Le bois mort/The dead wood

C’est sûr que les billets précédents ont parlé de coupes, surtout dans la direction de la diminution de la taille des cohortes entrantes, en se basant sur le principe que ce qui est rentable pour une université ne l’est pas nécessairement ni pour le gouvernement, qui paie la majorité de la facture, ni pour la société, que l’on parle de court, moyen ou long terme. Ainsi, la conclusion que les étudiants en physique avaient tirée lors du midi-discussion au sujet des coupes était que, pour les combattre, il fallait porter le combat sur la scène nationale (ici comprise comme étant à la grandeur du Québec) tout en ayant des revendications et des solutions claires à mettre sur la table. J’entrevois alors des coupures de cohortes entrantes à travers toutes les universités au Québec.

Cet article semble évoquer que la hausse de l’enveloppe budgétaire soit de seulement 9.4M$, une hausse qui serait largement insuffisante pour couvrir la hausse des coûts du système, [dont l’augmentation du nombre d’étudiants]. Je dois avouer que les universités l’ont un peu cherché, à cause des campagnes publicitaires de toutes sortes (encore plus et on se ferait accuser des mêmes torts que l’Université de Chicago, qui s’est fait accuser de jeter de l’argent par les fenêtres à coups de campagnes publicitaires intensives), mais cet article semble me donner un peu raison en ce qui a trait au principe de base de cette portion de mon plan.

Il y a eu, lors de la première vague de coupures il y a 2 ans, des tentatives couronnées de succès à cet égard. Psychologie a dû diminuer, à partir de 1100 nouvelles inscriptions pré-coupures, la taille de la cohorte entrante de premier cycle à ~900. Certains prétendent que la ronde de coupures actuelle va les contraindre à descendre à 700-800, mais il n’y a rien de coulé dans le béton à ce stade-ci, malgré le fait qu’il soit préférable de fixer une cible d’inscription d’ici au 15 janvier pour que la mise en oeuvre d’une diminution de la taille de la cohorte se fasse sans trop de heurts.

Une tentative ratée de couper la taille d’une cohorte entrante avait été tentée par le département de géographie, qui voulait instaurer un plancher de notes à 22 de cote R, lors de la première ronde de coupures, mais l’administration a rejeté ce plan en prétextant que le nombre d’étudiants sous ce plancher est insuffisant pour dégager des économies. Comme certains départements victimes de coupures dans les cohortes entrantes ont dû refuser des étudiants, ces étudiants se sont tournés vers d’autres programmes sans plancher.

Je ne m’attends pas à ce que de telles coupures soient drastiques au point de faire qu’il y ait un choc académique majeur pour les gens désireux de s’inscrire à un programme affecté. Si on parle de monter (ou d’instaurer) un plancher de notes dans un programme non contingenté, il est légitime de se demander si on est plus susceptible de toucher au bois mort qu’aux étudiants pouvant réussir en faisant ça. Le département de géographie a beau invoquer que ~80% des étudiants sous le nouveau plancher de notes proposé (plus élevé que celui qui avait mené à l’échec du plan antérieur, j’estime l’objectif à faire diminuer la taille de la cohorte d’environ 20-25% et la cote R requise serait aux alentours de 23-24 étant donné les effets collatéraux des coupures d’il y a deux ans) abandonnerait avant d’avoir terminé un an dans le programme; si on touche principalement au bois mort, on dégage le gros des économies l’année où la coupe est annoncée, et, si on a réellement touché au bois mort plus que d’autre chose, les économies supplémentaires des années suivantes ne seront pas très grandes.

Pas très efficace mais je vois venir les accusations d’élitisme alors que, si les estimations des départements s’avèrent assez près de la réalité, on demeure tout de même passablement équitable, du moment que la facture étudiante n’augmente pas de manière drastique. En tant que société, on est en droit de se demander si c’est une bonne idée de continuer à admettre des étudiants dont leur capacité à de se servir de leur formation à bon escient est très limitée, voire quasi nulle, à l’université, ou à tout le moins jusqu’où c’est une bonne idée de le faire. Je comprends que les bénéfices de l’éducation sont d’abord et avant tout sur le long terme, mais il faut aussi se demander quels bénéfices sociétaux le bois mort peut rapporter sur cet horizon.

Il faut aussi dire que bien des programmes coûteux à former (médecine, médecine dentaire, etc.) comportent des débouchés régis par des ordres professionnels, alors que la majorité du bois mort se cache dans les programmes moins coûteux. Par contre, toute cette discussion soulève beaucoup de questions, des questions dont leurs réponses permettent de poser les grandes lignes des orientations pour l’avenir:

  • Jusqu’où faut-il que l’université serve à faire de l’insertion professionnelle?
  • Quels autres rôles est-ce que les universités doivent jouer?
  • Quelle importance accorder à chacun de ces rôles?
  • Jusqu’où sommes-nous prêts, en tant que société, à engager des dépenses de formation pour former des étudiants constituant le “bois mort” qui ne finiront probablement jamais leur programme afin de trouver les perles cachées?

 

Sure, the last posts talked about educational cuts, especially as far as cutting the size of entering classes is concerned, based on what’s profitable for a university may not necessarily be so for either the government, which foots the majority of the bill, or the society at large, whether one is talking about short term or long term. Thus, the conclusion that physics students drew in the midi-discussion dedicated to the cuts was that, in order to combat them, the fight must be carried out on a national scale (understood here as being Quebec-wide) while putting forward clearly articulated demands and solutions.

This article talked about appropriations being increased only $9.4M, a raise that is largely insufficient to cover the increase in system-wide costs, [such as the increase in student enrollments]. I must concede that the universities may have sought that increase, if only partially, because of advertising campaigns (a little bit more and we would be accused of the same problems as the University of Chicago, accused of wasting money left and right on intensive advertising campaigns), but this article partially proved me right as far as the basic principles of my plan are concerned.

There have been, during the last round of cuts two years ago, some successful attempts to reduce enrollment intakes. Psychology had to diminish, from 1,100 new students prior to the cuts, the size of the entering undergraduate class to about 900. Some will say that this current round of cuts will constrain the department to descend to 700-800, but there is nothing set in stone at this stage, despite the fact that it is preferable to set enrollment targets by January 15 so that the implementation of such a reduction scheme be done without much trouble.

A failed attempt at cutting undergraduate enrollment intake size was made by the geography department, who wanted to put a floor grade, set at a R-score of 22, in the first cut round, but the administration has rejected this plan, claiming that the number of students under that floor is insufficient to actually make any savings. As certain departments that fell prey to cuts had to reject students, these students turned to other floor-less programs.

I do not expect that such cuts to be drastic enough to induce a major academic shock in the people that wish to enroll in an affected program. If one talks about raising, or even putting in place, a grade minimum in an unimpacted program, it is legitimate to wonder whether one is more likely to remove the dead wood than to remove students likely to succeed by doing this. The geography department may claim that ~80% of the students under the proposed grade floor (higher than the grade floor that caused the failure of the previous plan, I estimate that the intake will be downsized 20-25% and the R-score required will be in the 23-24 range, given the collateral effects of the last round of cuts) will drop out within one year of initial enrollment, if we primarily remove the dead wood, the bulk of the savings will be made the year the cuts have been made, and, if we actually removed more deadwood than anything else, the extra savings in subsequent years won’t be very high.

Not very efficient, I know, but I see the elitism accusations coming; if the departments’ estimates are close to the reality, we still stay quite equitable, as long as the student bill doesn’t undergo a dramatic increase. As a society, we have every right to be asking ourselves whether we should continue admitting students whose ability to make a proper use of their education is very limited, almost nonexistent even, to university, or at the very least to what extent it should be done. I understand that the benefits of education are first and foremost on the long term, but we should also investigate what societal benefits do the dead wood bring on the long run.

One must also point out that the costly programs to teach (medicine, dental medicine, etc.) lead to job opportunities regulated by professional orders, while the majority of the dead wood is found in less expensive programs. However, this entire discussion raises several questions, questions whose answers allow to draw some guidelines for the future:

  • To what extent should university be used for pre-professional insertion?
  • What other roles should universities fill?
  • What importance to give to these other roles?
  • How much, as a society, are we ready to spend on educational costs for the education of the dead wood students that are unlikely to complete their degrees in order to find the diamonds in the rough?
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