Dix pièges à éviter aux études à l’étranger/Ten pitfalls to avoid in study abroad

Je vous le préviens tout de suite, certains pièges sont moins pertinents aux cycles supérieurs, mais c’est surtout une fonction de “pourquoi on va à l’étranger” qui diffère selon le type d’expérience éducative qu’on vit. Dans un échange de premier cycle, l’objectif principal demeure évidemment de vivre et d’apprendre la langue et la culture de la destination. Aux cycles supérieurs, on est davantage là pour des raisons académiques, bien que certaines disciplines, pour la plupart dans les humanités et les sciences humaines, exigent de l’immersion culturelle de la part de l’étudiant en sus d’avoir une bonne connaissance de la discipline pour être efficace en recherche; la physique n’en est pas une, pas plus que les autres sciences pures et dures.

Or, la littérature des pièges à éviter en échange est centrée sur l’échange de premier cycle. Il est fort possible qu’un piège donné soit différent aux cycles supérieurs. Voici ma liste de pièges (avec les pièges communs aux deux d’abord!)

1. Ne pas établir de budget. Et ça peut être d’autant plus tentant que de magasiner en échange que vous allez étudier dans une des grandes capitales de la mode (Tokyo, Milan, Paris, Londres, New York). Vous ne voulez pas être endettés jusqu’au cou pour cet échange ou ce diplôme gradué obtenu à l’étranger! Ou rater une opportunité unique à cause de votre mauvaise planification financière.

2. Ne rien connaître de la destination. Même si l’immersion culturelle n’est pas importante à la réussite du voyage (je sais d’entrée de jeu que, pour moi, l’immersion culturelle est de moindre importance dans le contexte d’un PhD de physique, par rapport à l’aspect académique) ne pas connaître la loi de la place, ne pas connaître la géographie, les gens, la langue locale, même de niveau élémentaire, est inexcusable.

3. Ne rien noter du voyage d’études. Il vaut mieux noter toutes les étapes importantes du voyage, bien que, parfois, aux cycles supérieurs, certaines notes vont être remplies de notes d’études plutôt que de notes de voyage, des nuits blanches, des bars, des événements culturels. Vous pouvez bloguer (comme je le fais ici), mais vous pouvez également utiliser des notes papier.

4. Ne pas rencontrer de nouvelles personnes. Une bonne portion de la fébrilité vient du potentiel de rencontres très élevé en échange. Certaines personnes, surtout celles qui ne maîtrisent pas la langue locale, ont tendance à se tourner vers les gens de leur pays d’origine ou qui parlent leur langue maternelle.

5. Ne pas explorer votre ville d’études. Bien que ça soit très tentant de voyager (peut-être même à l’excès) pour quelques jours, une fin de semaine par exemple, hors de la ville d’études, il ne faut pas oublier la ville d’études elle-même. Même si votre emploi futur devait être un poste où la mobilité internationale est un atout majeur, auquel cas vous aurez à vous relocaliser régulièrement, ce n’est pas à tous les jours où vous pouvez vivre dans une nouvelle ville. Certains étudiants ont regretté de ne pas tenter d’en connaître davantage sur la ville d’études.

6. Abuser du party. Pour beaucoup d’étudiants qui vivent chez leurs parents ou dont leurs institutions d’origine sont dans des villes dénuées de vie de nuit, et encore plus quand les notes en échange ne comptent pas, il peut être très tentant de passer la nuit dans un bar sur une base régulière, surtout dans une ville comme Dublin, Rome, Prague ou Amsterdam.

7. Négliger vos études. Cela peut être encore plus tentant de négliger l’aspect académique d’un échange si vous savez déjà en partant que les notes qui en découlent sont sans importance sur le relevé de notes de votre institution d’origine. Et, bien que, dans la plupart des cas, vous regarderez votre expérience d’études à l’étranger d’abord et avant tout pour l’aspect humain, touristique ou culturel de l’opération dans le futur, plus que pour véritablement l’aspect académique, la différence entre un voyage touristique et un voyage d’études tient à l’étude.

8. Rester branché trop longtemps aux réseaux sociaux. Sauf dans de rares exceptions (ici compris comme étant des projets de recherche relatifs aux réseaux sociaux) il peut être très tentant de rester branché sur les réseaux sociaux afin de pouvoir mettre tout le monde au courant des faits et gestes de votre voyage d’études, et ainsi limiter votre capacité à apprécier le voyage.

9. Éviter l’immersion culturelle. Je la mets dans cet ordre-là parce que ça dépend beaucoup du format de voyage et de la discipline. Dans un échange de premier cycle, ou si on étudie au niveau gradué dans une discipline où l’immersion culturelle est importante pour être efficace en recherche, alors faites un effort pour communiquer dans la langue locale, faites un effort pour manger la nourriture locale, ainsi que les événements locaux. Par contre, pour qu’une immersion significative puisse avoir lieu de sorte qu’on en revienne transformé, il faut, en général, passer au moins trois mois.

Comme je l’avais dit précédemment, c’est un piège qui n’en est pas un si on étudie au niveau doctoral mais pas dans une de ces disciplines où l’immersion culturelle est importante. En fait j’aurais probablement accepté d’aller à UT-Austin, à Duke ou encore à WUSTL à condition de demeurer le plus possible à l’intérieur de la bulle. Parfois il faut accepter un compromis sur l’aspect culturel du voyage quand on sait déjà en partant que la culture de la destination (par un voyage passé bien souvent) n’est pas très attrayante, si la combinaison superviseur-projet est tout simplement bien supérieure à d’autres options plus attrayantes d’un point de vue non-académique (hormis l’aspect financier), auquel cas il vaut mieux rester dans la bulle.

10. Arriver sur place avec des attentes irréalistes. Je le mets ici parce que, bien que ça soit un piège courant dans tous les formats, le piège signifie des choses différentes selon qu’on part en échange au premier cycle ou on entreprend des études supérieures à l’étranger. Dans le premier cas, vous ne devez pas vous attendre à avoir la même compétence linguistique qu’un étudiant local après une session à l’étranger si vous partiez avec une connaissance minimaliste de la langue au début du périple. Vous devez également attendre à déployer un effort considérable pour arriver à vos objectifs linguistiques et culturels.

Aux cycles supérieurs, vous pouvez davantage prendre votre temps pour apprendre une langue et une culture, et ce, peu importe si votre discipline requiert de l’immersion culturelle pour être fonctionnel ou non. C’est vrai à moins que votre programme gradué ne dure qu’un an. Ici les attentes irréalistes sont d’un tout autre ordre: vous ne devez pas vous attendre à ce que la mobilité internationale seule fasse une différence importante pour votre employabilité à la sortie. Ou, pour les activistes, de croire qu’individuellement la différence soit significative; des changements de cette sorte arrivent par effort concerté de masse.


I warn you immediately, some of these pitfalls are less pertinent in graduate school, but it’s mostly a function of “why one studies abroad” which differs from the type of educational experience one lives abroad. In an undergraduate study abroad, the primary objective remains, obviously, to live and to learn the culture of the destination. People primarily undertake graduate study for academic reasons, although some disciplines, most of which are in the humanities and the social sciences, demand cultural immersion on the student’s part on top of possessing a strong command of the discipline to be effective in research; physics is not one such discipline, no more than other hard and pure sciences.

Yet, the literature on the pitfalls to avoid in study abroad is centered on the undergraduate study abroad. It is highly likely that a given pitfall is different in graduate school. Here is my list of traps (with the traps common to both first!)

1. Failing to plan a budget. And it can be all the more tempting to shop (and indulge) on a study abroad that you go study in one of the great capitals of fashion (Tokyo, Milan, Paris, London, New York City). You don’t want to be deep in debt for that study abroad or that graduate degree obtained abroad! Or miss an unique opportunity because of your poor financial planning.

2. Not knowing anything about your destination. Even if cultural immersion was not important to the success of the trip (I know from the get-go that, for me, cultural immersion is of lesser importance in the context of a physics PhD, compared to the academic aspect) not knowing the local regulations, not knowing the geography, the people, the local language, even on an elementary level, is inexcusable.

3. Failing to take notes during your voyage. You are better off taking notes on all the important steps of the voyage, although, sometimes, in graduate school, some notes will be filled with class notes rather than with travel notes, sleepless nights, bars, cultural events. You may blog (as I am doing here), but you may also use hardcopy notes.

4. Not meeting new people. A good portion of the excitement comes from the very high potential of meeting new people in an exchange. Some people, especially those who do not master the local language, tend to turn towards people from their home country or who speak their native language.

5. Not exploring your study city. Although it is very tempting to travel (even to excess) for a couple of days, a weekend for instance, away from the study city, one must not forget the study city itself. Even if your future job was to be a job where international mobility was a major asset, in which case you will have to relocate regularly, it’s not every day that you can live in a new city. Some students have regretted not to have attempted to learn more about the study city.

6. Overdoing party. For a lot of students that lived with their parents or whose origin  institutions are in cities devoid of nightlife, and even more so when study abroad grades do not count, it can be very tempting to spend all night in a bar on a regular basis, especially in a city like Dublin, Rome, Prague or Amsterdam.

7. Neglecting your studies. It can be even more tempting to neglect the academic aspect of a study abroad if you already know from the onset that the grades that result from study abroad are meaningless on the transcript of your origin institution. And, although, in most cases, you will look back on your study abroad experience first and foremost in human, language and cultural terms, more than for any actual academic aspect, the difference between a tourist voyage and a study voyage is the academics.

8. Staying wired on social media for too long. Except for rare exceptions (here understood as being research projects relative to social media) it can be very tempting to stay wired on social media so that you can update everyone at home about what happened on your travel, and hence limit your ability to enjoy the trip.

9. Avoid cultural immersion. I am putting this in this order because it depends a lot on the travel format and the discipline. In an undergraduate study abroad, or if one studies at the graduate level in one of those discplines where cultural immersion is important to be an effective researcher, then make an effort to communicate in the local language, as well as the local events. However, for a significant immersion to take place so that the student comes back from it transformed, in general, one needs to spend at least three months.

As I’ve said earlier, it’s a trap that isn’t one if one studies at the doctoral level but not in one of those disciplines where cultural immersion is important. In fact I would probably have accepted to go to UT-Austin, Duke or at WUSTL, on the proviso that I remain inside the bubble as much as possible. Sometimes one needs to make a compromise on the culture of the destination (by a past travel usually) is unattractive, if the supervisor-project combination is simply far superior to other options that are non-academically more attractive (other than the money aspect), in which case you’d be better off staying inside the bubble.

10. Arriving with unrealistic expectations. I put that here because, although it is a common trap in all formats, the trap signifies different things depending on whether one studies abroad as an undergraduate or one attends graduate school abroad. In the first case, you must not expect to have the same language competency than a local student after one semester abroad if you left with a minimalistic knowledge at the beginning of the voyage. You must also expect to make considerable effort to achieve your linguistic and cultural objectives.

In graduate school, one can better afford to take their time to learn a language and a culture, regardless of whether your discipline requires cultural immersion to be functional or not. It’s true unless your graduate program only lasts one year. Here the unrealistic expectations are quite different: you should not expect international mobility alone to make a significant difference on your employability at the exit. Or, for activists, to believe that, individually, the difference you make is significant; changes of that variety are made by a concerted effort of many people.

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