Précautions doctorales/Doctoral precautions

Je comprends que les divers personnages impliqués dans la recherche scientifique civile déplorent des coupures dans toutes les directions, et que, dans les humanités, les sciences humaines et, dans une moindre mesure, en mathématiques pures, les étudiants gradués semblent être embauchés (ou admis, dépendant de la vision qu’on adopte) pour donner des séances de TP plus que pour réellement développer du talent scientifique. Ce qui peut donner l’impression à tout un chacun que les programmes gradués sont des pyramides de Ponzi. D’où l’impression de crise, mais il y a bien d’autres choses à faire avant de diminuer l’entrée d’étudiants gradués!

Bien qu’un accroissement du financement scientifique civil soit souhaitable à bien des égards, il faut faire attention à la capacité du marché du travail à absorber le flux d’étudiants gradués entrants et sortants, tout en sachant bien que c’est difficile de déterminer la véritable demande pour du personnel hautement qualifié dans certaines disciplines. Oh, c’est sûr, certaines disciplines, comme la physique, ont des débouchés diversifiés mais ce n’est pas toujours évident pour les employeurs de savoir ce qu’on peut réellement faire avec ça. Bien qu’on ne pourra jamais totalement se départir de la dépendance aux étudiants gradués en recherche, il faut diminuer cette dépendance pour que l’argent soit utilisé à bon escient à l’avenir.

Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas bon d’augmenter (ou même de diminuer) la cadence de production de personnel hautement qualifié tant et aussi longtemps qu’on n’a pas fait un effort de bonne foi pour bien informer les étudiants actuels des possibilités d’emploi à la sortie, surtout extérieures à l’acadème, ce qui est, encore de nos jours, tristement inadéquat. Si une diminution est nécessaire, une approche graduelle est nécessaire même si la solution du problème risque d’être plus longue. Pour commencer, seulement 1 détenteur de PhD sur 6 deviendra professeur d’université. Et ça, c’est dans les sciences physiques fondamentales; dans les humanités, les chiffres sont un peu mieux (si on peut appeler ~35% un peu mieux par rapport à 1/6) mais les débouchés y sont plus limités hors de l’acadème.

Pour ma part, en sus de tout ce qui a trait à l’orientation, je crois que le salaire postdoctoral doit être augmenté, de sorte que les stages postdoctoraux seront plus difficiles d’accès. Dans les sciences fondamentales, le grand cauchemar est le “postdoc perpétuel”, i.e. une personne qui passe une trop longue période de temps à faire des stages postdoctoraux. Par contre, je ne suis pas encore prêt à me ranger dans le camp de ceux qui préfèrent décourager de manière active les gens de poursuivre des programmes gradués, du moins pas dans les sciences physiques. Et ce, même si des professions ont eu à aller jusqu’au découragement actif pour redresser la situation. Veuillez m’excuser pour mon manque de familiarité avec l’histoire des marchés du travail européens, mais l’exemple le mieux connu est le droit en pratique common law (États-Unis surtout, mais l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni l’ont aussi fait dans une moindre mesure).

Ainsi, pour ceux qui contemplent d’appliquer à des programmes PhD, faites bien attention aux options de carrière qui sont ouvertes à vous dans votre discipline ainsi qu’à vos propres objectifs de carrière. Vous devez être conscient que vous n’enseignerez probablement pas à l’université et peut-être qu’il y a plusieurs voies pour votre carrière choisie; il est possible qu’une autre formation soit plus avisée pour vous et que, à long terme, ça soit une meilleure décision que le PhD. Même si le PhD est un programme qui vient avec un salaire, la durée moyenne d’un PhD est souvent plus longue que l’alternative, surtout en Amérique du Nord.


 

I understand that the numerous actors involved in civilian scientific research lament about cuts in all directions, and that, in humanities, social sciences and, to a lesser extent, pure mathematics, graduate students seem to be hired (or admitted, depending on the vision) to provide teaching assistants than to actually develop scientific talent. Which can give the impression to so many that graduate programs are Ponzi schemes. Hence the impression of crisis, but there are many things to do before restricting the inflow of graduate students!

Although an increase in civilian scientific funding is desirable in many respects, one has to pay attention to the job market’s ability to absorb the inflow and output of graduate students, while knowing that it is difficult to ascertain the real demand for highly qualified personnel in certain disciplines. Oh, of course, some disciplines, like physics, lead to diversified job opportunities post-graduation but it’s not always obvious for employers what one can actually do with it. Even if it is impossible to totally break free from the dependence on graduate students for research, that dependence must be diminished if the money is to be properly used in the future.

Until evidence to the contrary arrives, I do not think it is worthwhile to increase (or even decrease) the production rate of highly qualified personnel as long as a proper effort to inform current students of alternate job paths after graduation, especially outside academia, which is, even today, woefully inadequate. If a decrease is necessary, a gradual approach is necessary even though resolution may take longer. First, only 1 PhD holder in 6 will become a university professor. And that’s basic, physical sciences; in humanities, the numbers are a little better (if one can call ~35% a little better compared to 1/6) but non-academic job opportunities for humanities are more limited.

As for me, on top of career advising, I think postdoctoral salary must be increased, so that postdocs are harder to get. In fundamental sciences, the great nightmare is the “perpetual postdoc”, i.e. a person that spends too long doing postdocs. However, I am not yet ready to side with people who prefer to actively discourage people to pursue graduate studies, at least not in the physical sciences. And that, even if professions had to go so far as resorting to active discouragement to right the ship. Please excuse me for my lack of familiarity with European job markets history, but the best-known example is common law practice (United States especially but Australia, Canada and United Kingdom did so to a lesser extent).

So, for those who contemplate applying to PhD programs, pay close attention to career options that are available in your discipline as well as to your own career objectives. You must be conscious that you will probably not teach in a university and perhaps there are several paths to your chosen career; it is possible that another education is better advised for you and that, in the long run, it ends up being a better decision than a PhD. Even if the PhD is a program that comes with a salary, the average length of a PhD is often longer than the alternative, especially in North America.

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