Études à l’étranger: échange vs. cycles supérieurs/Study abroad: exchange vs. grad school

Je comprends qu’il y ait bien du monde qui se retrouvent à étudier dans des disciplines où des cycles supérieurs sont pratiquement nécessaires pour travailler dans la discipline. Veuillez m’excuser pour tout biais mais, si biais il y a, il est fort possible que ma discipline (après tout, je suis un physicien et, si la sous-discipline est importante, un cosmologiste des particules) en soit une cause majeure. Néanmoins, j’estime que la décision de partir en échange vs. faire des cycles supérieurs à l’étranger dépend des réalités disciplinaires et parfois même sous-disciplinaires. Ceci étant dit, il y a des bénéfices communs aux deux:

  • Le développement de la débrouillardise
  • L’avantage de la mobilité internationale sur le CV (un atout de plus en plus important!)
  • Avoir plusieurs points de vue sur votre discipline (vous pourriez alors vous inscrire à des cours ou avoir accès à des projets de recherche non disponibles à la maison)
  • Le développement d’amitiés différentes
  • La communication interculturelle
  • La capacité de faire des activités non disponibles à la maison
  • L’accès à des marchés du travail différents

Mais il y a aussi des inconvénients communs aux deux:

  • La barrière de la langue
  • La barrière bureaucratique
  • Être loin des gens qu’on a connus préalablement à la maison
  • L’adaptation à la destination
  • La logistique
  • Très facile d’être déçu par la vie non-académique
  • Très facile de succomber aux sirènes du tourisme

Par contre, il est des avantages et des inconvénients qui sont spécifiques à l’un et à l’autre.

Échange de premier cycle:

Pour:

  • Engagement plus court (une demi-année ou une année complète; contrastez ça avec des programmes gradués, où une maîtrise peut durer 2 ans, et un doctorat peut durer jusqu’à 7-8 ans)
  • Plus de liberté de voyage (la charge de travail n’est pas aussi importante qu’aux cycles supérieurs alors vous avez plus de temps pour des excursions de quelques jours)
  • Plus d’opportunités pour une immersion culturelle
  • Moins de vulnérabilité au mal du pays (principalement dû à l’engagement plus court)

Contre:

  • Très tentant de laisser ses études de côté pour faire du tourisme ou de l’immersion culturelle (encore plus dans les systèmes éducatifs où la fin de la session porte un poids démesuré; toutefois certaines disciplines peuvent exploiter ça à leur avantage)
  • Ça peut forcer un étudiant à prolonger ses études si c’est mal planifié (et surtout si les équivalences étrangères ne sont pas reconnues)
  • Le coût peut effectivement être assez élevé et, bien souvent, les dépenses de subsistance sont un poste de dépenses très important; de plus, travailler sur place n’est souvent possible qu’à conditions – ainsi les sources de revenus sont très volatiles
  • Les débouchés sont encore liés à votre institution d’origine, surtout si vous n’avez pas envie de poursuivre des études au-delà du baccalauréat (droit, professions de la santé)

À conseiller pour:

  • Les étudiants pour qui le voyage peut leur amener un apport académique significatif (études régionales, sciences humaines, relations internationales, pour ne nommer que ces domaines-là) auquel cas il faut choisir sa destination en fonction de ses intérêts académiques
  • Les étudiants dont leurs emplois de rêve nécessitent de démontrer de la mobilité internationale (ou, dans une moindre mesure, une bonne connaissance d’une langue/culture étrangère particulière) mais qui sont basés localement

À déconseiller pour:

  • Les étudiants qui désirent voyager tout en sachant qu’ils désirent, au bout du compte, faire carrière localement, surtout s’ils désirent pratiquer un métier où les barrières à la mobilité internationale sont importantes (droit, professions de la santé) sans égard au niveau de studiosité de ces étudiants
  • Les étudiants qui désirent profiter d’un échange pour faire tout sauf étudier alors qu’ils sont en échange (et peut-être qu’il faudrait remettre en question son choix de discipline ou même sa fréquentation de l’université)
  • Les étudiants dont leurs emplois futurs ne placent aucune emphase sur ni la connaissance de langues ou de cultures étrangères, ni la mobilité internationale

Cycles supérieurs à l’étranger:

Pour:

  • (Principalement PhD mais parfois applicable à la maîtrise aussi) Vous êtes payés pour apprendre à faire de la recherche alors vous pouvez stabiliser vos revenus une fois sur place; en fait, vous devez rejeter une offre doctorale non financée
  • Moins tentant de laisser ses études de côté pour faire du tourisme ou de l’immersion culturelle (votre charge de travail est généralement plus élevée et vos voyages sont davantage liés à vos activités académiques)
  • Si vous étudiez dans une discipline où le travail de terrain ou la proximité aux sources primaires est importante, alors ça peut être une bonne raison de le faire
  • Plus de fluidité professionnelle, pour peu que les débouchés de votre discipline ne requièrent pas d’adhésion à un ordre professionnel
  • Vous avez accès à des projets de recherche qui ne sont pas disponibles à la maison

Contre:

  • Engagement plus long (2 ans pour une maîtrise, 3-7 au doctorat, dépendant de la discipline et de la destination)
  • Plus de vulnérabilité au mal du pays (et, si vous rentrez à la maison, plus de vulnérabilité au choc culturel inverse) à cause de la longueur de l’engagement
  • Bien que vous soyez déjà vulnérable au contexte politique de la destination, vos études peuvent abruptement prendre fin si le contexte politique de la recherche se détériore lors de votre séjour
  • Plus difficile de rentrer à la maison pour travailler si les débouchés de votre domaine d’études sont régis par un ordre professionnel à votre lieu d’origine et/ou à votre destination
  • Une fois normalisé par la longueur des études, vous pouvez moins voyager ou faire une immersion culturelle (sauf dans certaines disciplines où l’immersion culturelle est importante, auquel cas vous pouvez quand même la faire car ça fait partie de vos études)

À conseiller pour:

  • Les étudiants pour qui le voyage peut leur amener un apport académique significatif (études régionales, sciences humaines, relations internationales, pour ne nommer que ces domaines-là) auquel cas il faut choisir sa destination en fonction de ses intérêts académiques
  • Les étudiants dont leurs emplois de rêve nécessitent de démontrer de la mobilité internationale (ou, dans une moindre mesure, une bonne connaissance d’une langue ou d’une culture étrangère particulière) et qui, de plus, sont basés à l’étranger
  • Les étudiants qui veulent se garder des options pour travailler autant à la maison qu’à l’étranger alors que leur emploi désiré requiert des études supérieures

À déconseiller pour:

  • Les étudiants qui désirent voyager tout en sachant qu’ils désirent, au bout du compte, faire carrière localement, sans égard au niveau de studiosité de ces étudiants ou du niveau de mobilité internationale requise
  • Les étudiants qui désirent profiter d’un échange pour faire tout sauf étudier alors qu’ils sont aux cycles supérieurs (et peut-être qu’il faudrait remettre en question son choix de discipline ou même son choix de faire des cycles supérieurs)
  • Les étudiants dont leurs disciplines permettent de travailler avec seulement un baccalauréat, peu importe le degré de mobilité internationale requise pour du travail dans leur domaine

Bien entendu, si vous pouvez vous permettre le luxe des deux (et c’est plus facile lorsque votre discipline garantit un plancher de financement pour des études supérieures de recherche) alors vous n’avez même plus à choisir. Cependant, je n’avais pas le luxe de faire les deux alors j’ai attendu au PhD pour aller étudier à l’étranger, et ce n’est pas tout le monde qui a ce luxe-là.


I understand that many people end up majoring in disciplines where graduate studies are all but necessary to get a job in said discipline. Please excuse me for any bias but, if bias there is, it’s highly likely that my discipline (after all, I am a physicist and, if the subfield is important, a particle cosmologist) is a major cause of that. Nevertheless, I think that the decision to go on an undergraduate study abroad vs. graduate school abroad depend on the field-specific realities and sometimes even subfield-specific. That said, there are common benefits to both:

  • Development of autonomy
  • The advantage of international mobility on the CV (an increasingly important asset!)
  • Having multiple vantage point on your field (you may then enroll in classes or conduct research projects not available at home)
  • Development of different friendships
  • Intercultural communication
  • The ability of doing activities not available at home
  • Access to different job markets

But they also share common drawbacks:

  • Language barrier
  • Bureaucratic barrier
  • Being far from the people you knew at home beforehand
  • Adaptation to the destination
  • Logistics
  • Very easy to be disappointed by the non-academic life
  • Very easy to succumb to the sirens of tourism

However, there are pros and cons specific to each option.

Undergraduate study abroad:

Pros:

  • Shorter commitment (half-year or full year; contrast this with graduate programs, where a masters can last two years, and a PhD can last upwards of 7-8 years)
  • More travel freedom (the workload is not as high as in graduate school, therefore you have more time for short road trips)
  • More opportunities for cultural immersion
  • Less vulnerability to homesickness (mainly because of the shorter commitment)

Cons:

  • Very tempting to put academics on the backburner to do tourism or cultural immersion (even more true in educational systems where the end of the semester carries disproportionate weight; however, some fields can exploit this to their advantage)
  • It can force a student to prolong studies if it is poorly planned (and especially if some study abroad credits do not transfer)
  • The cost can effectively be rather high and, often, the living expenses are a very important expenditure sector; in addition, working there is often possible only if certain conditions are met – thus revenue sources are very volatile
  • The job opportunities are still bound to your institution of origin, especially if you do not want to pursue studies beyond college (or want to practice law or a healthcare profession)

Advised for:

  • Students for whom travel can bring them a significant academic addition (regional studies, social sciences, international relations, to name a few) in which case one should choose a destination with academic interests in mind
  • Students whose dream jobs require international mobility (or, to a lesser extent, a good knowledge of a particular foreign language/culture) but that are locally-based

Not advised for:

  • Students that desire to travel while knowing that they desire to have a local career, especially if they wish to practice a profession where barriers to international mobility are important (law, healthcare professions) regardless of these students’ studiosity level
  • Students who want to do anything but study while they are in a study abroad (and they should bring into question their choice of a major or even their undergraduate attendance!)
  • Students whose future jobs place no emphasis on neither the knowledge of foreign languages/cultures, nor international mobility

Graduate school abroad:

Pros:

  • (Primarily PhD but sometimes applicable to masters as well) You are paid to learn how to conduct research, so that you can stabilize your income once there; in fact, you should reject an unfunded doctoral offer
  • Less tempting to put academics aside to engage in tourism or cultural immersion (in graduate school, your workload is generally higher than in undergrad and your travels are bound to your academic activities more)
  • If access to primary sources or to fieldwork is important in your field, access to either is a good reason to do graduate study abroad
  • More professional fluidity, as long as job opportinities in your field do not require adhering to a professional order
  • You have access to research projects that are not available at home

Cons:

  • Longer commitment (2 years for a masters, 3-7 years for a doctorate, depending on the discipline and on the destination)
  • More vulnerability to homesickness (and, if you return home, more vulnerability to reverse cultural shock) because of the length of the commitment
  • Although you already are vulnerable to the political context at the destination, your studies may abruptly end if the political context of research deteriorates at any point during your stay
  • Harder to return home for work if the job opportunities at your origination point or at your destination are regulated by a professional order
  • Once normalized over the duration of your studies, you will be less able to travel or to do a cultural immersion (except in certain disciplines where cultural immersion is important, in which case you may still do it because it is part of your studies)

Advised for:

  • Students for whom travel can bring them a significant academic addition (regional studies, social sciences, international relations, to name a few) in which case one should choose a destination with academic interests in mind
  • Students whose dream jobs require international mobility (or, to a lesser extent, a good knowledge of a particular foreign language/culture) and are based abroad
  • Students who wish to keep options open for working both at home and abroad while their desired jobs requires graduate study

Not advised for:

  • Students that desire to travel while knowing that they desire to have a local career, regardless of these students’ studiosity level or the level of international mobility required by their job
  • Students who want to do anything but study while they are in graduate school abroad (and they should bring into question their choice of a major or even their graduate school attendance!)
  • Students whose disciplines enable them to work with only a bachelors, regardless of the level of international mobility required by jobs their field

Of course, if you can afford to do both (and it’s easier when your field guarantees funding for research-based graduate study), you don’t have to choose anymore. However, I did not have that luxury; therefore I had to wait until my PhD to study abroad, and not everyone has that luxury.

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