Cycles supérieurs et autisme, partie 2/Graduate study and autism, part 2

Dans tout ce qui peut faire qu’un étudiant gradué puisse ultimement réussir, ou pas, au stade de la recherche, il y a un tas de facteurs, dont la personnalité de l’étudiant, celle du superviseur, l’équipement, le financement, pour ne nommer que les principaux. Et certainement des facteurs stochastiques, qui sont hors de contrôle de l’étudiant ou de son superviseur.

Mais, malgré la vaste diversité des personnalités des étudiants autistes, il y a deux extrêmes facilement reconnaissables en termes de leur trajectoire, qui peuvent être exacerbés par l’autisme. Je n’ai peut-être pas rencontré tant d’étudiants gradués autistes que cela, mais, si un superviseur a suffisamment d’expérience de supervision d’étudiants gradués, il doit en avoir pris au moins un de chaque type (même si l’étudiant qui correspond à cette description peut être neurotypique) au cours de sa carrière – ici le laboratoire est un terme générique qui désigne tout ce qui a trait à la recherche:

  • Un étudiant qui excellait dans les cours, mais qui était assez mauvais en laboratoire. J’ai parfois l’impression qu’on peut détecter plus rapidement des cas de ce type en Amérique du Nord, exception faite des mathématiques pures, parce qu’on a tendance à accorder plus rapidement une chance à un bachelier de faire de la recherche, ne serait-ce que pour un seul été. De plus, les étudiants autistes susceptibles de se retrouver dans cette catégorie semblent souvent être des étudiants qui ont du mal à passer d’un environnement structuré à un environnement peu structuré. Ils peuvent plus aisément passer au travers des mailles du filet en mathématiques pures au niveau de la maîtrise.
  • Un étudiant qui se révèle en laboratoire après un parcours cahoteux en classe. Les cahots d’un tel parcours arrivent souvent, dans le cas d’un étudiant autiste, parce qu’un tel étudiant a de la difficulté à se motiver dans un cours donné pour une quelconque raison. Un étudiant autiste susceptible de se retrouver dans cette catégorie serait surtout un étudiant qui peut tirer parti du desserrement de la structure pour passer des périodes prolongées à travailler sur les sujets de leur choix.

Among all that can play into whether a graduate student ultimately succeeds, or not, at the research stage, there are a lot of factors, such as the student’s personality, that of the supervisor, the equipment, funding, to name only the main ones. And certainly stochastic factors, which are out of the control of the student or the supervisor.

But, despite the vast diversity of autistic students’ personalities, there are two easily recognizable extremes in terms of their trajectories, that can be exacerbated by their autism. I may not have met that many autistic graduate students, but, if a supervisor has sufficient experience of supervising graduate students, one has taken on at least one of each type (even if the student that met the description may be neurotypical) in one’s career – here laboratory is a catch-all term designated all things research-related.

  • A student who excelled in coursework, but was not so great in the laboratory. I sometimes have the impression that such cases can be detected earlier in North America, with the exception of pure mathematics, because there is a tendency to give a chance to an undergraduate to do research earlier, if only for a single summer. In addition, autistic students susceptible to end up in this category often seem to be students that have trouble adjusting from a highly structure environment to a less-structured one. They can more easily slip through the cracks at the masters level in pure mathematics.
  • A student who blossoms in the laboratory after a rather bumpy road in class. The bumps in such a background often happen, in an autistic student’s case, because one such student has difficulty to motivate oneself in a given course for some reason. An autistic student likely to end up in this category would primarily be a student that can take advantage of the looser structure to work on their favorite topics for extended periods at a time.

Les TSA et la vie après l’université/ASDs and post-college outcomes

Ce qui suit est une traduction d’un courriel que j’ai envoyé à des intervenants du monde autistique:

Après avoir lu l’article Science, Technology, Engineering, and Mathematics (STEM) Participation Among College Students with an Autism Spectrum Disorder, j’en suis arrivé à la conclusion que non seulement il y a une diminution brusque des services pour la population autiste une fois qu’ils sortent de l’école secondaire (quoique la hauteur de la “falaise” tend à diminuer un peu), il y a également un manque criant d’information sur leur devenir après l’université. Parfois il semblerait que l’intérêt sociétal envers les TSA se limite aux gens d’âge scolaire, probablement parce que les méthodes de diagnostic les plus fiables sont davantage utilisés en bas âge.

Ainsi, je suspecte fortement qu’une portion des statistiques du chômage et de sous-emploi qu’on entend régulièrement dans le contexte de diplômés universitaires peut ne pas tenir compte des gens avec des handicaps, et certainement les TSA.

Ceci étant dit, on sait également que certains étudiants talentueux avec des TSA vont s’essayer aux cycles supérieurs.

P.S.: Je comprends que le financement de la recherche sur l’autisme se concentre beaucoup trop sur le caractère biomédical des TSA. Vous comprenez aussi bien, sinon mieux que moi, que les défis des TSA ne s’arrêtent pas à la remise d’un diplôme de premier cycle, et continuent aux cycles supérieurs. J’ai également l’impression que les défis autistiques des études supérieures sont différents des défis des bacheliers, non seulement en termes de services de santé mentale, mais également en termes de besoins autistiques. Et, malheureusement, c’est l’aspect le moins connu de l’autisme face à la scolarité.

Je répète un peu ce qui a été dit dans le dernier billet, mais on peut également s’imaginer des étudiants gradués autistes qui éclosent une fois arrivés à la phase de recherche (à la maîtrise comme au doctorat) après des années plus ou moins difficiles en classe. Un peu, comme le dirait Mottron, comme ces cas de dépression chez des autistes adolescents dont leur état de santé s’est amélioré “presque instantanément” une fois retirés du milieu scolaire, pouvant alors passer tout leur temps dans leur intérêt spécial.


What follows is an email I sent to several experts of the autistic world:

After reading the paper Science, Technology, Engineering, and Mathematics (STEM) Participation Among College Students with an Autism Spectrum Disorder, I came to the realization that not only there is a cliff in services for the autistic population once they get out of K-12 schooling (although the height of the cliff tends to decrease somewhat) there is also a cliff in information about their post-college outcomes. Sometimes it seems as if societal interest in ASDs is confined to K-12-aged people, probably because the most reliable diagnosis methods are used most at a young age.
As such, I highly suspect that part of unemployment and underemployment statistics we hear about in the context of college graduates may fail to take in account those with disabilities of all kinds, and certainly ASDs.
That said, we also know that some talented college students with ASDs will try their hands at graduate school. You probably understand as well, if not better, than I do (disclaimer: I myself have an ASD), that the challenges of ASDs do not stop once they graduate from college, and continue well into graduate school. I also have the impression that the challenges of graduate school are different from that of undergraduates, not only in terms of mental health services but also in terms of autistic needs. And, unfortunately, it seems to be the most poorly understood area of how autism spectrum disorders relate to schooling.
P.S.: I understand that autism research funding is, unfortunately, too focused on the biomedical aspect of ASDs.
I repeat what was said in the last post, but one can also imagine autistic graduate students that blossom once they arrive at the research stage (masters or PhD) after rather rough years in the classroom. A little bit, as Mottron would say, like these depression cases among adolescent autistic people whose mental health improved “almost instantly” once they were taken out from school, then spending all their time in their special interest.

Confessions of a Grad School Dropout

J’ai commencé à lire Confessions of a Grad School Dropout (en version électronique) quand j’ai commencé à avoir des problèmes de santé mentale. Admettons que le livre ne m’a pas beaucoup aidé mais ce livre regorge d’histoires d’horreur de toutes sortes: des superviseurs exploiteurs, des suicides d’étudiants gradués, des problèmes de santé mentale étant les principaux.

S’il est d’une leçon que je peux tirer de ce livre-là, c’est que, même si on croit souvent (à tort) que les décrocheurs doctoraux sont moins bons que ceux qui finissent, ce n’est pas le cas en réalité. (Plus de détails disponibles sur demande) Finances, blessures, mauvaise relation entre le superviseur et l’étudiant, situation familiale, renvoi (ou mort) d’un superviseur, emploi offert avant la fin… tout ça peut affecter un étudiant peu importe son niveau de talent.

Le seul hic: l’on présume trop vite à travers l’ouvrage que, quand on parle de programmes gradués, on parle de programmes gradués de recherche. Ainsi, la plupart des éléments du portrait sombre que le livre dresse des études aux cycles supérieurs a trait à la recherche ou la transition des cours vers la recherche. L’on fait très peu de cas de programmes gradués de type “cours” sauf que l’auteure a abandonné un PhD en psychologie pour poursuivre un programme de ce type par la suite parce qu’elle détestait l’univers de la recherche académique. Malgré cela, c’est un livre que je recommande si vous songez sérieusement à abandonner un programme gradué, à condition que ça soit un programme de recherche.

P.S.: En psychologie, on dit souvent à tous ceux qui rêvent d’un PhD (surtout si on rêve de psychologie clinique) de prendre la première offre venue parce que c’est souvent la seule offre qui viendra. Comme je suis un physicien, je ne me suis pas tellement attardé aux détails spécifiques à la psychologie.


 

I started to read Confessions of a Grad School Dropout (in electronic version) when I started to have mental health problems. Let’s say that the book did not help me that much but that book is chock-full of horror stories of all kinds: exploitative research supervisors, graduate student suicides, mental health problems being the main ones.

If there is one lesson that I can take away from the book, it is that, even though one often believes (wrongly) that doctoral dropouts are not as good as those who finish, it is not actually the case. (More details available on demand) Finances, injuries, bad relationship between the supervisor and the student, firing (or death) of a supervisor, a job offered before the end… all of this can affect a student regardless of his/her talent level.

The main flaw is that the book assumes that, when one talks about graduate programs, one talks about research graduate programs. Thus, most elements of the dark picture depicted in the book about graduate studies has to do with research or transitioning from coursework to research. There is very little information about coursework-based graduate programs except that the author dropped out of a psychology PhD to pursur a program of that type later because she hated the world of academic research. Despite this, this is a book that I recommend if you seriously think about dropping out of a graduate program, at the condition that it is a research-based program.

P.S.: In psychology, it is often said to everyone that aspires to a PhD (especially in clinical psychology) to take the first offer and run because it is often the only one that will come. As I am a physicist, I was not hung up on the psychology-specific details of the book.

Confessions d’un étudiant à risque/Confessions of an at-risk student

Ce billet est à propos du risque que je cours de potentiellement décrocher d’un PhD de physique (à l’Université du Minnesota) après une session. (Un peu tôt dans le programme, je le reconnais) Au début, j’avais peut-être un peu trop confiance dans ma capacité à terminer le programme, je pensais être au même niveau que les autres dans la cohorte, je pensais que, comme des étudiants passés à mon niveau pouvaient fréquenter ce département et y obtenir leurs doctorats respectifs (environ 80% des gens qui fréquentent Minnesota pour un PhD en physique finissent par y obtenir ledit doctorat), que je pouvais en faire de même. Pour autant que je reconnaisse qu’il ne s’agisse en aucun cas d’un manque de talent quelconque de ma part, je suis candide en disant que le problème que je décris là aurait pu arriver n’importe où ailleurs (e.g. Notre Dame) et que les déclencheurs peuvent se produire de nouveau.
Il se peut fort bien qu’une gamme de personnalités (vaste comment, je l’ignore) était davantage convenable pour un programme PhD, mais j’avais une crise de nerfs quand j’avais reçu les devoirs de cette semaine: 16/25 et 21/30 en physique classique et en mécanique statistique respectivement, et le pire dans tout ça est que les deux devoirs portaient sur de la matière de niveau bac pour moi. Je me disais que la seule amélioration possible arrivera une fois que les cours sont terminés, dans environ deux ans, si je reste. Peut-être qu’un 16/25 ou un 21/30 serait moins douloureux si le reste de la classe avait autant de difficultés et/ou les devoirs portaient sur de la nouvelle matière (cependant, un 8.5/10 en mécanique quantique avancée, en comparaison, est le paradis, et j’ai réellement obtenu cette note) mais tomber dans un trou dans un devoir qui couvre de la matière de 1er cycle me ferait sentir que ma place dans ce programme doctoral est une preuve d’habileté passée au mieux.
J’entends régulièrement parler du syndrome de l’imposteur, mais pour autant que je reconnaisse mes succès passés, j’ai l’impression d’avoir régressé depuis mon dernier succès significatif (la finale du tournoi de posters de l’ACP) en physique. Mais je ne blâme aucunement ma charge de TP pour ça.
I usually feel better about poor positional performance si ma performance absolue était satisfaisante, ou une mauvaise performance absolue si ma performance relative était satisfaisante. Mais quelqu’un doit bien être au fond d’une cohorte pour un devoir donné et ça se trouvait à être moi dans ce devoir de physique classique. Des crises de nerfs de ce type se reproduiront, et je crois que mon instabilité émotive face aux devoirs va prouver à être l’objet qui va me rendre incapable de terminer le programme. Pour cette raison, je ne crois pas être de taille pour un PhD [avec une portion cours], bien que mon expérience de recherche passée me dit que la partie recherche ferait que j’aille mieux que dans la partie cours, à cause de la barrière des cours.
Il se peut que les profs qui font la recherche que je désire font attention aux notes, ainsi que la performance sur le pré-doc écrit, pour choisir quels étudiants prendre.

This post is about possibly dropping out of a physics PhD program (at the University of Minnesota) after one semester. (A little early in the program, I know) At the beginning, I was overconfident about my own ability to finish the program, I thought I was the same as everyone else in my class, I thought that, since past students at my level of ability attended, and graduated from, that very department (about 80% of all students that ultimately attend Minnesota for a physics PhD, will get said PhD), I could do so as well. As much as I would like to think that it isn’t an indictment of any lack of ability on my part, I am candid in saying that the issue I am about to describe could have happened anywhere else (e.g. Notre Dame) and that the triggers would happen again.
It may well be that people within a range of personalities (how wide however, I don’t know) may be more suitable for a PhD program than I was, but I had a nervous breakdown when I got this week’s assignments back: 16/25 and 21/30 in classical physics and statistical mechanics respectively, and the worst part was that both assignments were on material that were undergraduate-level to me. I told myself that the only solace will come when the coursework will be over, that is, about two years from now, if I stay. Perhaps 16/25s or 21/30s would feel less painful if the rest of the class struggled to similar extents and/or these assignments were about new material (however, a 8.5/10 in advanced quantum mechanics, in comparison, is heaven, and I actually got that grade), but underperforming in an assignment covering undergraduate material would make me feel that my place in that graduate program was proof of past ability at best.
I often hear about impostor syndrome, but as much as I would take credit for my past successes, I feel that my skill may have vanished since I last had any significant measure of success (being a finalist in a student scientific poster contest) in my field. But I know better than to blame my TA duties for this.
I usually feel better about poor positional performance if my absolute performance was satisfactory, or about poor absolute performance if my positional performance was satisfactory. But someone has to be at the bottom of the class for a given assignment and it happened to be me for that particular classical physics assignment. Nervous breakdowns of that type will happen again, and I think my emotional instability in the face of homework assignments will finally prove to be the one item that renders me unable to complete the program. For this reason, I do not feel I am cut out for a PhD program, despite past research experience telling me that research would probably make me feel better than coursework, thanks to the coursework bottleneck.
It could be that the faculty doing the research I want would look at grades, performance on written comps (GWE) when selecting students to take on.

Les pairs physiques de Minnesota/Minnesota’s physical peers

Pour ceux qui ont passé le GRE de physique la semaine dernière, attendre trois semaines de plus pour vos résultats peut être de la torture. Néanmoins, je présume que certains parmi vous avez déjà commencé à chercher des départements de physique pour des superviseurs potentiels et, de là, à écrire vos lettres de motivation et à demander trois lettres de référence. Si vous êtes de niveau pour Minnesota, alors vous pouvez prétendre à une place à n’importe laquelle (sauf dans les cas de Washington, UCSD/LA, auquel cas faites très attention si vous êtes un étudiant dépourvu de la citoyenneté états-unienne) dans cette liste pourvu que le sujet de recherche y soit au rendez-vous. Parce que, voyez-vous, les seules véritables différences substantielles entre Minnesota et ces départements de physique, en tant que programmes gradués, sont des différences liées aux sujets de recherche, plus qu’une réelle différence dans la qualité générale de la formation ou de la recherche.

Vous pourriez argumenter que Stony Brook, Rutgers ou Carnegie Mellon, ou encore Brown et Duke, sont des pairs physiques (vers le bas), mais vous pourriez également argumenter, vers le haut, pour Michigan, Yale (du moment que vous quittez les particules expérimentales) ou Columbia. Et ce, tout en sachant que ni Ohio State, ni Northwestern en sont à présent. Faites très attention à ne pas confondre le prestige global d’une université avec son prestige physique et ce, même si vous êtes absolument certain de ne rien vouloir savoir d’un emploi en R&D, même en industrie! (auquel cas peut-être qu’un PhD n’est peut-être pas pour vous) J’ai commis cette erreur et j’en ai probablement payé le prix fort, même si je l’ai fait plus ou moins pour couvrir mes arrières à la sortie, tout en tenant compte de la confiance que j’avais à l’époque de pouvoir aller jusqu’au bout d’un PhD.


 

For those who took the physics GRE last week, waiting three more weeks for your results can be torture. Nevertheless, I assume that some of you have already started looking into physics departments for prospective supervisors and, from there, write your personal statements and to ask for three letters of recommendation. If you are competitive for Minnesota, then you stand a chance at any of the following departments (except in the cases of Washington, UCSD/LA, in which case be very careful if you do not possess US citizenship) on this list as long as your research topic is there. Because, you see, the only real substantive differences between Minnesota and these physics departments, as graduate programs, are differences that stem from them pursuing different topics, more than any real difference in the overall educational or research quality.

You can make a case for Stony Brook, Rutgers or Carnegie Mellon, or even Brown and Duke, being physical peers (from the bottom), but you may also argue, from the top, for Michigan, Yale (as long as you stay outside of experimental particle physics) or Columbia. And all the while knowing that neither Ohio State, nor Northwestern are peers at present. Be very careful not to confuse the university-wide prestige with the physical prestige, even if you are absolutely certain not to desire a R&D job, even in industry! (in which case maybe a PhD isn’t for you) I made that mistake and I probably paid the price, even if I did so more or less to cover my backs at graduation, while taking into account the confidence I had back then to carry a PhD to completion.

Le purgatoire doctoral/The PhD purgatory

Je présume que ce que je m’apprête à vivre n’aurait pas été très différent, en termes strictement académiques, de ce qui se passerait à Notre Dame (ou UPenn/Columbia, si j’avais pu y être admis): des cours, le pré-doc écrit, des tâches de TP. Ça s’annonce assez rock and roll. J’ai tout de même été capable de résoudre quelques questions d’anciens pré-docs écrits à Minnesota, malgré ma préparation inadéquate qui a fait en sorte que je n’ai pas fait le pré-doc écrit hier et avant-hier.

Seulement, on dit souvent que ça va beaucoup mieux une fois que la transition vers la recherche est amorcée. Vous avez une meilleure idée de votre sujet de thèse, vous avez plus de contrôle sur votre rythme de travail, les cours sont plus bonbons à mesure qu’ils deviennent plus avancés. Par contre, suivant cette logique, les plus belles années d’un doctorat seraient les années dites “ABD”, i.e. les années après la fin des cours et du pré-doc oral (ou du pré-doc oral seul en Europe), auquel cas on parlerait de la deuxième moitié d’un doctorat. Néanmoins, ce sont tout de même des années difficiles, en termes des tâches à effectuer.


 

I assume that what I will soon live would not be very different, in strictly academic terms, from what would happen at Notre Dame (or UPenn/Columbia, if I could be admitted there instead): some coursework, written quals, TA assignments. It is forecast as rather rough and tumble. I was still capable of solving some old Graduate Written Exam questions at Minnesota, despite my inadequate preparation that made it so that I did not take the GWE yesterday and two days ago.

Only, it is often claimed and said that a PhD gets a lot better once the transition towards research has started. You have a better idea of your dissertation topic, you have greater control over your working schedule, the coursework is more lenient as they get more advanced. However, following that logic, the best years of a PhD would be the ABD years, i.e. the years after the end of coursework and the oral quals (or the oral quals alone in Europe) in which case one would be talking about the second half of a PhD. Nevertheless, these are still difficult years, in terms of the actual work carried out.

Carnets de thèse

Depuis qu’une thésarde dans mon propre département de physique m’a montré les 8 premières pages d’une bande dessinée de Tiphaine Rivière, Carnets de Thèse, je n’ai cessé de lire et de relire ces 8 premières pages, ainsi que des fragments du reste de la bande dessinée, qui se veut une version non seulement européenne de PhD Comics, mais aussi adaptée au monde des humanités.

Ceci dit, il y a deux aspects que je trouvais absolument absurdes: on dit que Jeanne Dargan, la protagoniste au PhD en littérature à Paris-Sorbonne Nouvelle (ou Paris-III), est apparemment sans financement, mais je crois qu’ici financement voulait dire l’un ou l’autre d’entre une “charge de TP” (suivant la définition nord-américaine du terme) une bourse ou un assistanat de recherche. Néanmoins, je considère qu’il s’agit là d’une thèse financée, quoique pas par les moyens habituels (TP, RA, bourse) car elle travaille à titre d’adjointe administrative à l’intérieur de l’université.

Seulement, si Jeanne, par un cruel coup du sort, avait non seulement voulu couper les ponts avec l’enseignement de niveau collégial français dans les ZEP, mais aussi avec le système universitaire français (les programmes PhD français exigent d’abord de détenir une MA de recherche, lui-même requis pour enseigner au lycée, au collège ou même au primaire) pour son doctorat, et qu’elle avait fait ces entourloupettes pour finalement aboutir à Minnesota avec le même projet (Le motif labyrinthique dans la parabole de la loi du Procès de Kafka) alors il y aurait eu des conditions à ce travail. Je n’ai aucune idée de si cela peut se faire dans la pratique, mais supposons que cela soit possible. Le cas échéant, elle aurait reçu 18 000$US pour un an de travail (je gagnerai ~35% de plus qu’elle); pendant les 9 mois où les bacheliers ont leurs cours, elle aurait travaillé 20 heures par semaine à ce titre, pour 15 000$ pendant cette période, et moins pendant l’été, soit 3 000$ pour l’été.

Et le deuxième aspect que je trouvais absurde était le nombre trop-élevé-pour-être-vrai d’étudiants gradués à la charge du superviseur à Jeanne, Alexandre Karpov, c’est-à-dire 34 étudiants au PhD et 78 à la MA de recherche. Pour être honnête, les réalités de l’encadrement d’étudiants gradués peuvent faire que, passé un certain point, l’ajout d’un étudiant supplémentaire puisse rendre l’encadrement de tous les autres inadéquat assez rapidement et à 112 étudiants gradués, on a largement dépassé ce point-là, encore plus quand on parle de superviser 2 étudiants de maîtrise pour 1 doctorant.

Sinon, dans l’ensemble, le contenu auquel j’ai eu accès semble assez bien refléter l’univers des étudiants gradués, autant dans les humanités que dans les sciences de la nature (lorsqu’une planche est applicable sans égard à la discipline)


Since a doctoral student in my own physics department showed me the first eight pages of a comic book by Tiphaine Rivière, Carnets de Thèse (in French), I didn’t stop re-reading these first eight pages, as well as other fragments of the comic book, which is meant to be not only an European version of PhD Comics, but also adapted to the humanities.

That said, there are two aspects that I found to be absolutely absurd: it is said that Jeanne Dargan, the protagonist undertaking a PhD in literature at Paris-Sorbonne Nouvelle (or Paris-III), is apparently without funding, but I believe that here funding means one of the following: a teaching assistantship (under the North American definition of the term) a fellowship or a research assistantship. Nevertheless, I consider that her thesis is funded, although not by the usual means  (TA, RA, fellowship) because she works as an administrative assistant in the university.

Only, if Jeanne, by some cruel trick of fate, not only wanted to cut ties with French middle schools (collèges) in high-need areas, but also with the French university system (French PhD programs ask one to complete a research-based MA first, itself required to teach at a K-12 level) for her PhD, and that she did all the legwork to end up at Minnesota with the same project (The labyrinthine pattern in the parable of the law in The Trial of Kafka) then there would be conditions attached to this job. I have no idea whether it would be actually be possible for her to do so in practice, but suppose that it is possible. In that case, she would have been paid US$18,000 for a year of work (I will earn about ~35% more than her); during the 9 months where undergraduates would have their courses, she would have worked 20 hours per week as an administrative assistant, for $15,000 during this period, and less during the summer, for $3,000 during the season.

And the second aspect that I found absurd was the too-large-to-be-true number of graduate students supervised by Jeanne’s supervisor, Alexandre Karpov, that is, 34 doctoral students and 78 masters students. To be honest, the realities of advising students can mean that, past a certain point, adding one extra student may render the advising of all the others inadequate rather quickly and, with 112 graduate students, that point is way past, even more when we’re talking about supervising 2 masters students for 1 doctoral student.

Otherwise, all in all, the content that i could access seems to reflect pretty well the world of graduate students, in humanities as well as in the natural sciences (when a page is applicable regardless of the field)

Research offerings vs. undergraduate choices

Now that you have narrowed down your undergraduate choices to a short list of institutions to attend (assuming you got at least two offers), the time has come to compare the schools you got offers from, in terms of academics and otherwise, unless you applied early decision, in which case this really is something you should do before confirming an early decision application.

One aspect that may come across as paying too much attention to the details would be to pay attention to research activity in your field(s) of interest. Of course, this is going to affect what research opportunities you will have access to internally, as well as upper-division electives and hence what you will get out of your degree. Also graduate applications are written with research fit as the centerpiece. But don’t go too deep into debt, though, since you’ll only likely feel the difference academically in the last two years of undergrad.

Information session, thesis-writing

First things first, I gave the information session, which was aimed at second-year undergraduates eyeing graduate study abroad. Of course, they realized that I was strongly biased towards US schools, but I tried my best not to sound as if I was doing advertisements for Ivy League schools, specifically UPenn and Columbia. They realized how complicated it was to apply for graduate school in general, at least vis-à-vis undergraduate processes that are, for them, painless when it comes to liberal arts or pure sciences. At least I was being transparent…

Then comes actual thesis-writing. I got nothing done in the lab this week but I spent the better part of 3 days building on the file I called the “inventory”, which began way back in the summer as the compendium of what I really did in the research project, but I realized by now that, if I could expand on the literature review that preceded the actual work, I could make a thesis out of it.

The joys and challenges of advising undergraduates

Now that I am the go-to guy at my undergrad for all questions pertaining to graduate study in the US, I came to realize that, in fact, top students are not necessarily easy to advise. Sure, for me, it allows me to keep in touch with the undergraduates, beyond my duty as an applied abstract algebra grader, but the only ones that actually came to me to this end were strong enough to be at risk of becoming ego-boost students. Most students were turned off by direct PhD passage, claiming that it’s too big a commitment for a student, without any long-term research experience.

They’re just different from their less-accomplished peers; sometimes top students are more aloof, regardless of whether or not they are ego-boost students. Sometimes I have to remind them that they can’t bank on their achievements (and hard work) alone, and that a B plan is necessary. For entering undergraduates, however, advising is directed not at getting them in grad school, but in getting them internships. This is a little more straightforward than for grad school advising, as it usually means finding an area of research and then contact the professor to this end, since it’s usually OK to do a summer internship internally. This is perhaps a little limited but this is what I got to say:

  • Don’t hesitate to take an appointment with a professor for a summer internship, but ask an appointment to this end only late in the fall semester or at the beginning of the winter semester
  • At some point you will be asked for your credentials, if you demonstrated your motivation in front of the professor; don’t mention your grades before then
  • You may well be well-motivated to do a subject, but check whether the professor have any preferences with respect to the background required
  • Theorists (in STEM disciplines) usually don’t like rising sophomores very much because a summer internship doing theoretical research as a rising sophomore usually doesn’t yield much more than a summer doing readings. However, if you’re well-motivated, and have the background, they can be happy to support you through external funding applications for summer undergraduate research experiences (REU in the US, USRA in Canada, and so on, so forth).