada pour des cycles supérieurs en tant que mesure de protestation à l’endroit de la politique scientifique civile, n’hésitez pas à m’en faire part! Bien que je ne requiers pas l’identité des étudiants visés, je demande tout de même ces trois renseignements pour chaque signalement:

  1. La discipline de l’étudiant
  2. L’institution d’origine de l’étudiant
  3. La destination de l’étudiant

Although physics has noet been as affected by the federal civilian science policy than earth sciences or ecology, there are still cases of physicists having left Canada for graduate study as a protest move against civilian scientific policy. There are two confirmed cases of physicists whose institutions of origin and destinations are known plus two more highly suspect cases but whose institutions of origin and destinations are nonetheless known.

Confirmed cases:

  • Montreal -> Minnesota (me)
  • Acadia -> Virginia

Highly suspect cases:

  • Toronto -> UC Riverside
  • UBC -> Washington

However, to be honest, the last case had two griefs for the cost of one. There are two types of cases with lesser degrees of suspicion: high-achieving students that aim for the top of the physical prestige ladder, as well as students for whom tourism or cultural immersion is important. That, even though physics is not a discipline where cultural immersion is crucial for research efficiency.  Paradoxically, even if a student at the top of the physical prestige ladder can more easily hide any political motivation that s/he might have, that student can make a greater impact.

Because cuts on a pan-European scale are far more severe than what is done in Canada or the United States (where the most severe cuts have already been made and any subsequent cut will affect specific topics) one really has to grant a lot of importance to tourism or to cultural immersion or have good hope of completing a doctoral project in 3-4 years to go to Europe to this end. Because the majority of European masters offer grossly insufficient funding (554.40 euros/month for 4 to 6 months in France for 2015-2016) or even no salary at all. And, in addition, European masters (except maybe Russian masters) tend to put more emphasis on coursework than research.

From the admission of a student that contemplated graduate study in Europe (that particular student is now in Vienna): most American cities are not necessarily very attractive. Nevertheless, I am wondering whether this is not targeted at a restricted audience. I cannot rule out that a Canadian student may have decided to undertake graduate study in Europe with political protest as a major motivation, even primary motivation, though. Perhaps my model is inexact but this is what one should expect out of it:

  • The majority of Canadian civilian science policy protesters will use a doctorate as a supporting medium for protesting
  • Said protesters often have a real chance of success in graduate study and do not present any additional risks beyond the standard risks associated with the hiring of graduate students; plus the protesters are often just below the level that gives rise to PGS-D grants and other equivalent provincial grants (FRQNT B2, Alberta Innovates, etc.)
  • On the one hand, American universities susceptible to admit such protesters are in the two levels of field-specific prestige immediately below the highest level (in physics, Minnesota and Washington are on a higher prestige level than Virginia and UC Riverside; Notre Dame is in that tier as well)
  • On the other hand, many European funding agencies are rather miserly with masters students

If you have other cases to report, in physics or in other sciences under the jurisdicrtion of NRC or NSERC, of students having left Canada for graduate study as a protesting measure against civilian scientific policy, don’t hesitate to report them to me! Although I do not require the identity of the students so affected, I nevertheless ask for these three pieces of information for each reported case:

  1. The discipline of the student
  2. The student’s institution of origin
  3. The student’s destination

Précautions doctorales/Doctoral precautions

Je comprends que les divers personnages impliqués dans la recherche scientifique civile déplorent des coupures dans toutes les directions, et que, dans les humanités, les sciences humaines et, dans une moindre mesure, en mathématiques pures, les étudiants gradués semblent être embauchés (ou admis, dépendant de la vision qu’on adopte) pour donner des séances de TP plus que pour réellement développer du talent scientifique. Ce qui peut donner l’impression à tout un chacun que les programmes gradués sont des pyramides de Ponzi. D’où l’impression de crise, mais il y a bien d’autres choses à faire avant de diminuer l’entrée d’étudiants gradués!

Bien qu’un accroissement du financement scientifique civil soit souhaitable à bien des égards, il faut faire attention à la capacité du marché du travail à absorber le flux d’étudiants gradués entrants et sortants, tout en sachant bien que c’est difficile de déterminer la véritable demande pour du personnel hautement qualifié dans certaines disciplines. Oh, c’est sûr, certaines disciplines, comme la physique, ont des débouchés diversifiés mais ce n’est pas toujours évident pour les employeurs de savoir ce qu’on peut réellement faire avec ça. Bien qu’on ne pourra jamais totalement se départir de la dépendance aux étudiants gradués en recherche, il faut diminuer cette dépendance pour que l’argent soit utilisé à bon escient à l’avenir.

Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas bon d’augmenter (ou même de diminuer) la cadence de production de personnel hautement qualifié tant et aussi longtemps qu’on n’a pas fait un effort de bonne foi pour bien informer les étudiants actuels des possibilités d’emploi à la sortie, surtout extérieures à l’acadème, ce qui est, encore de nos jours, tristement inadéquat. Si une diminution est nécessaire, une approche graduelle est nécessaire même si la solution du problème risque d’être plus longue. Pour commencer, seulement 1 détenteur de PhD sur 6 deviendra professeur d’université. Et ça, c’est dans les sciences physiques fondamentales; dans les humanités, les chiffres sont un peu mieux (si on peut appeler ~35% un peu mieux par rapport à 1/6) mais les débouchés y sont plus limités hors de l’acadème.

Pour ma part, en sus de tout ce qui a trait à l’orientation, je crois que le salaire postdoctoral doit être augmenté, de sorte que les stages postdoctoraux seront plus difficiles d’accès. Dans les sciences fondamentales, le grand cauchemar est le “postdoc perpétuel”, i.e. une personne qui passe une trop longue période de temps à faire des stages postdoctoraux. Par contre, je ne suis pas encore prêt à me ranger dans le camp de ceux qui préfèrent décourager de manière active les gens de poursuivre des programmes gradués, du moins pas dans les sciences physiques. Et ce, même si des professions ont eu à aller jusqu’au découragement actif pour redresser la situation. Veuillez m’excuser pour mon manque de familiarité avec l’histoire des marchés du travail européens, mais l’exemple le mieux connu est le droit en pratique common law (États-Unis surtout, mais l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni l’ont aussi fait dans une moindre mesure).

Ainsi, pour ceux qui contemplent d’appliquer à des programmes PhD, faites bien attention aux options de carrière qui sont ouvertes à vous dans votre discipline ainsi qu’à vos propres objectifs de carrière. Vous devez être conscient que vous n’enseignerez probablement pas à l’université et peut-être qu’il y a plusieurs voies pour votre carrière choisie; il est possible qu’une autre formation soit plus avisée pour vous et que, à long terme, ça soit une meilleure décision que le PhD. Même si le PhD est un programme qui vient avec un salaire, la durée moyenne d’un PhD est souvent plus longue que l’alternative, surtout en Amérique du Nord.


 

I understand that the numerous actors involved in civilian scientific research lament about cuts in all directions, and that, in humanities, social sciences and, to a lesser extent, pure mathematics, graduate students seem to be hired (or admitted, depending on the vision) to provide teaching assistants than to actually develop scientific talent. Which can give the impression to so many that graduate programs are Ponzi schemes. Hence the impression of crisis, but there are many things to do before restricting the inflow of graduate students!

Although an increase in civilian scientific funding is desirable in many respects, one has to pay attention to the job market’s ability to absorb the inflow and output of graduate students, while knowing that it is difficult to ascertain the real demand for highly qualified personnel in certain disciplines. Oh, of course, some disciplines, like physics, lead to diversified job opportunities post-graduation but it’s not always obvious for employers what one can actually do with it. Even if it is impossible to totally break free from the dependence on graduate students for research, that dependence must be diminished if the money is to be properly used in the future.

Until evidence to the contrary arrives, I do not think it is worthwhile to increase (or even decrease) the production rate of highly qualified personnel as long as a proper effort to inform current students of alternate job paths after graduation, especially outside academia, which is, even today, woefully inadequate. If a decrease is necessary, a gradual approach is necessary even though resolution may take longer. First, only 1 PhD holder in 6 will become a university professor. And that’s basic, physical sciences; in humanities, the numbers are a little better (if one can call ~35% a little better compared to 1/6) but non-academic job opportunities for humanities are more limited.

As for me, on top of career advising, I think postdoctoral salary must be increased, so that postdocs are harder to get. In fundamental sciences, the great nightmare is the “perpetual postdoc”, i.e. a person that spends too long doing postdocs. However, I am not yet ready to side with people who prefer to actively discourage people to pursue graduate studies, at least not in the physical sciences. And that, even if professions had to go so far as resorting to active discouragement to right the ship. Please excuse me for my lack of familiarity with European job markets history, but the best-known example is common law practice (United States especially but Australia, Canada and United Kingdom did so to a lesser extent).

So, for those who contemplate applying to PhD programs, pay close attention to career options that are available in your discipline as well as to your own career objectives. You must be conscious that you will probably not teach in a university and perhaps there are several paths to your chosen career; it is possible that another education is better advised for you and that, in the long run, it ends up being a better decision than a PhD. Even if the PhD is a program that comes with a salary, the average length of a PhD is often longer than the alternative, especially in North America.

Le protectionnisme ontarien/Ontarian protectionism

Je parle ici de l’étendue à laquelle les physiciens canadiens de niveau bac/maîtrise semblent être réticents à quitter le pays pour des cycles supérieurs en l’absence d’un casier judiciaire ou de l’une ou l’autre des bourses doctorales de prestige (la Graham-Bell à 35 000$/an ou, plus prestigieuse encore, la Vanier à 50 000$/an) ou la combinaison d’une bourse du CRSNG ou des bourses provinciales (FRQNT, Alberta Innovates, par exemple) avec un casier judiciaire. Par contre, la plupart des physiciens susceptibles de détenir des casiers judiciaires sont des gens qui ont dû commettre des crimes mineurs (vol à l’étalage par exemple)…

Pour l’instant, mes informations portent à croire qu’il n’y en ait réellement eu que deux doctorants qui, en physique, aient quitté le pays pour des raisons motivées par la politique scientifique civile (en tout ou en partie) mais ils ont pris la décision de quitter le pays au plus fort des exactions fédérales. Il faut dire que mes informations obtenues à Theory Canada sont très fragmentaires et, d’ouest en est (plus ou moins), on a:

  • UNBC
  • UVic
  • UBC
  • Alberta
  • Calgary
  • Lethbridge
  • Saskatchewan
  • Winnipeg
  • Manitoba
  • Lakehead
  • Ottawa
  • Montréal
  • UNB
  • Acadia
  • Memorial (Terre-Neuve)

On pourrait s’attendre à ce que les coupures affectent les intervenants du haut vers le bas, donc les professeurs en premier, les chercheurs postdoctoraux (postdocs) après et enfin les étudiants gradués. Car il s’avère moins coûteux d’avoir un étudiant gradué qu’un postdoc; toute coupure va affecter la capacité des profs à prendre des étudiants ou des postdocs. Or, le CRSNG n’en a plus que pour les gros joueurs physiques. York et Lethbridge, qui ne sont aucunement des “gros joueurs physiques”, ont eu de la difficulté à ouvrir le nombre de places de maîtrise et de doctorat qu’ils veulent. Malgré cela, cela ne semble pas avoir affecté la partie étudiants gradués de la pyramide au point de voir les étudiants s’exiler à ce niveau, et encore moins en tant qu’acte de protestation.

Après avoir passé au peigne fin des participants susceptibles de rapiécer l’information manquante au congrès de l’ACP (Association canadienne des physiciens), qui a lieu à Edmonton et auquel je prends part, j’arrive à la conclusion qu’il n’y a pas eu de changements significatifs sur les migrations d’étudiants gradués. J’avais également recommandé à l’ACP de compiler des statistiques sur les flux migratoires internationaux de physiciens, à rendre publiques, car je crois qu’un changement dans ces flux peut être induit par la politique scientifique.

Toutefois, le mécanisme qui a permis de limiter l’exode des cerveaux n’est pas tant une vague d’activités criminelles qu’un corpus de pénalités infligées par Queen’s Park à la prise d’étudiants gradués étrangers dans les programmes de recherche. Essentiellement, cette pénalité fait que l’université reçoit moins d’argent “par tête de pipe” pour un étudiant gradué étranger que pour un étudiant local; cette pénalité s’élève à ~6000$ pour les humanités, les sciences humaines, et à ~8000$ pour les sciences et le génie. (Le gouvernement du Minnesota impose également de telles pénalités mais elles sont imposées seulement lorsqu’un programme de recherche viole la règle du “50%+1 local”)

Résultat: en physique, les universités ontariennes qui, autrefois, étaient souvent difficiles d’accès (surtout quand on parle des 6 grands axes physiques de l’Ontario, Western, Queen’s, McMaster, Waterloo, Toronto et Ottawa/Carleton) ont réussi à absorber presque tout le surplus d’étudiants canadiens-anglais. Peut-être qu’aujourd’hui ça va permettre de maintenir le rythme de recherche mais, à entendre les gens de Western et de Toronto, à long terme, Queen’s Park va peut-être modifier la pénalité (vraisemblablement pour tout étudiant gradué étranger de recherche qui excède le seuil de 50%+1)

CU-Boulder doit sans doute se dire “Peut-être qu’on aurait pu avoir un bon étudiant susceptible de réussir et qui serait capable de s’intégrer avec les bacheliers” Or, CU-Boulder est très bon pour 3 affaires: la matière condensée, l’optique et la physique solaire. Par contre, bien que je puisse m’intégrer assez bien aux étudiants à l’université du Colorado à Boulder, CU-Boulder comporte deux désavantages: le coût élevé de la vie à Boulder (qui a forcé CU-Boulder à tenter de diminuer le stress au minimum, un peu comme NYU qui s’apprête à éliminer le pré-doc), et la faiblesse du département en termes de cosmologie des particules.

Dans le contexte québécois il faudrait vraiment être un physicien pour accorder à CU-Boulder un prestige quelconque. Et le deuxième protestataire ne pouvait visiblement pas aller à CU-Boulder; UVA est très similaire à CU-Boulder (excluant l’astro; un amateur de radio-astronomie trouverait son compte à UVA mais pas à CU-Boulder et l’inverse est vrai en physique solaire) en tant que département de physique.


 

Here I am talking about the extent at which Canadian physics students at the bachelors or masters levels seem reluctant to leave the country for graduate study in the absence of a criminal record or of one of two prestigious doctoral grants (the Graham-Bell at $35,000/year or, more prestigious still, the Vanier, valued at $50,000/year) or the combination of a NSERC grant or a provincial grant (FRQNT, Alberta Innovates, for example) with a criminal record. However, most physicists that hold criminal records are people that committed petty crimes (shoplifting for example)…

For now, my information lead me to believe that there actually only are two students who, in physics, left the country for doctoral study because of civilian scientific policy (in whole or in part) but they took the decision to leave the country at the height of the crisis. It must be said that the information gathered at  Theory Canada are highly incomplete and that we have, starting West (more or less), the following:

  • UNBC
  • UVic
  • UBC
  • Alberta
  • Calgary
  • Lethbridge
  • Saskatchewan
  • Winnipeg
  • Manitoba
  • Lakehead
  • Ottawa
  • Montreal
  • UNB
  • Acadia
  • Memorial (Newfoundland)

One would expect that the funding cuts affected the people from the top down, therefore affecting professors first, postdoctoral researchers (postdocs) afterward and finally the gradute students. Because it is less expensive to take a graduate student than a postdoc; any cut will affect the ability of professors to hire graduate students or postdocs. Yet, NSERC only seemingly cares about the major physical players. York and Lethbridge, who are not “major physical players” by any stretch of the imagination, have had trouble opening the number of masters and doctoral positions they want. Despite this, this did not seem to affect the graduate students level of the pyramid to the point of seeing students expatriate at that level, and much less as an act of protest.

After having interrogated participants that were susceptible to piece together the missing information at the CAP Congress (Canadian Association of Physicists), which is held in Edmonton and to which I take part, I arrive at the conclusion that there has been no significant change in graduate student migrations. I also recommended to CAP to compile statistics on migration flow of graduate students, to make public, because a change in these flows can be induced by scientific policy.

However, the mechanism that allowed to limit the brain drain is not so much a crime wave but a body of penalties imposed by Queen’s Park while taking international graduate students in research programs. Essentially, this penalty makes it so that the university receives less “headcount money” for an international graduate student than for a domestic graduate student; this penalty is ~$6,000 for humanities, social sciences, and at ~$8,000 for sciences and engineering. (The Minnesota state government also imposes such penalties but they are triggered only if a given research program violates the “domestic 50%+1” rule)

Result: in physics, Ontario universities who, in the past, were often difficult to get into (especially when one talks about the six great physical axes of Ontario, Western, Queen’s, McMaster, Waterloo, Toronto and Ottawa/Carleton) have successfully absorbed almost the entire surplus of English-Canadian graduate students. Maybe it will allow to maintain the research activity today but, when one hears Western and Toronto faculty talk about the penalties, in the long term, Queen’s Park will perhaps modify the penalty (probably for each international graduate student exceeding the 50%+1 threshold)

CU-Boulder must be telling themselves “Maybe we could have had a good student capable of succeeding and capable of fitting in with the undergrads” Yet, CU-Boulder is very good for 3 physical topics: condensed matter, optics and solar physics. However, although I can integrate well with students at the University of Colorado at Boulder, CU-Boulder has two disadvantages: the high cost of living in Boulder (which forced CU-Boulder to attempt reducing stress of graduate students at a minimum, like NYU who will soon eliminate quals), and the weakness of the department in terms of particle cosmology.

In the Quebecer context, one really has to be a physicist to grant CU-Boulder any prestige whatsoever. And the second proteser visibly couldn’t attend CU-Boulder; UVA is very similar to CU-Boulder (excluding astrophysics; a radio-astronomy diehard would likely call UVA home but not CU-Boulder and the reverse is true in solar physics) as a physics department.

Le Livre Noir de NYU sous Sexton

Après avoir lu et re-lu The Art of the Gouge, je me suis aperçu que non seulement c’était un avertissement pour nombre d’étudiants étrangers de ne pas considérer fréquenter NYU (même au doctorat, parce que vous verrez à la lecture du Livre Noir que les étudiants étrangers doivent payer davantage en frais afférents et que ces suppléments rendent la vie à New York invivable avec les bourses qu’ils donnent) mais aussi la pointe de l’iceberg en ce qui a trait aux problèmes universitaires et un bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Maintenant que j’ai l’autorisation de la part de NYU FASP de traduire The Art of the Gouge en français, je me suis embarqué dans une traduction de l’ouvrage. Étant désormais habitué d’écrire des documents de ce type avec LaTeX, je me suis aperçu que je devais écrire les 39 pages d’une seule traite (et pas en trois, ou devrais-je dire deux, documents comme dans la version originale). Il y a deux titres possibles que vous pouvez utiliser:

  • Le Livre Noir de NYU sous Sexton
  • L’art de l’extortion: comment NYU extorque des milliards de nos étudiants – et où va cet argent (traduction littérale)

Pour avoir droit aux trois parties telles qu’originellement définies dans la version originale, j’ai dû scinder le document LaTeX en trois parties, de sorte qu’ici, il y aura quatre documents PDF.

Le Livre Noir de NYU sous Sexton (l’ouvrage dans son intégralité)

Première partie: La Grande Extorsion: La ponction financière sans relâche de NYU

Deuxième partie: Des milliards dépensés sur l’immobilier alors que les étudiants dorment sur des bancs

Troisième partie: Où coule l’argent à NYU: Des millions dépensés sur des cadres alors que les étudiants cherchent de la nourriture

Assez parlé des aspects techniques de la création de ce document. Je vais y aller de mes commentaires personnels face au contenu de l’ouvrage. À bien y penser, autant après avoir lu la version originale que la version française, ça confirme que j’avais pris la bonne décision de ne pas déposer de demande d’admission à NYU. Trop d’étudiants surmenés, trop de frais afférents, la négligence du bas de l’échelle tout en augmentant de manière vertigineuse les salaires vers le haut…

Si Columbia, même en étant plus sain dans ses pratiques financières et ayant des bourses doctorales (en sciences) autour de 34-35k$/an (si, l’année dernière, les bourses doctorales s’élevaient à 33 782$, et qu’un étudiant admis à Columbia avait arrondi sa bourse à 35k$, j’aurais tendance à croire que le véritable montant pour cette année se trouve autour de 34 600-700$; je ne crois pas qu’ils peuvent se permettre d’augmenter de 5% comme ils l’auraient voulu) sont obligés d’améliorer l’aspect humain de la fréquentation pour demeurer à flot en recherche, je n’oserais pas du tout imaginer ce qui se passerait à NYU.

Ce qui vaut à Columbia pour le coût de la vie, vaut aussi à NYU. Mon impression est que, même s’ils payaient eux aussi un salaire dans cette fourchette, NYU fait payer des frais afférents beaucoup plus élevés que ce qui se fait à Columbia; une chance que je n’ai pas appliqué à NYU (et pourtant j’y étais prenable)… Surtout quand on a des doctorants qui mendient dans les parcs new-yorkais, des frais usuriers cachés, on peut comprendre que NYU ne soit même pas dans le top-40 de la physique!

Pour plus d’information, visitez le nyufasp.com

How to use graduate study abroad as a tool for action

Si vous êtes un étudiant canadien ou européen qui désire se servir d’études supérieures à l’étranger en tant qu’action politique, il faut que vous complémentiez ce programme gradué avec d’autres moyens d’action. Tenez-le pour dit, aller à l’étranger pour des cycles supérieurs n’est pas une action en soi, même si les effets des coupures à la science vont évidemment se propager aux étudiants gradués. Vous me demanderez pourquoi je mentionne autant le cas canadien qu’européen. Si, depuis 2008, au Canada, le budget de la science a diminué de 14%, il ne faut pas oublier qu’il y a eu des coupures à tout bout de champ en Europe.

Ceci dit, vous pouvez toujours écrire aux instances concernées, comme les parlementaires, les organismes subventionnaires, les associations disciplinaires (par exemple l’ACP), faire des sorties dans les médias (même les médias étudiants) ou en ligne. Et, lorsque possible, prendre part à des manifestations. En période électorale, vous devez confronter les candidats sur les enjeux scientifiques.

J’avais précédemment mentionné que, si vous désirez utiliser des études à l’étranger pour des fins de protestation politique, vous devez faire attention au prestige disciplinaire ainsi qu’à votre propre dossier. (S’il s’agit de griefs de premier cycle, ou tout autre grief universitaire extérieur à la recherche, on parlera plutôt du prestige global de l’institution) Peut-être que ce serait différent dans le contexte d’autres disciplines et/ou en Europe, mais le consensus canadien, dans le contexte de la physique au niveau gradué, est que les universités américaines sont davantage conseillées.

Si vous ne visez pas les 15 meilleurs départements aux États-Unis, le prestige sous-disciplinaire, voire dans un sujet, entre en ligne de compte. (La plupart des étudiants qui se serviraient d’un PhD à l’étranger en tant que support pour l’action doivent être confortables avec l’aspect politique de l’opération avant de le faire) Prenons par exemple la cosmologie des particules à Minnesota vs. Notre Dame. Si on considère uniquement l’aspect prestige de la chose (je sais, il faut prendre les classements académiques avec un grain de sel; ce n’est réellement utile qu’au macro-niveau) alors Minnesota a l’avantage en termes de prestige autant physique (Minnesota est 22e ou 23e, je ne suis pas certain de où se place Penn State physiquement face à Minnesota; toutefois, je sais avec certitude que Minnesota n’est pas dans le top-20, mais 25e au pire, alors que Notre Dame est 49e) que cosmologique. Voici quelques suggestions par sous-discipline extérieures au top-15:

  • Matière condensée: Minnesota, Rutgers, Penn State
  • Optique: CU-Boulder, Rochester, Arizona
  • Nanoscience: Maryland, Rice, Northwestern
  • Nucléaire: Michigan State, Notre Dame, Duke
  • Particules: Stony Brook, Minnesota, Indiana
  • Gravitation quantique: Maryland, Penn State, Brown
  • Plasma: Floride, Wisconsin
  • Astrophysique: Ohio State, UCSC, Hawaii-Manoa
  • Information quantique: LSU, USC, Carnegie Mellon
  • Médical: Vanderbilt, Duke, Wayne State

Bien entendu, tout ceci ne valait réellement que pour les étudiants dits “pseudo-PGS D”. Un étudiant qui est à peine mieux que 3.0 appliquerait dans des départements de physique qui seraient susceptibles de faire douter du jugement physique de l’étudiant (à la place du jugement politique, ou peut-être même en sus du jugement politique). Finalement, il va sans dire que, lorsque vous faites vos interventions, il faut absolument que vous mentionnez les risques d’exode des cerveaux et que ça va affecter tout un chacun, même les étudiants gradués en devenir. Le risque devient plus concret pour les destinataires si vous mentionnez en plus votre destination dans vos interventions et le pourquoi vous effectuez ce choix.


If you are a Canadian or European student that desires to use graduate study abroad as political action, you have to complement this graduate program with other means of action. It has to be said that going abroad for graduate study is not an action in and of itself, even though the effects of science cuts will obviously trickle down to the graduate students. You will ask me why I mention both Canada and Europe. If, since 2008, the Canadian science budget was cut 14%, one must not forget that there have been cuts in Europe as well.

That said, you can always write to the concerned instances, such as elected parliamentarians, the field-specific associations (CAP for example), grant-funding agencies, make media interventions (even student media) or online. And, if possible, take part in protests. In electoral periods, you must confront the candidates about scientific issues.

I previously mentioned that, if you desire to go abroad for graduate school as a means of political protest, you have to pay attention to in-field prestige as well as your own dossier. (If you have undergraduate griefs to voice, or otherwise higher education grievances that are not research-specific, then change in-field prestige for school-wide prestige) Maybe it would be different in the context of other disciplines and/or in Europe, but the Canadian consensus, in the graduate physics context, is that American universities are better-advised.

If you do not aim for the 15 best physics departments in the United States, in-subfield, or even in-topic, prestige becomes important. (Most students that would use the attendance of a PhD program abroad as a support for action must be comfortable with the political aspect of the operation before carrying it out) Take for example particle cosmology at Minnesota vs. Notre Dame. If one only considers the prestige aspect of this comparison (I know, you must take academic rankings of all kinds with a grain of salt; it is actually only useful at a macro level) then Minnesota enjoys an advantage in terms of both physical prestige (Minnesota is 22nd or 23rd, I am not certain of where Penn State stacks up physically to Minnesota; however, I know for certain that Minnesota is not a top-20 school, but 25th at worst, while Notre Dame is 49th) and cosmological prestige. Here are a few suggestions by subfield exterior to the top-15:

  • Condensed matter: Minnesota, Rutgers, Penn State
  • Optics: CU-Boulder, Rochester, Arizona
  • Nanoscience: Maryland, Rice, Northwestern
  • Nuclear: Michigan State, Notre Dame, Duke
  • Particles: Stony Brook, Minnesota, Indiana
  • Quantum gravitation: Maryland, Penn State, Brown
  • Plasma: Florida, Wisconsin
  • Astrophysics: Ohio State, UCSC, Hawaii-Manoa
  • Quantum computing: LSU, USC, Carnegie Mellon
  • Medical: Vanderbilt, Duke, Wayne State

Of course, this entire list of suggestions mostly really were applicable to “near-PGS D” students. A student that barely clears 3.0 would apply to physics departments that would be susceptible to make someone doubt the student’s physical judgment (rather than political judgment, or even on top of political judgment). Finally, it goes without saying that, when you make your interventions, you must absolutely mention the brain drain risks and that it will affect a whole bunch of people, even prospective graduate students. The risk becomes more concrete to the eyes of the recipients if you mention your destination in your interventions and why you make that choice.

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La censure scientifique fédérale/Federal scientific censorship

J’avais régulièrement mentionné la politique scientifique civile du gouvernement fédéral comme la raison de pourquoi je serai appelé à fréquenter une université étrangère pour mon doctorat (Minnesota). Par le passé, je n’avais mentionné ça que de manière très brève sans détailler ou documenter quoi que ce soit. Avec deux sorties publiques en autant de jours, je suis un peu en retard pour écrire sur ce sujet.

La première sortie, effectuée par Steven Campana, un biologiste marin retraité du ministère des Pêcheries et Océans, révèle l’ampleur des problèmes de communication des scientifiques civils fédéraux: ils ne pouvaient même pas parler de comment déterminer l’âge des crevettes ou des homards et pourtant c’était une contribution qui pouvait aider à gérer les pêcheries… et c’est sans compter les budgets de voyage qui sont restreints, l’arbitrarité des permissions de communication et la capacité de recherche a diminué de manière drastique au point (selon lui) de non-retour.

La deuxième sortie, effectuée le lendemain par Katie Gibbs, confirme que le cas de monsieur Campana n’est pas isolé: 9 scientifiques fédéraux sur 10 sont victimes de musèlement. Et c’est sans compter sur la fermeture de bibliothèques scientifiques, de la région des lacs expérimentaux, des coupures en recherche fondamentale (14% depuis 2010 – ce chiffre a été mentionné par Gibbs lors de cette sortie et le chiffre en dollars constants de 2010 serait encore pire)…

Le parti libéral a Marc Garneau et, dans une moindre mesure, Stéphane Dion (bien qu’il ne s’entend pas tellement avec son frère Patrice, professeur d’agroalimentaire à l’université Laval, sur bien des dossiers, dans le dossier de la science civile, ils peuvent s’entendre), pour se porter garant du dossier scientifique civil. Quant aux Néo-Démocrates, on n’a pas tellement d’idée de qui peut se porter garant du dossier.

Voilà pourquoi mon vote ira à un ennemi des Conservateurs (indéterminé à ce stade-ci) cet automne. Et voilà tout ce que j’ai dénoncé lorsque j’ai écrit mes dernières lettres auprès de diverses instances (le bureau exécutif du CRSNG, mon député local, as well as Marc Garneau). J’estime que, en mentionnant mon départ vers Minnesota, les instances en question vont se rendre compte que l’exode des cerveaux, auquel je fais référence en tant que conséquence de ces politiques délétères dans toutes mes sorties relatives à la politique scientifique civile, est fondé sur quelque chose de concret.

Finalement, si vous sentez que la politique scientifique civile est un problème, je vous inviterais à voter contre les Conservateurs (localement, cela signifierait voter pour les néo-démocrates ou encore les libéraux ou, au Québec, pour les Bloquistes) cet automne. Et à écrire aux diverses instances (CRSNG, CNRC, vos députés locaux respectifs)…


 

I regularly mentioned the federal government’s civilian scientific policy as the reason of why I will attend a foreign university for my doctorate (Minnesota). In the past, I only briefly mentioned that without going into the details or documenting anything. With two public interventions in an equal number of days, I am a little late to write about this topic.

The first intervention, made by Steven Campana, a retired marine biologist from the Department of Fisheries and Oceans, reveals the magnitude of the civilian federal scientists’ communications problems: they couldn’t even talk about how to determine the age of shrimps or lobsters and it still was a contribution that could help manage fisheries… and that’s not counting restricted travel budgets, the arbitrariness of the communications clearances and, according to him, the research capacity that was diminished to the point of no return.

The second intervention, made the next day by Katie Gibbs, confirms that the case of Mr. Campana is not isolated: 9 federal scientists out of 10 are victim of muzzling. And there’s much much more to it: the closure of federal scientific libraries, the closure of the Experimental Lakes Region, basic research cuts (14% since 2010 – that number was mentioned by Gibbs in this intervention and the 2010-constant-dollars number is even worse)…

The Liberal Party has Marc Garneau and, to a lesser extent, Stéphane Dion (although he does not get along very well with his brother Patrice, an agrifood science at Laval University, on a large number of issues, in the civilian science issue, they can get along), to vouch for the civilian sciece issue. As for the New Democrats, we don’t have a clue as to who can take charge of the issue.

Hence why my vote will go to an enemy of the Conservatives (not determined at this stage) this fall. And this is all that I denounced when I wrote my last letters to various instances (NSERC’s executive office, my local MP, as well as Marc Garneau). I think that, by mentioning my departure for Minnesota, the instances in question will realize that brain drain, which I reference in every single intervention I make pertaining to civilian scientific policy, is based on something concrete.

Finally, if you feel that civilian scientific policy is a problem, I invite you to vote against the Conservatives (locally, it may mean voting for the Liberals or the New Democrats, or, in Quebec, for the Bloquists) this coming Fall. And to write to the concerned instances (NSERC, NRC, your respective local MPs)…

 

Plasma & phys-info

Hier soir, j’ai passé sur toute la gamme des émotions. Tantôt j’étais déçu que la décision finale ne soit pas prise demain dans le dossier de phys-info, tantôt j’estime que les gens de plasma sont tombés sur leurs têtes en proposant le programme suivant pour régler un problème à l’interne. Une chance que les gens à l’université Paul Sabatier, à Toulouse, ne sont pas au courant des véritables motivations montréalaises derrière ce projet bidiplômant en sciences et technologies des plasmas: une monnaie d’échange pour éliminer phys-info.

Projet de création-LITAP (en français seulement)

Un diplômé de ce programme aura 2 maîtrises pour le prix d’un seul mémoire: une maîtrise d’une université québécoise participante (Montréal, INRS) et une autre de l’université Paul Sabatier, auquel cas ce serait une bonne idée pour quelqu’un qui regrette de ne pas avoir fait un échange au premier cycle. Bien que ce projet semble desservir nos besoins de collaborations internationales, et que les étudiants puissent profiter de deux sources d’expertise pour le prix d’un, j’ai deux réserves à émettre.

  • La propédeutique, du côté des étudiants français. Il appert que la licence française ne va pas aussi loin dans la matière que le baccalauréat québécois; s’ils veulent être en mesure de suivre les cours gradués québécois dans le programme, ils auront de la propédeutique à faire avant d’y être fonctionnel.
  • L’aspect financier, autant du côté des étudiants québécois que des étudiants français. D’une part, on a 436 euros par mois pour 6 mois (qui est nettement insuffisante pour vivre avec à Toulouse sans voyager, et c’est très tentant de voyager pendant l’été) alors imaginez-vous la nécessité pour l’étudiant québécois d’obtenir la bourse de mobilité. D’autre part, on a la possibilité que les frais de scolarité des étudiants français pour la portion québécoise soient portés autour de ~9 000$ pour l’année au Québec, et vivre à Montréal avec 6 600$/an pour les dépenses de subsistance est impossible.

Je crois que, étant donné nos problèmes avec les étudiants gradués, et les problèmes engendrés par ce nouveau programme, ce programme de maîtrise serait un moindre mal entre ça et phys-info. Alors j’accepterais que ce programme soit implanté à la condition que le baccalauréat de physique-informatique soit éliminé. Se servir d’une nouvelle option dans un programme gradué comme monnaie d’échange pour éliminer un programme gênant de premier cycle me semblait, de prime abord, un peu bizarre, mais je n’oserais pas imaginer la tête de monsieur Leonelli lorsqu’il va entendre autant les profs de plasma que moi poser cette condition.


 

Last night, I went through the full range of emotions. I was at once disappointed that the final decision won’t be made tomorrow on the fate of phys-info, and that the plasma guys were crazy in suggesting the following program in an attempt to solve an internal problem. Luckily, the people at Paul Sabatier University, in Toulouse, are not aware of the real Montrealer motivations behind this dual-degree program in plasma science and technology: a trading chip to eliminate phys-info.

A graduate from this program will have 2 masters at the cost of a single thesis: a masters from a participating Quebec university (Montreal, INRS) and another one from Paul Sabatier, in which case it is a good idea for someone that regretted not going on a study abroad in undergrad. Although this project seems to address our needs for international collaborations, and that students will be able to take advantage of two expertise sources for the cost of one,  I have two reservations to make.

  • Preparatory coursework for French students. It appears that the Frehcn licence does not cover as much physical ground as the Quebecer bachelors; if they want to be able to take the Quebecer graduate courses in the program, they will have to complete preparatory coursework before they can be functional in a Quebec graduate classroom.
  • The financial aspect, for both French and Quebecer students. On one hand, one is paid 436 euros per month (which is grossly insufficient to live in Toulouse without traveling, and it’s very tempting to travel during the summer), then one can easily imagine that a Quebecer student would need to get the mobility grant. On the other hand, the possibility that French students’ tuition will be increased to ~$9,000 for the year in Quebec, and living in Montreal on $6,600 for a year of living expenses is impossible.

I believe that, given our problems with graduate students, and the problems engendered by this new program, this dual-masters degree program would be the lesser evil between this and phys-info. Thus I would accept that this program be implemented at the condition that the physics-computer science joint honors bachelors be eliminated. To use a new option in a graduate program as a trading chip to get rid of a cumbersome undergraduate program would, at first, seem a little weird, but I would not dare imagine Mr. Leonelli’s head when he will hear this condition coming from both the plasma professors and me.