Un plan pour le primaire et le secondaire/A K-12 plan

Déjà qu’on veuille faire fusionner les commissions scolaires dans un effort d’allègement de la bureaucratie, avec, en sus, l’abolition des directions régionales du MELS, on fait un pas dans la bonne direction. Cependant, il est d’un endroit où on peut dégager des économies sans affecter le niveau des services aux étudiants dans les secteurs primaires et secondaires: si on peut diminuer le nombre d’étudiants à desservir, il y a moyen de dégager des économies. Par contre, l’approche est complètement différente de ce que je préconise à cet égard au niveau universitaire.

À l’heure actuelle, le système québécois ne fait sauter des années au primaire ou au secondaire à des étudiants qu’au compte-gouttes. Pourtant, je suis sûr qu’il y a des étudiants qui ne reçoivent pas les apprentissages appropriés parce qu’ils n’ont pas l’opportunité de faire sauter une année (moi-même on me l’avait proposé en 5e année mais l’administration scolaire était trop lente à réagir) surtout que la loi sur l’instruction publique, qui dit que tous doit fréquenter l’école jusqu’à 16 ans, contient une clause pour couvrir les cas où on saute des années, auquel cas l’école obligatoire s’arrête en fait au plus tôt de ces deux échéances: l’obtention d’un diplôme d’études secondaires ou le 16e anniversaire.

Et la preuve est faite comme quoi ça peut être une bonne idée pour les meilleurs étudiants. Bien entendu, il va y avoir des problèmes émotionnels dans certains cas mais bien souvent, les bénéficiaires s’associent davantage aux gens qui sont dans leur groupe d’âge cognitif que dans leur groupe d’âge physique. Les problèmes sociaux souvent mis de l’avant par les détracteurs apparaissent surtout vers la fin du primaire et au secondaire, mais la majorité de ces bénéficiaires finissent par combler l’écart académique.

Au Québec, bien que les écoles magnétiques (veuillez excuser le terme; si vous avez une meilleure suggestion, faites-moi part) soient peu nombreuses, les programmes magnétiques, eux, fourmillent (voir addendum ci-bas), et en particulier le PEI (ou plus précisément le Programme d’éducation intermédiaire de l’OBI, bien souvent connu sous l’appellation Programme d’éducation internationale) qui désire attirer des étudiants qui sont bons de manière généraliste. Dans cette mer de programmes magnétiques, on y retrouve aussi des programmes spécialisés, par exemple en musique ou dans les sports, qui visent à développer des talents spécifiques. C’est sûr que les programmes magnétiques généralistes en prendront pour leur rhume si on fait une promotion active de l’accélération, mais les détracteurs parmi les parents pourront encore y envoyer leurs enfants.

La cible serait, initialement, de viser les meilleurs 6-8% des étudiants dans le système public, moyennant cependant qu’on saute une année à la fois, avec les 4e et 5e secondaires qui ne pourront être sautées; comme, historiquement, la probabilité que l’étudiant soit en fait un bénéficiaire potentiel ne semble pas dépendre de la localisation géographique de celui-ci au Québec, la situation est telle qu’il y aura des bénéficiaires en ville comme en région. Si cela s’avère concluant avec les meilleurs 6-8%, on pourra étendre à un plus grand groupe.

Cependant, les économies dégagées sont très asymétriques: si la probabilité qu’un étudiant soit un bénéficiaire ne semble pas dépendre de si l’étudiant réside dans les grands centres ou en région, il en va tout autrement du nombre. La concentration étant plus grande dans les centres urbains, surtout étant donné la pénurie d’enseignants au secondaire dans certaines disciplines, on peut diminuer le nombre d’enseignants requis pour faire fonctionner le système. Par contre, si le nombre d’étudiants diminue en région, ça aurait pour effet principalement de diminuer le nombre d’étudiants par classe sans faire diminuer les besoins en personnel pour autant. Malgré cela, les écoles en région y trouveront leur compte, parce que la taille excessive des classes est un problème soulevé à travers la province. Rendu à un moment donné, il faut que le nivellement par le bas cesse et qu’on doive faire quelque chose pour que tout un chacun puisse y trouver son compte.

On sait que certains cas de troubles de comportement sont dus à des étudiants très doués qui sont juste ennuyés par l’absence de défi dans la matière, alors on a une autre source d’économies, surtout quand on sait que l’adaptation scolaire coûte plus cher par étudiant que le programme régulier. Néanmoins, la décision de faire sauter une année à un étudiant n’est pas à prendre à la légère.

Addendum (30 novembre 2014): il appert que, à Montréal et à Québec, le privé accueillait (en 2008) environ le tiers des étudiants du secondaire, et les programmes magnétiques comptent pour près de la moitié de la clientèle des écoles secondaires publiques alors il est presque impossible de trouver une école secondaire publique dans le secteur régulier des grands centres urbains du Québec qui soit dépourvue de programme magnétique.


 

Now that we intend to merge school boards in an attempt to lighten the bureaucracy, with, on top of that, the abolition of the regional offices of the MELS, we are making a step in the right direction. However, there is one area where additional savings can be made without sacrificing student service levels in elementary and secondary schools: if we could lower the number of students to serve, we can save some cash. However, the approach is completely different from what I advise in the university case.

Today, in the Quebec system, grade skipping is used sparingly across elementary and secondary schools. However, I am certain that there are students that do not receive the appropriate learning because they do not have the opportunity to skip a grade (I was suggested to do so in fifth grade but the school administration was slow to react) especially since the Public Education Act, which states that mandatory schooling is extended until one’s 16th birthday, allows for a provision that covers the case of multiple grade skips, in which case mandatory schooling stops either on one’s 16th birthday or high school graduation, whichever comes earlier.

And there is proof that it could be beneficial for the best and the brightest students. Of course, there will be a couple of emotional problems in some cases but often, the beneficiaries will often relate more with people in their cognitive age group, rather than with people in their physical age group. Social problems often evoked by the detractors often arise by the end of elementary school and in high school, but most beneficiaries will bridge the academic gap.

In Quebec, although magnet schools are scarce, magnet programs, on the other hand, abound (see addendum below), and in particular, the International Baccalaureate (or more precisely the IB Middle Years Program) that attract students that excel across the board. In that sea of magnet programs, there are specialized programs also, for example in music or in the sports, whose aim is to nurture specific talents. Of course, generalist magnet programs will take a few blows if we actively promoted academic acceleration, but detractor parents can still send their children to generalist magnet programs.

Initially, the aim would be to target the top 6-8% students in the public system, with the caveat that only one grade can be skipped at any one time, with Secondary IV and V that cannot be skipped; historically, the probability that a given student is a potential beneficiary does not seem to depend on her geographical location within Quebec, the situation is such that there will be beneficiaries in the major cities as well as in the countryside.

However, the savings that will then be made will be very asymmetric: if the probability that a student could skip a grade does not seem to depend on whether the student is an urbanite or a country student, their number is another issue altogether. The concentration being greater in the major cities, especially given the shortage of high school teachers in some disciplines, we can diminish the number of teachers required to make the system work. However, if the number of students shrink in the countryside, the primary effect would be to reduce class size without reducing the staff required. Despite this, country schools will still benefit, since the excessive class size is a Quebec-wide issue. There comes a point where dumbing down must cease and that something must be done so that everyone will benefit.

We know that some behavior troubles are caused by gifted students that are simply bored by the absence of challenge in the material, so we have another source of savings, especially since we know that special education is more expensive on a per-student basis than regular students. Nevertheless, the decision to skip a grade to a student is not to be made lightly.

Addendum (November 30, 2014): it appears that, in Montreal and in Quebec City, private schools harbored (back in 2008) roughly a third of high school students, and that magnet programs account for about half the public high school enrollment; therefore, it is almost impossible to find a public high school in the regular sector of Quebec’s major urban areas that do not have a magnet program.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s