CUPC, physique et mathématiques/CUPC, physics and mathematics

Il y a deux jours, après que le dernier billet soit publié, j’avais enfin reçu la réponse de la part des instances concernées à Minnesota en ce qui a trait au CUPC. Verdict final: ma requête a été refusée. Même si autant la Faculté des études supérieures que le département de physique aient tous les deux compris pourquoi cibler le CUPC, la Faculté des études supérieures ne pouvait commanditer une opération publicitaire monodisciplinaire et le Département de physique estimait que c’était prématuré de ma part de le faire cette année. De plus, les profs du département de physique ne connaissaient pas assez bien le milieu canadien de physique de premier cycle (exception faite de Burnell, qui ne pouvait pas plus que moi) pour être efficaces dans un contexte de conférence de premier cycle, malgré que Minnesota doive réduire sa dépendance aux étudiants est-asiatiques, tout en conservant autour de 40-50% d’étudiants étrangers parmi ses doctorants.

C’était une opportunité pratiquement unique tout en sachant bien que l’APS doit bien se demander comment faire fonctionner une conférence similaire au CUPC aux États-Unis et que les 1er-cycle européens ont peu d’accès à l’expérience de recherche (les Européens ont souvent tendance à considérer la maîtrise comme un diplôme de premier cycle). Néanmoins, je crois qu’on se bute aussi à la règle du 50%+1 local; à 49% d’étudiants étrangers, le département de physique est à risque l’an prochain. Et ça, c’est en supposant que les 26 nouveaux doctorants passeront tous au travers de la première année; l’unique obstacle majeur serait l’échec du pré-doc écrit. Le département de physique à Minnesota n’étant pas une de ces pyramides de Ponzi où les étudiants sont d’abord et avant tout de la main-d’oeuvre au rabais, et certainement pas une pyramide de Ponzi de niveau TP, on peut supposer que ça soit assez proche de la réalité. Mais plus sur ces pyramides de Ponzi gradués dans le prochain billet.

Veuillez m’excuser pour la longueur de ce qui suit, mais je vais également discuter des origines du 50%+1 local à Minnesota. Tout a commencé par le département de mathématiques. Oui, il y a des milliers d’étudiants qui suivent des cours de mathématiques de tous les niveaux chaque année à Minnesota, qui vont des cours de rattrapage de niveau pré-calcul aux cours les plus avancés de topologie ou d’algèbre, qui sont de niveau gradué. Mais ces milliers d’étudiants sont des résidents du Minnesota dans une proportion d’environ 70%, et il y avait eu des plaintes à plusieurs niveaux, au niveau des parents d’étudiants de 1er-cycle, au niveau des parents de doctorants potentiels et au niveau de la législature du Minnesota même. La vérité cependant est qu’il s’agit là d’une ligne directrice opérationnelle plutôt qu’une véritable obligation juridique.

Par contre, je trouve ça un peu bizarre que le gouvernement du Minnesota se plaigne de la présence excessive d’étudiants gradués étrangers en mathématiques pures, où il n’y a pas de réel risque de vol de propriété intellectuelle qui puisse faire des dégâts, contrairement à l’informatique ou au génie. Des auxiliaires d’enseignement inintelligibles par les 1er-cycle (avant la mise en place du 50%+1 local, 80-90% des doctorants en mathématiques à Minnesota étaient étrangers, et beaucoup d’Est-Asiatiques), des parents d’étudiants locaux qui se demandent pourquoi leurs enfants n’ont pas été admis dans ce programme gradué de mathématiques (pures ou appliquées), voire l’absence totale de résidents de l’État dans le programme PhD. Ainsi, dans le 50%+1 il y a aussi une attente implicite qu’il y ait au moins un étudiant de l’État inscrit dans un programme gradué donné à chaque début d’année, sans qu’il n’y ait nécessairement un seul étudiant du Minnesota dans une cohorte entrante donnée.

Comme à Vanderbilt en physique, qui était un précurseur ou un contemporain du département de mathématiques à Minnesota pour ce qui est de réduire la dépendance aux étudiants est-asiatiques, ce département classe les candidats selon leurs origines géographiques et classe les étudiants est-asiatiques (chinois et indiens) dans une pile séparée des autres, avec les étudiants locaux dans une autre pile et les autres dans la dernière pile. Le 50%+1 local est tel qu’environ ~2/3 des admis sont des étudiants locaux et le dernier tiers est réparti au prorata de qui a les meilleurs dossiers entre les est-asiatiques et les non-est-asiatiques.

P.S.: À Minnesota, bien des ingénieurs ratés de premier cycle finissent par obtenir un diplôme en mathématiques. À ça il faut rajouter le fait que Joseph Kapusta, le directeur des études supérieures de physique à Minnesota, est un amateur de décapotables…


 

Two days ago, after my last post was published, I finally received my answer from the instances at Minnesota with respect to the CUPC. Final verdict: my request was denied. Although the Graduate School and the Physics Department both understood why target CUPC, the Graduate School couldn’t sponsor a single-field advertising operation and the Physics department opined that it was premature from my part to do so this year. In addition, professors in the School of Physics and Astronomy did not know the Canadian undergraduate physical landscape (exception made of Burnell, who could no more do so than I) to be effective in an undergraduate conference context, despite Minnesota having to reduce its dependence on East Asian students, while maintaining about 40-50% international students in its PhD student body.

It was an unique opportunity knowing that APS may as well ask themselves how to operate a similar conference to CUPC in the United States and that European undergrads have little opportunity to do research (Europeans tend to regard masters degrees as undergraduate degrees). Nevertheless, I believe that we are hitting the local 50%+1 wall; with 49% internationals, the physics department is at risk next year. And that’s assuming all 26 incoming doctoral students will make it through the first year; the only major roadblock would be the failure of the Graduate Written Exam. The physics department at Minnesota not being one of those Ponzi schemes where students are first and foremost cheap labor, and certainly not a TA-level Ponzi scheme, we can suppose it will be close enough to reality. But more on these graduate-level Ponzi schemes in the next post.

Please excuse me about the length of what follows, but I will also discuss the origins of the local 50%+1 rule at Minnesota. Everything began with the mathematics department. Yes, there are thousands of students taking mathematics courses every year at Minnesota, which range from pre-calculus-level remedial courses to the most advanced topology or algebra courses, which are graduate-level. But these thousands of students are Minnesota residents in a 70% proportion, and there has been complaints on different levels, at the level of the undergraduates’ parents, at the level of prospective doctoral students’ parents, and at the level of the Minnesota legislature itself. The truth however is that it’s an operational guideline more than any real legal obligation.

However, I find it a little weird that the Minnesota state government complains about the excessive presence of international graduate students in pure mathematics, where there is no real risk of intellectual property theft that cause any real damage, contrary to computer science or engineering. Teaching assistants that are unintelligible by undergraduates (before the implementation of the local 50%+1, 80-90% of the doctoral students at Minnesota were international, and a lot of East Asians), parents of local students asking why their own children weren’t admitted into this graduate mathematics program (pure or applied), or even the complete absence of Minnesota residents in the PhD program. Thus, in the 50%+1 there is also an implicit expectation that there is at least one Minnesota resident enrolled in a given PhD program at the beginning of the year without necessarily having at least one Minnesota resident in a given entering class.

As with Vanderbilt in physics, which is a precursor or a contemporary of the mathematics department at Minnesota when it comes about reducing the dependence on East Asian students, this department sorts candidates according to their geographical origins and places East Asian students (Chinese and Indian) in a pile separate from others, with local students in another pile and everyone else in the final pile. The local 50%+1 local is such that about ~2/3 of the admits are local students and the final third is awarded according to who has the better dossiers among the East Asian kids and the non-East Asians.

P.S.: At Minnesota, many failed undergraduate engineers end up earning a mathematics degree. To this one should add that Joseph Kapusta, the director of graduate studies at Minnesota, is a convertible car buff…

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