Un plan pour les cégeps/A plan for CEGEPs

Une autre portion du plan d’économies ferait mettre à contribution les cégeps. C’est-à-dire de régulariser les processus de reconnaissance de cours avancés de niveau collégial, qui sont très inégaux à travers la province, même si le contenu de ces mêmes cours qui font l’objet de ces reconnaissances d’acquis est très similaire d’un établissement à l’autre. Par exemple, dans le secteur scientifique, on parle de chimie organique 2, de calcul différentiel et intégral 3 (à plusieurs variables scalaires) ou d’algèbre linéaire 2.

Certains vont me dire qu’il s’agit là d’un transfert de coûts (quoique imparfait mais un transfert de coûts quand même) des universités vers les cégeps. Mais, si ça n’engendrait aucune modification dans les effectifs étudiants collégiaux, alors, sans modifier le nombre d’étudiants de manière globale à l’université, le nombre de crédits-étudiants, par contre, va diminuer. Surtout que, dans certains cas, ils peuvent être crédités dans certains programmes (chimie organique 1-2 en biochimie, en biologie, en chimie ou en génie chimique, alors que calcul 3 et algèbre linéaire 2 sont crédités en génie de manière générale, en mathématiques, en physique et en informatique), auquel cas ça réduirait potentiellement le nombre de sections requises pour donner le cours à l’université.

S’il est d’une affaire de laquelle on n’a pas le droit d’en douter, c’est le niveau de qualification des corps enseignants. Même si ce n’était pas tout le monde qui pouvait l’enseigner dans un département collégial donné, vous pouvez être sûr qu’il y en aura au moins un qui sera en mesure de le faire dans une année donnée, quitte à ce que ce cours soit donné une seule fois dans une année. Surtout que la plupart des professeurs dans la “nouvelle garde”, c’est-à-dire les professeurs embauchés après 2000, détiennent au minimum une maîtrise dans la discipline attenante au cours ou une discipline connexe (un biochimiste de formation pourra donner des cours de chimie et des cours de biologie, alors qu’un physicien pourra donner des cours de physique et des cours de mathématiques) et, dans les sciences en général, et plus particulièrement en chimie et en biologie, il n’est pas rare de voir les nouveaux profs arriver là avec un doctorat.

Bien entendu, certains docteurs dans la nouvelle garde peuvent être qualifiés de “jouissifs” dans le sens que, si leur donne l’opportunité de donner un cours sur un sujet avancé de niveau universitaire dans leur discipline (souvent de premier cycle mais quelquefois de niveau gradué) au collégial, ils en profiteraient. Les profs qui agissent de la sorte sont souvent motivés, et ils croient que les étudiants qui daigneront s’inscrire dans un cours pareil seront des étudiants tout aussi motivés. Ou, à défaut, proposeraient des projets de fin d’études basés sur un sujet aussi poussé.

Évidemment, un bon chercheur ne fait pas toujours un bon enseignant, mais étant donné la saturation qui a cours en biologie et en chimie, à cause des temps difficiles que connaît l’industrie pharmaceutique, des chercheurs de l’industrie ont dû se recycler dans toutes les directions: professions de la santé, enseignement, etc. Le résultat est tel qu’on voit des enseignants de chimie et de biologie arriver dans le réseau avec des dossiers de recherche pratiquement dignes de candidats à des postes de professeurs d’université dans des établissements de type RU/VH (des universités de recherche à très haute intensité) et que la dernière convention collective des profs de cégep a laissé une place inégalée à la recherche, de telle sorte qu’on doive s’attendre que l’importance accordée à la recherche dans le réseau collégial, dans toutes les disciplines, ne va qu’en s’accentuant dans un avenir rapproché. Mais les cégeps vont tout de même demeurer d’abord et avant tout des institutions d’enseignement malgré tout.

Ce serait un pas dans la bonne direction à plusieurs égards (par exemple la capacité de recherche, l’exode des cerveaux), mais à quel prix? Si on suppose que certains vont utiliser des subventions de recherche pour se payer des stagiaires de niveau collégial, à hauteur de 1300$/mois chacun parfois, et qu’un détenteur de PhD, qui est éligible aux deux derniers échelons salariaux, coûte le prix fort comparativement à ses collègues dépourvus de doctorat. On est en droit de se demander est-ce que l’enrichissement que peut procurer l’expérience de recherche du corps enseignant en vaut vraiment la peine du point de vue des étudiants et de la qualité de l’enseignement qu’ils reçoivent.


Another portion of the savings plan will make use of CEGEPs. That is, standardize advanced standing processes gained from CEGEP-level courses, which are very uneven from a university to another, even if the content of these courses is very similar from a college to another. For instance, in the scientific sector, we’re talking about organic chemistry 2, advanced (multi-variable) calculus or advanced linear algebra.

Some will say that it would simply mean a shift of costs from universities to CEGEPs. But, if it didn’t involve a change in collegiate enrollment, then, without changing the overall enrollment in universities, the number of student-credits, on the other hand, will diminish. Especially since, in certain cases, advanced standing can be granted in certain programs (organic chemistry 1-2 in biochemistry, in biology, in chemistry or in chemical engineering, whrreas advanced calculus and advanced linear algebra can be credited in engineering (regardless of which branch), in mathematics, in physics and in computer science), in which case less sections are required to teach the courses at the university level.

If there is one thing that is undeniable at this stage, it’s the qualifications of collegiate faculty. Even though not everyone in any given college could teach any one advanced course, you can be certain that there will be at least one that will do so in any given year, if only once a year. Especially since many teachers in the “new generation”, i.e. the teachers hired after 2000, hold, at a minimum, a masters in the discipline they teach or in a related discipline (a biochemist will be capable of teaching chemistry courses as well as biology courses, while a physicist can teach physics as well as mathematics) and, in hard sciences in general, and more particularly in chemistry and in biology, it’s not uncommon to see new hires come in with a doctorate.

Of course, some doctors (as in PhD holders) among new-generation faculty can be “indulgent” in the sense that, if they are given the opportunity to teach an advanced, university-level course in their own subject (often an undergraduate-level topic but sometimes a graduate-level topic) in a college setting, they will use it. Teachers that act like this are often well-motivated, and they believe that the students that will enroll in such courses will be equally motivated. Or they will otherwise suggest capstone projects based on such advanced topics.

Obviously, a good researcher will not always be a good teacher, but given the glut in chemistry or in biology, because of the hard times that the pharmaceutical industry face, industrial researchers had to branch out in all directions: healthcare professions, teaching, etc. The end result is that we see chemistry and biology teachers arrive in colleges with research dossiers that are practically worthy of candidates to tenure-track positions in RU/VH schools (very high intensity research universities) and that the last collective bargaining agreement gave an unparalleled place to research, so that the importance placed on research is only expected to increased, in all fields, in the near future. But colleges will still remain teaching institutions first and foremost after all.

It would be a step in the right direction in several respects (for example research capacity, brain drain), but at what cost? If some will use research grants to pay for summer interns, for $1,300 a month apiece in some cases, and that a PhD holder, which is eligible to the last two salary levels, costs more compared to their colleagues without a PhD. We have every right to ask whether the enrichment afforded by the research experience of the faculty is worth it from the students’ standpoint and the quality of the teaching they receive.

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