Le protectionnisme ontarien/Ontarian protectionism

Je parle ici de l’étendue à laquelle les physiciens canadiens de niveau bac/maîtrise semblent être réticents à quitter le pays pour des cycles supérieurs en l’absence d’un casier judiciaire ou de l’une ou l’autre des bourses doctorales de prestige (la Graham-Bell à 35 000$/an ou, plus prestigieuse encore, la Vanier à 50 000$/an) ou la combinaison d’une bourse du CRSNG ou des bourses provinciales (FRQNT, Alberta Innovates, par exemple) avec un casier judiciaire. Par contre, la plupart des physiciens susceptibles de détenir des casiers judiciaires sont des gens qui ont dû commettre des crimes mineurs (vol à l’étalage par exemple)…

Pour l’instant, mes informations portent à croire qu’il n’y en ait réellement eu que deux doctorants qui, en physique, aient quitté le pays pour des raisons motivées par la politique scientifique civile (en tout ou en partie) mais ils ont pris la décision de quitter le pays au plus fort des exactions fédérales. Il faut dire que mes informations obtenues à Theory Canada sont très fragmentaires et, d’ouest en est (plus ou moins), on a:

  • UNBC
  • UVic
  • UBC
  • Alberta
  • Calgary
  • Lethbridge
  • Saskatchewan
  • Winnipeg
  • Manitoba
  • Lakehead
  • Ottawa
  • Montréal
  • UNB
  • Acadia
  • Memorial (Terre-Neuve)

On pourrait s’attendre à ce que les coupures affectent les intervenants du haut vers le bas, donc les professeurs en premier, les chercheurs postdoctoraux (postdocs) après et enfin les étudiants gradués. Car il s’avère moins coûteux d’avoir un étudiant gradué qu’un postdoc; toute coupure va affecter la capacité des profs à prendre des étudiants ou des postdocs. Or, le CRSNG n’en a plus que pour les gros joueurs physiques. York et Lethbridge, qui ne sont aucunement des “gros joueurs physiques”, ont eu de la difficulté à ouvrir le nombre de places de maîtrise et de doctorat qu’ils veulent. Malgré cela, cela ne semble pas avoir affecté la partie étudiants gradués de la pyramide au point de voir les étudiants s’exiler à ce niveau, et encore moins en tant qu’acte de protestation.

Après avoir passé au peigne fin des participants susceptibles de rapiécer l’information manquante au congrès de l’ACP (Association canadienne des physiciens), qui a lieu à Edmonton et auquel je prends part, j’arrive à la conclusion qu’il n’y a pas eu de changements significatifs sur les migrations d’étudiants gradués. J’avais également recommandé à l’ACP de compiler des statistiques sur les flux migratoires internationaux de physiciens, à rendre publiques, car je crois qu’un changement dans ces flux peut être induit par la politique scientifique.

Toutefois, le mécanisme qui a permis de limiter l’exode des cerveaux n’est pas tant une vague d’activités criminelles qu’un corpus de pénalités infligées par Queen’s Park à la prise d’étudiants gradués étrangers dans les programmes de recherche. Essentiellement, cette pénalité fait que l’université reçoit moins d’argent “par tête de pipe” pour un étudiant gradué étranger que pour un étudiant local; cette pénalité s’élève à ~6000$ pour les humanités, les sciences humaines, et à ~8000$ pour les sciences et le génie. (Le gouvernement du Minnesota impose également de telles pénalités mais elles sont imposées seulement lorsqu’un programme de recherche viole la règle du “50%+1 local”)

Résultat: en physique, les universités ontariennes qui, autrefois, étaient souvent difficiles d’accès (surtout quand on parle des 6 grands axes physiques de l’Ontario, Western, Queen’s, McMaster, Waterloo, Toronto et Ottawa/Carleton) ont réussi à absorber presque tout le surplus d’étudiants canadiens-anglais. Peut-être qu’aujourd’hui ça va permettre de maintenir le rythme de recherche mais, à entendre les gens de Western et de Toronto, à long terme, Queen’s Park va peut-être modifier la pénalité (vraisemblablement pour tout étudiant gradué étranger de recherche qui excède le seuil de 50%+1)

CU-Boulder doit sans doute se dire “Peut-être qu’on aurait pu avoir un bon étudiant susceptible de réussir et qui serait capable de s’intégrer avec les bacheliers” Or, CU-Boulder est très bon pour 3 affaires: la matière condensée, l’optique et la physique solaire. Par contre, bien que je puisse m’intégrer assez bien aux étudiants à l’université du Colorado à Boulder, CU-Boulder comporte deux désavantages: le coût élevé de la vie à Boulder (qui a forcé CU-Boulder à tenter de diminuer le stress au minimum, un peu comme NYU qui s’apprête à éliminer le pré-doc), et la faiblesse du département en termes de cosmologie des particules.

Dans le contexte québécois il faudrait vraiment être un physicien pour accorder à CU-Boulder un prestige quelconque. Et le deuxième protestataire ne pouvait visiblement pas aller à CU-Boulder; UVA est très similaire à CU-Boulder (excluant l’astro; un amateur de radio-astronomie trouverait son compte à UVA mais pas à CU-Boulder et l’inverse est vrai en physique solaire) en tant que département de physique.


 

Here I am talking about the extent at which Canadian physics students at the bachelors or masters levels seem reluctant to leave the country for graduate study in the absence of a criminal record or of one of two prestigious doctoral grants (the Graham-Bell at $35,000/year or, more prestigious still, the Vanier, valued at $50,000/year) or the combination of a NSERC grant or a provincial grant (FRQNT, Alberta Innovates, for example) with a criminal record. However, most physicists that hold criminal records are people that committed petty crimes (shoplifting for example)…

For now, my information lead me to believe that there actually only are two students who, in physics, left the country for doctoral study because of civilian scientific policy (in whole or in part) but they took the decision to leave the country at the height of the crisis. It must be said that the information gathered at  Theory Canada are highly incomplete and that we have, starting West (more or less), the following:

  • UNBC
  • UVic
  • UBC
  • Alberta
  • Calgary
  • Lethbridge
  • Saskatchewan
  • Winnipeg
  • Manitoba
  • Lakehead
  • Ottawa
  • Montreal
  • UNB
  • Acadia
  • Memorial (Newfoundland)

One would expect that the funding cuts affected the people from the top down, therefore affecting professors first, postdoctoral researchers (postdocs) afterward and finally the gradute students. Because it is less expensive to take a graduate student than a postdoc; any cut will affect the ability of professors to hire graduate students or postdocs. Yet, NSERC only seemingly cares about the major physical players. York and Lethbridge, who are not “major physical players” by any stretch of the imagination, have had trouble opening the number of masters and doctoral positions they want. Despite this, this did not seem to affect the graduate students level of the pyramid to the point of seeing students expatriate at that level, and much less as an act of protest.

After having interrogated participants that were susceptible to piece together the missing information at the CAP Congress (Canadian Association of Physicists), which is held in Edmonton and to which I take part, I arrive at the conclusion that there has been no significant change in graduate student migrations. I also recommended to CAP to compile statistics on migration flow of graduate students, to make public, because a change in these flows can be induced by scientific policy.

However, the mechanism that allowed to limit the brain drain is not so much a crime wave but a body of penalties imposed by Queen’s Park while taking international graduate students in research programs. Essentially, this penalty makes it so that the university receives less “headcount money” for an international graduate student than for a domestic graduate student; this penalty is ~$6,000 for humanities, social sciences, and at ~$8,000 for sciences and engineering. (The Minnesota state government also imposes such penalties but they are triggered only if a given research program violates the “domestic 50%+1” rule)

Result: in physics, Ontario universities who, in the past, were often difficult to get into (especially when one talks about the six great physical axes of Ontario, Western, Queen’s, McMaster, Waterloo, Toronto and Ottawa/Carleton) have successfully absorbed almost the entire surplus of English-Canadian graduate students. Maybe it will allow to maintain the research activity today but, when one hears Western and Toronto faculty talk about the penalties, in the long term, Queen’s Park will perhaps modify the penalty (probably for each international graduate student exceeding the 50%+1 threshold)

CU-Boulder must be telling themselves “Maybe we could have had a good student capable of succeeding and capable of fitting in with the undergrads” Yet, CU-Boulder is very good for 3 physical topics: condensed matter, optics and solar physics. However, although I can integrate well with students at the University of Colorado at Boulder, CU-Boulder has two disadvantages: the high cost of living in Boulder (which forced CU-Boulder to attempt reducing stress of graduate students at a minimum, like NYU who will soon eliminate quals), and the weakness of the department in terms of particle cosmology.

In the Quebecer context, one really has to be a physicist to grant CU-Boulder any prestige whatsoever. And the second proteser visibly couldn’t attend CU-Boulder; UVA is very similar to CU-Boulder (excluding astrophysics; a radio-astronomy diehard would likely call UVA home but not CU-Boulder and the reverse is true in solar physics) as a physics department.

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