Les pyramides de Ponzi doctorales/Doctoral Ponzi schemes

Certaines personnes prétendent que le PhD, de manière générale, est une pyramide de Ponzi, ou le niveau le plus bas d’une pyramide de Ponzi. Par contre, en tant qu’activiste, je suis prêt à dire qu’il y a pyramide de Ponzi et pyramide de Ponzi, selon les disciplines et la qualité du programme doctoral. Certains des plus critiques envers la structure de la formation scientifique de niveau gradué prétendent que bien des programmes gradués, et en particulier doctoraux, sont là d’abord et avant tout pour fournir des assistants de recherche ou des auxiliaires d’enseignement au rabais pour une université plutôt que de faire un véritable développement de talent scientifique. Il va néanmoins de soi que ce ne sont pas tous les programmes gradués qui sont des pyramides de Ponzi.

En premier lieu, on parlera de pyramide de Ponzi de niveau TP pour les cas les plus lourds. Bien souvent, les programmes gradués accusés d’être une source d’auxiliaires d’enseignement au rabais pour leurs universités respectives, si doctoraux, ont des taux d’attrition élevés dans les premières années du programme en plus d’avoir des placements indésirables. La vérité est plus compliquée dans le cas de programmes de maîtrise mais sans aucun doute que le salaire d’un auxiliaire d’enseignement est plus faible que celui d’un chargé de cours.

De telles pyramides de Ponzi sont souvent associées aux disciplines avec peu de financement de recherche mais peu de chargés de cours disponibles. Pour cette raison, les pyramides de Ponzi de niveau TP sont associées principalement, au niveau doctoral, aux programmes les plus douteux en mathématiques pures. Parfois il y a des programmes dans les humanités qui offrent des charges de TP à quart-temps seulement, auquel cas il y a une facture résiduelle de frais de scolarité à payer, et ceux-là peuvent également être considérés comme des pyramides de Ponzi de niveau TP.

Et, les cas qui font face à des accusations moins graves, et par ricochet comprennent beaucoup plus de départements (à travers presque toutes les disciplines et plus particulièrement en génie, où il y a peu d’auxiliaires d’enseignement et de chargés de cours mais du financement, ou dans les humanités, où il y a peu d’argent mais beaucoup de chargés de cours) que la première catégorie des pyramides de Ponzi doctorales. Les pyramides de Ponzi de niveau RA sont accusés d’être une source d’assistants de recherche à la place d’être une source d’auxiliaires d’enseignement, tout en étant encore incapable de fournir un réel développement scientifique à ses étudiants. Là par contre le principal signe est non pas l’attrition mais les placements à la sortie.

Pourquoi je place les programmes douteux dans les humanités dans cette catégorie? La nécessité de conférer des doctorats pour garantir la stabilité d’un tel département est souvent un impératif de recherche plus que les charges de TP, car les chargés de cours dans ces disciplines pullulent. Et, plus que dans toute autre discipline (droit exclu), la corrélation entre le prestige disciplinaire et les placements à la sortie est grande, alors de tels programmes y sont faciles à identifier. Je vous conseille donc fortement de demander auprès des programmes de votre choix tout ce qui a trait au placement qui soit possible de rendre public avant de prendre une décision de fréquentation.

P.S.: Je ne devrais pas parler d’erreur de justice quand on parle d’injustice dans la correction des devoirs; ce terme serait probablement plus approprié pour une cour d’appel.


Some people claim that a PhD, generally speaking, is a Ponzi scheme, or the lowermost level of a Ponzi scheme. However, as an activist, I can say that there is Ponzi scheme and Ponzi scheme, depending on the disciplines and the quality of the doctoral program. Some of the harshest critics of the graduate-level scientific training structure claim that many graduate programs, and doctoral in particular, are there to stock a teaching assistant (TA) or research assistant (RA) roster on the cheap for their respective universities rather than to offer any real development of scientific talent. It goes without saying that not all graduate programs actually are Ponzi schemes, or the lowermost level thereof.

First, we will talk about TA-level Ponzi schemes for the most egregious cases. Oftentimes, the graduate programs accused of being a basement-level bargain source of teaching assistants for their respective universities, if doctoral, have high attrition rates in the first few years of the program on top of having questionable placement records. The truth is far more complicated for masters programs but there is no question that the salary of a teaching assistant is lower than that of an adjunct professor.

Such Ponzi schemes are often associated with disciplines with little research funding but with few adjuncts available. For this reason, TA-level Ponzi schemes are primarily associated, at the doctoral level, with the most questionable graduate programs in pure mathematics. Sometimes there are humanities programs that offer quarter-time TA positions, in which case there is a residual tuition bill to pay, and these programs can also be considered TA-level Ponzi schemes.

And the cases that face less severe charges and, by extension comprise a lot more departments (across virtually every field and engineering in particular, where there are little teaching assistants but funding is definitely there, or humanities, where there is little research money but a truckload of adjuncts) than the first category of doctoral Ponzi schemes. RA-level Ponzi schemes are accused of being a source of basement-level bargain research assistants, rather than teaching assistants, while still being unable to provide any real scientific talent development to its students. In that case, however, the primary sign is not so much attrition but their post-graduation placement records.

Why am I placing questionable programs in the humanities in this category? The necessity of awarding PhD degrees to ensure the existence and stability of one such department is often a research imperative rather than a teaching imperative, especially since adjuncts in these disciplines abound. And, more than any other discipline (law excluded) the correlation between disciplinary prestige and post-graduation placements is great, therefore such programs are easy to identify. I thus strongly advise to ask to the programs of your choice to ask for all the information that can publicly be made available to post-graduation placement before making an attendance decision.

P.S.: I shouldn’t talk about a miscarriage of justice when one talks about injustice in homework grading; this term would probably be more appropriate in an appellate court.

Précautions doctorales/Doctoral precautions

Je comprends que les divers personnages impliqués dans la recherche scientifique civile déplorent des coupures dans toutes les directions, et que, dans les humanités, les sciences humaines et, dans une moindre mesure, en mathématiques pures, les étudiants gradués semblent être embauchés (ou admis, dépendant de la vision qu’on adopte) pour donner des séances de TP plus que pour réellement développer du talent scientifique. Ce qui peut donner l’impression à tout un chacun que les programmes gradués sont des pyramides de Ponzi. D’où l’impression de crise, mais il y a bien d’autres choses à faire avant de diminuer l’entrée d’étudiants gradués!

Bien qu’un accroissement du financement scientifique civil soit souhaitable à bien des égards, il faut faire attention à la capacité du marché du travail à absorber le flux d’étudiants gradués entrants et sortants, tout en sachant bien que c’est difficile de déterminer la véritable demande pour du personnel hautement qualifié dans certaines disciplines. Oh, c’est sûr, certaines disciplines, comme la physique, ont des débouchés diversifiés mais ce n’est pas toujours évident pour les employeurs de savoir ce qu’on peut réellement faire avec ça. Bien qu’on ne pourra jamais totalement se départir de la dépendance aux étudiants gradués en recherche, il faut diminuer cette dépendance pour que l’argent soit utilisé à bon escient à l’avenir.

Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas bon d’augmenter (ou même de diminuer) la cadence de production de personnel hautement qualifié tant et aussi longtemps qu’on n’a pas fait un effort de bonne foi pour bien informer les étudiants actuels des possibilités d’emploi à la sortie, surtout extérieures à l’acadème, ce qui est, encore de nos jours, tristement inadéquat. Si une diminution est nécessaire, une approche graduelle est nécessaire même si la solution du problème risque d’être plus longue. Pour commencer, seulement 1 détenteur de PhD sur 6 deviendra professeur d’université. Et ça, c’est dans les sciences physiques fondamentales; dans les humanités, les chiffres sont un peu mieux (si on peut appeler ~35% un peu mieux par rapport à 1/6) mais les débouchés y sont plus limités hors de l’acadème.

Pour ma part, en sus de tout ce qui a trait à l’orientation, je crois que le salaire postdoctoral doit être augmenté, de sorte que les stages postdoctoraux seront plus difficiles d’accès. Dans les sciences fondamentales, le grand cauchemar est le “postdoc perpétuel”, i.e. une personne qui passe une trop longue période de temps à faire des stages postdoctoraux. Par contre, je ne suis pas encore prêt à me ranger dans le camp de ceux qui préfèrent décourager de manière active les gens de poursuivre des programmes gradués, du moins pas dans les sciences physiques. Et ce, même si des professions ont eu à aller jusqu’au découragement actif pour redresser la situation. Veuillez m’excuser pour mon manque de familiarité avec l’histoire des marchés du travail européens, mais l’exemple le mieux connu est le droit en pratique common law (États-Unis surtout, mais l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni l’ont aussi fait dans une moindre mesure).

Ainsi, pour ceux qui contemplent d’appliquer à des programmes PhD, faites bien attention aux options de carrière qui sont ouvertes à vous dans votre discipline ainsi qu’à vos propres objectifs de carrière. Vous devez être conscient que vous n’enseignerez probablement pas à l’université et peut-être qu’il y a plusieurs voies pour votre carrière choisie; il est possible qu’une autre formation soit plus avisée pour vous et que, à long terme, ça soit une meilleure décision que le PhD. Même si le PhD est un programme qui vient avec un salaire, la durée moyenne d’un PhD est souvent plus longue que l’alternative, surtout en Amérique du Nord.


 

I understand that the numerous actors involved in civilian scientific research lament about cuts in all directions, and that, in humanities, social sciences and, to a lesser extent, pure mathematics, graduate students seem to be hired (or admitted, depending on the vision) to provide teaching assistants than to actually develop scientific talent. Which can give the impression to so many that graduate programs are Ponzi schemes. Hence the impression of crisis, but there are many things to do before restricting the inflow of graduate students!

Although an increase in civilian scientific funding is desirable in many respects, one has to pay attention to the job market’s ability to absorb the inflow and output of graduate students, while knowing that it is difficult to ascertain the real demand for highly qualified personnel in certain disciplines. Oh, of course, some disciplines, like physics, lead to diversified job opportunities post-graduation but it’s not always obvious for employers what one can actually do with it. Even if it is impossible to totally break free from the dependence on graduate students for research, that dependence must be diminished if the money is to be properly used in the future.

Until evidence to the contrary arrives, I do not think it is worthwhile to increase (or even decrease) the production rate of highly qualified personnel as long as a proper effort to inform current students of alternate job paths after graduation, especially outside academia, which is, even today, woefully inadequate. If a decrease is necessary, a gradual approach is necessary even though resolution may take longer. First, only 1 PhD holder in 6 will become a university professor. And that’s basic, physical sciences; in humanities, the numbers are a little better (if one can call ~35% a little better compared to 1/6) but non-academic job opportunities for humanities are more limited.

As for me, on top of career advising, I think postdoctoral salary must be increased, so that postdocs are harder to get. In fundamental sciences, the great nightmare is the “perpetual postdoc”, i.e. a person that spends too long doing postdocs. However, I am not yet ready to side with people who prefer to actively discourage people to pursue graduate studies, at least not in the physical sciences. And that, even if professions had to go so far as resorting to active discouragement to right the ship. Please excuse me for my lack of familiarity with European job markets history, but the best-known example is common law practice (United States especially but Australia, Canada and United Kingdom did so to a lesser extent).

So, for those who contemplate applying to PhD programs, pay close attention to career options that are available in your discipline as well as to your own career objectives. You must be conscious that you will probably not teach in a university and perhaps there are several paths to your chosen career; it is possible that another education is better advised for you and that, in the long run, it ends up being a better decision than a PhD. Even if the PhD is a program that comes with a salary, the average length of a PhD is often longer than the alternative, especially in North America.

Carnets de thèse

Depuis qu’une thésarde dans mon propre département de physique m’a montré les 8 premières pages d’une bande dessinée de Tiphaine Rivière, Carnets de Thèse, je n’ai cessé de lire et de relire ces 8 premières pages, ainsi que des fragments du reste de la bande dessinée, qui se veut une version non seulement européenne de PhD Comics, mais aussi adaptée au monde des humanités.

Ceci dit, il y a deux aspects que je trouvais absolument absurdes: on dit que Jeanne Dargan, la protagoniste au PhD en littérature à Paris-Sorbonne Nouvelle (ou Paris-III), est apparemment sans financement, mais je crois qu’ici financement voulait dire l’un ou l’autre d’entre une “charge de TP” (suivant la définition nord-américaine du terme) une bourse ou un assistanat de recherche. Néanmoins, je considère qu’il s’agit là d’une thèse financée, quoique pas par les moyens habituels (TP, RA, bourse) car elle travaille à titre d’adjointe administrative à l’intérieur de l’université.

Seulement, si Jeanne, par un cruel coup du sort, avait non seulement voulu couper les ponts avec l’enseignement de niveau collégial français dans les ZEP, mais aussi avec le système universitaire français (les programmes PhD français exigent d’abord de détenir une MA de recherche, lui-même requis pour enseigner au lycée, au collège ou même au primaire) pour son doctorat, et qu’elle avait fait ces entourloupettes pour finalement aboutir à Minnesota avec le même projet (Le motif labyrinthique dans la parabole de la loi du Procès de Kafka) alors il y aurait eu des conditions à ce travail. Je n’ai aucune idée de si cela peut se faire dans la pratique, mais supposons que cela soit possible. Le cas échéant, elle aurait reçu 18 000$US pour un an de travail (je gagnerai ~35% de plus qu’elle); pendant les 9 mois où les bacheliers ont leurs cours, elle aurait travaillé 20 heures par semaine à ce titre, pour 15 000$ pendant cette période, et moins pendant l’été, soit 3 000$ pour l’été.

Et le deuxième aspect que je trouvais absurde était le nombre trop-élevé-pour-être-vrai d’étudiants gradués à la charge du superviseur à Jeanne, Alexandre Karpov, c’est-à-dire 34 étudiants au PhD et 78 à la MA de recherche. Pour être honnête, les réalités de l’encadrement d’étudiants gradués peuvent faire que, passé un certain point, l’ajout d’un étudiant supplémentaire puisse rendre l’encadrement de tous les autres inadéquat assez rapidement et à 112 étudiants gradués, on a largement dépassé ce point-là, encore plus quand on parle de superviser 2 étudiants de maîtrise pour 1 doctorant.

Sinon, dans l’ensemble, le contenu auquel j’ai eu accès semble assez bien refléter l’univers des étudiants gradués, autant dans les humanités que dans les sciences de la nature (lorsqu’une planche est applicable sans égard à la discipline)


Since a doctoral student in my own physics department showed me the first eight pages of a comic book by Tiphaine Rivière, Carnets de Thèse (in French), I didn’t stop re-reading these first eight pages, as well as other fragments of the comic book, which is meant to be not only an European version of PhD Comics, but also adapted to the humanities.

That said, there are two aspects that I found to be absolutely absurd: it is said that Jeanne Dargan, the protagonist undertaking a PhD in literature at Paris-Sorbonne Nouvelle (or Paris-III), is apparently without funding, but I believe that here funding means one of the following: a teaching assistantship (under the North American definition of the term) a fellowship or a research assistantship. Nevertheless, I consider that her thesis is funded, although not by the usual means  (TA, RA, fellowship) because she works as an administrative assistant in the university.

Only, if Jeanne, by some cruel trick of fate, not only wanted to cut ties with French middle schools (collèges) in high-need areas, but also with the French university system (French PhD programs ask one to complete a research-based MA first, itself required to teach at a K-12 level) for her PhD, and that she did all the legwork to end up at Minnesota with the same project (The labyrinthine pattern in the parable of the law in The Trial of Kafka) then there would be conditions attached to this job. I have no idea whether it would be actually be possible for her to do so in practice, but suppose that it is possible. In that case, she would have been paid US$18,000 for a year of work (I will earn about ~35% more than her); during the 9 months where undergraduates would have their courses, she would have worked 20 hours per week as an administrative assistant, for $15,000 during this period, and less during the summer, for $3,000 during the season.

And the second aspect that I found absurd was the too-large-to-be-true number of graduate students supervised by Jeanne’s supervisor, Alexandre Karpov, that is, 34 doctoral students and 78 masters students. To be honest, the realities of advising students can mean that, past a certain point, adding one extra student may render the advising of all the others inadequate rather quickly and, with 112 graduate students, that point is way past, even more when we’re talking about supervising 2 masters students for 1 doctoral student.

Otherwise, all in all, the content that i could access seems to reflect pretty well the world of graduate students, in humanities as well as in the natural sciences (when a page is applicable regardless of the field)

Collapse in the PhD applicant pool?

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Even though I am not a humanities student, I came across some indications that the applicant pools in the humanities and the social sciences (thank you, “that-girl-that-once-crossed-WUSTL-off-her-list-because-of-riots-in-Saint-Louis”) have dwindled. Although direct discouragement was not used to the same extent in humanities as it was in law (at least in common law jurisdictions, since direct discouragement was not used in Quebec, a civil law jurisdiction, in the context of legal education), it appears that poor job prospects of advanced degrees in the humanities and the social sciences could have scared away some people who would otherwise have considered such advanced degrees. Enter the exhibits (however, these indications should not be taken as data or conclusive evidence):

Exhibit 1: an undisclosed history graduate program has seen the transnational history segment of its applicant pool decrease by half (from 22 to 11)

Exhibit 2 (Daily Nous): an undisclosed philosophy graduate program has noticed a marked drop in the applications

Exhibit 3 (Rutgers English department): The deadline was extended by a week, from Dec. 15 to Dec. 22, although the two-part application system, in which one has to wait 24 hours after the preliminary information is entered to upload supporting materials, may have also played a role

Exhibit 4 (Fordham): The application fee for its masters program was reduced to $35 (originally $70), likely in an attempt to bolster its flagging English MA applicant pool

Exhibit 5 (Northwestern): The applicant pool for English has steadily declined in the past 5 years at NWU unless the 2014 data (not yet released) suggests otherwise

However, that is not to say that, despite the economic recovery (still fragile, I know) the applicant pool for graduate programs in STEM disciplines may not have collapsed the same way it did in the humanities. In fact, I would not expect the physics graduate applicant pool to have collapsed, given the ballooning numbers of physics graduates since the past ~10-15 years or so, per APS statistics. And the preliminary information for 2014 indicate that there were ~7,000 bachelors degrees awarded domestically in the US.

Now, if the median for these 7,000 were around 3.0 (a little on the high side but since some depts seem to grade more generously the more advanced the coursework, it could be true) this means about 3,500 of them can actually contemplate graduate study under any shape or form. Plus, so many of them will branch out afterward. Some will try their hands at law school (Vanderbilt always seems to have at least one pre-law in its physics graduates), others at med school (Minnesota seems to encourage physics majors to try med school more than the national average), others still will try to break into engineering or economics. On the other hand, one could say that the majority of those with actual research experience in undergrad will either aim for a PhD (even if said PhD was not in physics) or for med school (after all, research experience is valued by medical admissions committees) and, now that it’s made easier than never before, domestically the applicant pool could at least be maintained.

If you come in from other fields, please chime in as to whether you think your field has seen a downturn in its applicant pool or not.