Otage des coupures/Hostage of the cuts

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Ça me peine énormément qu’on en soit rendu là mais je me sens obligé de parler des diverses coupures budgétaires et de comment ça va affecter l’université que je fréquente. Supposons que des décisions difficiles attendent l’université. Plusieurs solutions sont mises de l’avant par les diverses facultés, mais la nouvelle ronde de coupures a forcé bien des départements à revoir leur offre de programmes, de cours ainsi que leurs cibles de recrutement.

J’ai également appris qu’il existe des départements récalcitrants qui vont devoir poser des gestes beaucoup plus drastiques que nous, en physique (pour nous ça pourrait vouloir dire pas d’auxiliaire d’enseignement en 3e année de bac sauf pour mécanique classique 2, et pas d’hydrodynamique pour nous, mais notre cible d’inscription pour 2015 est de 75 étudiants à l’automne et 20 à l’hiver, pour physique et physique-math, car physique-info va presque certainement passer au couperet). Et le rectorat a déclaré qu’il fallait faire attention aux réalités des programmes, à l’entrée, une fois inscrit ou encore à la sortie, s’il fallait toucher à des programmes (que l’on parle de contingentement, ou encore d’élimination) mais les étudiants ont rappelé à l’administration que les réalités à la sortie (incluant, mais pas uniquement les perspectives d’emploi) ne devaient pas être l’unique considération; après tout, au-delà de l’usage d’une formation universitaire en tant que pré-insertion professionnelle, il faut permettre aux étudiants de former leur pensée critique et de se cultiver.

Sur la table, on a évoqué la possibilité de remonter la cote R minimale pour être admis à un programme non-contingenté (c’est-à-dire que, du moment qu’on a un minimum de notes et qu’on réussit à terminer le DEC, préalables inclus, dans les délais, on est sûr de pouvoir s’inscrire au programme demandé) de 22 à 23 ou 24. Vous allez me dire, la cote R moyenne est de 25, mais c’est, dans la pratique, une moyenne de première session. La vérité est que les indicateurs de force, au départ pas loin de zéro (un peu plus élevés si le DEC requiert en préalable maths SN/536 ou TS/526, chimie et/ou physique) ne peuvent qu’aller en augmentant à mesure que les étudiants suivent des cours de plus en plus avancés. Ainsi, quelqu’un qui trouverait le moyen de passer ses cours sur la peau des fesses en sciences de la nature et qui serait en position de déposer une demande d’admission pour un programme scientifique aurait, bien souvent, un peu plus que 22.

Pour mettre un peu de contexte après cette rumeur: la dernière hausse du seuil d’admission a été décrétée en 2012 afin de mettre en oeuvre une coupure budgétaire. Et on partait d’un plancher très bas: 20. Même le plancher actuel de 22 est encore pas mal bas et la hausse du seuil a eu le désavantage d’affecter de manière disproportionnée certains départements de sciences humaines et d’humanités. Sciences politiques, psychologie, pour ne nommer que les plus touchés, car leurs seuils ont augmenté au-delà de 22; malgré cela, psychologie prend encore 900 étudiants de premier cycle à l’automne, répartis sur sept programmes (de deux, le nombre de programmes contingentés sous leur juridiction a augmenté à cinq). Par contre, la première hausse de seuil n’a pas affecté les programmes scientifiques parce que, pour descendre en bas de 22, en sciences de la nature, il faudrait, dans la pratique des sciences de la nature, accumuler un assez grand nombre d’échecs, et, pour accumuler la quantité d’échecs requise, souvent, il faut avoir échoué plusieurs cours plusieurs fois.

Une analyse préliminaire coûts-bénéfices révèle que, si ces trois facteurs sont maintenus constants, alors les étudiants rapportent les mêmes revenus à l’université (ne serait-ce que parce que l’aide financière est gérée par un organisme extérieur, l’AFÉ): le statut de résidence de l’étudiant, le nombre de crédits auxquels il est inscrit et le programme auquel il est inscrit. Toutefois, les dépenses encourues par l’université ne seront pas égales d’un étudiant à l’autre (bien sûr, les étudiants plus avancés coûtent généralement plus cher, mais supposons ici que l’on compare des étudiants au même stade de leurs études), même si les trois déterminants du revenu institutionnel prennent les mêmes valeurs; les coûts sont corrélés à l’usage des ressources institutionnelles. Je crois qu’il y a moyen de toucher au bois mort, les étudiants susceptibles d’abandonner des cours, voire un programme entier sans frais (souvent, si on est en position d’abandonner un cours, on a déjà assisté à une séance ou deux ou on a autrement consommé des ressources institutionnelles) en relevant le plancher de notes des programmes non-contingentés, et même ceux qui vont un peu plus loin dans leurs démarches académiques qui se cassent les dents et reprennent des cours, occasionnant ainsi des coûts supplémentaires.

Par contre, cette interprétation est loin de faire l’unanimité. La Faculté de musique a proposé une alternative à cette démarche, qui consiste essentiellement à réduire la dépendance aux chargés de cours, augmenter la taille des sections (par exemple faire passer deux sections à 120 étudiants chacun à une seule section à 240) et à remplacer certains départs à la retraite par des maîtres de cours, encore éligibles à la permanence mais qui n’ont aucune activité de recherche (ou, dans certaines disciplines, en auront au plus seulement l’été) et qui enseigneront trois, voire quatre cours par session. Les deux plans se résument essentiellement à: soit on maintient le nombre actuel d’étudiants entrants, ainsi que l’offre de cours, mais on diminue la qualité de l’enseignement, soit on maintient la qualité de l’enseignement mais on diminue le nombre le nombre d’étudiants entrants et l’offre de cours.

Malgré les divers plans mis sur la table par les différentes unités, les plans académiques sont loin d’être la seule solution; il faudrait, en sus, toucher à la bureaucratie. Et on parle aussi d’augmenter les frais de demande d’admission de 92$ à 110$…


It pains me quite a lot that it had to come to this but I feel obliged to talk about the various budget cuts and how it will affect the university I currently attend. Suppose that difficult decisions will have to be made by the university. Several solutions are put forward by the various faculties, but the new round of cuts forced many departments to review their program and course offerings as well as their enrollment targets.

One week later, I learned that there were recalcitrant departments that will be asked to take more drastic actions than us, in physics (for us that could mean no teaching assistants in third-year undergraduate courses except for classical mechanics 2, and no hydrodynamics for us, but our enrollment target for 2015 is 75 students in fall and 20 in winter, for physics and physics-mathematics, since physics-computer science will almost certainly be axed). And the rectorate has declared that attention must be paid to the programs’ realities, at entry, once enrolled or at the exit, if programs had to be modified (regardless of whether one is talking about impaction or elimination) but the students reminded the administration that the realities at the exit (including, but not limited to, job outlook) should not be the sole consideration; after all, beyond the use of an university education as pre-professional training, students should be allowed to develop their critical thinking and their general culture.

On the table, on the Faculty of arts and sciences’ side, the possibility of raising the grade floor to admit students in a non-impacted program has been evoked (e.g. from the moment one achieves the required grades, and one graduates on time, prerequisites included, one is certain to be able to enroll in the desired program) from 22 to 23 or 24. You will tell me that the average R-score is 25, but, in practice, this is a first-session average. The truth is that the strength indicators, close to zero at the onset (a little higher if the DEC requires maths SN/536 or TS/526, chemistry and/or physics as prerequisites) can only increase by the students take increasingly advanced courses. Thus someone that would barely pass the courses in natural sciences and that would find him/herself in position to apply to a program in the sciences would, oftentimes, earn a little more than a 22.

To put this rumor in context: the last grade floor raise has been decreed in 2012 in order to implement a budget cut. And the floor was very low back then: 20. Even the current floor of 22 is still quite low and the raising of the floor has had the disadvantage to disproportionately affect certain social science and humanities departments. Political science, psychology, to name the hardest hit departments, because their thresholds were raised above 22; despite this, psychology still has an undergraduate fall intake of 900 students, spread over seven programs (from two impacted programs, the number of impacted programs under their jurisdiction has increased to five). However, the first floor raise did not affect scientific programs because, to go lower than 22, in natural sciences, one had to accumulate a rather large amount of failures and, to accumulate the requisite amount of failures, it was often required to fail multiple courses multiple times.

A preliminary cost-benefit analysis reveals that, if these three factors are held constant, then students bring in the same revenue to the university (if only because financial aid is handled by an outside government body, AFÉ): the student’s residency status, the number of enrolled credits and the program enrolled. However, the expenditures incurred by the university will vary greatly from a student to another (of course, more advanced students will cost more, but suppose here that we’re comparing students at the same stage of their studies) even if the determinants of institutional revenue take the same values; costs are correlated to the usage of institutional resources. I believe that there is some way to touch the dead wood, the students that are likely to withdraw from courses, or even an entire program, before the tuition bills arrive (often, if one is in position to withdraw from a course, one has already attended a lecture or two or otherwise consumed institutional resources) by raising the grade floor of non-impacted programs, and even those that break their teeth while going a little further down the academic road and who retake courses, then incur additional costs.

Needless to say, but this interpretation is far from unanimously accepted. The Faculty of music has proposed an alternative to this plan, which essentially means reducing the dependence on adjunct professors, increasing the size of the sections (for instance, replacing two 120-student sections by one 240-student section) and to replace some retirees by still tenure-track but without research duties (or, in some disciplines, research duties are restricted to the summer at most) and that will teach three or perhaps even four courses a session. This is essentially a choice between the following: either the current intake and course offerings are maintained but the quality of teaching is lowered, or teaching quality is maintained but the intake and the course offerings are reduced.

Despite the plans put on the table by different units, academic plans are far from the only solution; on top of that, bureaucracy must be affected. And there is also talk of raising application fees from $92 to $110…

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