Le point de brisure/The breaking point

Mesdames et messieurs, mon rêve de cosmologie des particules a viré au cauchemar. Je sais que j’en ai déçu plusieurs parmi vous mais mon unique session au doctorat m’a placé dans un état lamentable de santé mentale. Il va sans dire que même des gens brillants dans un domaine quelconque sont vulnérables aux problèmes de santé mentale. La cosmologie des particules, ce sujet que j’aimais tant au départ, est devenue, en une demi-session, un cauchemar, le symbole d’un rêve brisé. Pour cette raison, je suis prêt à lâcher le programme et je ne me sentirai pas coupable de le faire.

Supposons que j’aie rendu visite au coordonateur gradué après la réception de notes pas si belles que ça aux deux intras et que la psychothérapie ne peut pas venir assez vite… je suis sur le bord de décrocher à cause d’une relation malsaine avec mon sujet de recherche. Ou comment ma quête d’un domaine de recherche particulier (la cosmologie des particules théorique) est devenue obsessive malgré que je sois tout de même de taille pour un programme doctoral. Mais il y a de nouveaux faits au dossier, et certainement des facteurs qui ont aggravé le problème:
  • Quand on compare les devoirs aux intras, je faisais beaucoup mieux sur les devoirs dans les deux cours que j’ai lâché, et je sens que les devoirs sont un meilleur reflet de ce que je peux faire et des conditions sous lesquelles la matière est utilisée après que le cours soit terminé. Pour cette raison ce n’est pas une indication d’un quelconque manque de préparation intellectuelle ou de capacité académique
  • Bien que les superviseurs qui font de la recherche telle que je la désire ont une ouverture chacune, ils portent une attention particulière aux notes dans les cours gradués, surtout celles avec du contenu physique substantiel (les superviseurs de recherche ne sont pas choisis avant qu’une année se soit passée dans le programme)
  • J’étais assez près du sommet de la liste de matriculants pour avoir eu une chance d’obtenir la bourse interne et je sentais qu’il y avait beaucoup d’attentes placées en moi, presque autant qu’en le véritable gagnant de la physique
Et, d’un bon côté, je sais que rien de tout ceci n’a causé mes problèmes de santé mentale:
  • Le cours résiduel avec de la matière substantielle en physique, mécanique quantique avancée (cours gradué de 2e année)
  • Suivre des cours dans une autre langue (l’anglais n’était pas ma langue première en tant que bachelier; cependant la langue aurait empêché des étudiants de réussir à la fois dans les devoirs et les examens)
  • Ma charge de TP (corriger des devoirs de thermodynamique)
  • Je ne suis pas du tout un procrastinateur
  • La vie loin de la maison (bien que certaines personnes le font en tant que bacheliers, mon premier goût de la vie loin de la maison se passe en tant que doctorant)
  • Le traitement humain des étudiants gradués. Je n’ai pas du tout été maltraité; ils reconnaissent que les problèmes de santé mentale sont bien réels mais ils ne jettent pas le blâme sur les étudiants
Et finalement, quelques solutions pour diminuer le niveau de stress dans les programmes doctoraux:
  • Se débarrasser des pré-docs (le département de physique à l’Université de Chicago s’est départi de ses pré-docs, depuis 2014, pour des raisons de santé mentale)
  • Faire des cours notés sur une base réussite-échec. Je ne suis définitivement PAS quelqu’un qui considèrerait les cours gradués comme une épreuve du feu (où les cours sont inutilement difficiles ou font autrement frustrer les étudiants de manière inutile et délibérée), puisque cette méthode datée de donner des cours gradués va faire que les étudiants s’épuisent plus rapidement. De plus la motivation est un ingrédient de l’apprentissage qui est souvent oublié – il y a une limite à la quantité de blocage que les étudiants peuvent supporter avant d’en être frustré et, de là, l’atteinte de leurs seuils de douleur
  • Même si la solution ci-haut ne peut pas être mise en oeuvre, les cours ne devraient pas être conçus pour ôter la motivation des étudiants et mettre moins l’emphase sur les examens vs. les devoirs; la perte de motivation peut probablement détruire tous les gains d’habileté dus à tout gain en difficulté

 

Ladies and gentlemen, my dream of particle cosmology has turned into a nightmare. I know I have disappointed several people, but my sole semester in a PhD program placed me into an horrible mental health condition. It goes without saying that even brilliant people in some field are vulnerable to mental health problems. Particle cosmology, that research topic I loved so much at the beginning, became, within half a semester of starting, a nightmare, the symbol of a broken dream. For this reason, I am ready to drop out of the program and I will not feel guilty about doing it.
Let’s say that I made a visit to the graduate coordinator after the receipt of not-so-hot midterm grades and that therapy can’t come soon enough… I am about to drop out because of an unhealthy relationship with my prospective research topic. Or how my quest for a particular research area (theoretical particle cosmology) turned downright obsessive despite that I otherwise was suitable for a PhD program. But there are new facts in the case, and certainly factors that aggravated the problem:
  • When comparing the homework to the midterms, I was doing much better work on the homework in both courses I dropped, and I feel the homework is a better reflection of what I can do and the real-world conditions under which the material is used after the course is over. For this reason it is not an indictment of any lack of intellectual preparation or ability to do the work
  • While the research advisors doing research on the topics I want to do research in do have one opening apiece, they do weigh the grades in grad-level coursework heavily, especially those with substantive physics content (research advisors are not chosen until at least one year into the program)
  • I was somehow close enough to the top of the matriculants to actually have stood a chance at a university-wide fellowship and felt that I had a lot of expectations placed on me, almost as much as the actual physics winner
And, on the bright side, there are factors that I know did not cause any of the mental health problems:
  • The remaining course with any real substantive physics content, advanced quantum mechanics (2nd-year graduate course)
  • Doing said coursework in another language (English was not my first language as an undergraduate; however language would have prevented students from doing well on both homework and tests)
  • My TA position (grading sophomore-level thermodynamics)
  • My work ethic (I am far from a procrastinator either)
  • Life away from home (whereas some people do so as undergraduates, my first taste of life away from home came as a doctoral student)
  • The humane treatment of grad students. I haven’t been mistreated in any shape or form; they acknowledge that mental health issues are real but did not place the blame on the students themselves
And finally, a few solutions to help alleviate mental health issues in PhD programs:
  • Phase out qualifying exams (the University of Chicago physics department phased out qualifying exams, starting in 2014, due to mental health concerns)
  • Make the coursework graded as actual pass-fail. I am most definitely NOT one that would want to consider PhD coursework as a trial by fire (where the coursework is unnecessarily hard or otherwise deliberately and needlessly frustrates students), since that outdated way of running doctoral coursework would cause students to burn out faster. Plus motivation is an important ingredient of learning that is often overlooked – there is only so much struggling students can take before reaching frustration and, from there, their pain thresholds
  • Even if the above solution cannot be implemented, coursework should not be designed to take the motivation out of the students and should not emphasize tests as much as homework; loss of motivation would probably outweigh any extra gain of skills due to any extra difficulty
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